Il écrivait à l’abbé de la Montagne que "Sa Révérence était informée des aventures de son neveu, que sa prison n’était qu’une méprise, que ces petites disgrâces arrivaient fréquemment, qu’il ne fallait pas y faire attention, et qu’enfin il convenait que lu prieur vînt lui présenter son neveu le lendemain, qu’il devait amener avec lui le bonhomme Gordon, que lui frère Vadbled les introduirait chez Sa Révérence et chez mons de Louvois, lequel leur dirait un mot dans son antichambre."
Il ajoutait que l’histoire de l’Ingénu et son combat contre les Anglais avaient été contés au roi, que sûrement le roi daignerait le remarquer quand il passerait dans la galerie, et peut-être même lui ferait un signe de tête. La lettre finissait par l’espérance dont on le flattait que toutes les dames de la cour s’empresseraient de faire venir son neveu à leurs toilettes, que plusieurs d’entre elles lui diraient : "Bonjour, monsieur l’Ingénu" ; et qu’assurément il serait question de lui au souper du roi. La lettre était signée : "Votre affectionné, Vadbled frère jésuite."
Le prieur ayant lu la lettre tout haut, son neveu furieux, et commandant un moment à sa colère, ne dit rien au porteur ; mais se tournant vers le compagnon de ses infortunes, il lui demanda ce qu’il pensait de ce style. Gordon lui répondit : "C’est donc ainsi qu’on traite les hommes comme des singes ! On les bat et on les fait danser." L’Ingénu, reprenant son caractère, qui revient toujours dans les grands mouvements de l’âme, déchira la lettre par morceaux, et les jeta au nez du courrier : "Voilà ma réponse." Son oncle, épouvanté, crut voir le tonnerre et vingt lettres de cachet tomber sur lui. Il alla vite écrire et excuser, comme il put ; ce qu’il prenait pour l’emportement d’un jeune homme, et qui était la saillie d’une grande âme.
Voila le texte, il faut que je montre comment est valorisé l´Ingénu, si vous aviez deux ou trois idées d´axes, cela m´aiderait beacoup ! :p
Merci !