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Liste des sujets

[1ereES] Francais

tyrexx
tyrexx
Niveau 7
26 novembre 2006 à 17:23:45

Salut à tous, j´ai un exercice en francais et jsui pas trop trop inspiré donc si on peut m´aider :ange:

Sartre a "retouché" le portrait de son père. Comparez les deux portraits faits par Sartre (document A) et par Annie Cohen-Solal (document B).

Document A.

Il n´y a pas de bon père, c´est la règle; qu´on n´en tienne pas grief aux hommes mais au lien de paternité qui est pourri. Faire des enfants, rien de mieux; en avoir, quelle iniquité! Eût-il vécu, mon père se fût couché sur moi de tout son long et m´eût écrasé. Par chance, il est mort en bas âge; au milieu des Énées qui portent sur le dos leurs Anchises(l), je passe d´une rive à l´autre, seul et détestant ces géniteurs invisibles à cheval sur leurs fils pour toute la vie; j´ai laissé derrière moi un jeune mort qui n´eut pas le temps d´être mon père et qui pourrait être, aujourd´hui, mon fils. Fut-ce un mal ou un bien? Je ne sais; mais je souscris volontiers au verdict d´un éminent psychanalyste: je n´ai pas de Sur-moi.
Ce n´est pas tout de mourir; il faut mourir à temps. Plus tard, je me fusse senti coupable; un orphelin conscient se donne tort: offusqués par sa vue, ses parents se sont retirés dans leurs appartements du ciel. Moi, j´étais ravi: ma triste condition imposait le respect, fondait mon importance; je comptais mon deuil au nombre de mes vertus. Mon père avait eu la galanterie de mourir à ses torts : ma grand-mère répétait qu´il s´était dérobé à ses devoirs; mon grand-père, justement fier de la longévité Schweitzer(2), n´admettait pas qu´on disparût à trente ans; à la lumière de ce décès suspect, il en vint à douter que son gendre eût jamais existé et, pour finir, il l´oublia. Je n´eus même pas à l´oublier: en filant à l´anglaise, Jean-Baptiste(3) m´avait refusé le plaisir de faire sa connaissance. Aujourd´hui encore, je m´étonne du peu que je sais sur lui. Il a aimé, pourtant, il a voulu vivre, il s´est vu mourir; cela suffit pour faire tout un homme. Mais de cet homme-là, personne, dans ma famille, n´a su me rendre curieux. Pendant plusieurs années, j´ai pu voir, au-dessus de mon lit, le portrait d´un petit officier aux yeux candides, au crâne rond et dégarni, avec de fortes moustaches: quand ma mère s´est remariée, le portrait a disparu. Plus tard, j´ai hérité de livres qui lui avaient appartenu: un ouvrage de Le Dantec sur l´avenir de la science, un autre de Weber, intitulé: Vers le positivisme par l´idéalisme absolu. Il avait de mauvaises lectures comme tous ses contemporains. Dans les marges, j´ai découvert des griffonnages indéchiffrables, signes morts d´une petite illumination qui fut vivante et dansante aux environs de ma naissance. J´ai vendu les livres: ce défunt me concernait si peu. Je le connais par ouï-dire, comme le Masque de Fer ou le Chevalier d´Eon et ce que je sais de lui ne se rapporte jamais à moi: s´il m´a aimé, s´il m´a pris dans ses bras, s´il a tourné vers son fils ses yeux clairs, aujourd´hui mangés, personne n´en a gardé mémoire; ce sont des peines d´amour perdues. Ce père n´est pas même une ombre, pas même un regard: nous avons pesé quelque temps, lui et moi, sur la même terre, voilà tout.

Jean-Paul Sartre, Les Mots, 1964, Gallimard.

1. Anchise : le héros troyen a sauvé son père Anchise de Troie, en le portant sur ses épaules.
2. Schweitzer : nom des grands-parents maternels de Sartre.
3. Jean-Baptiste : prénom du père de Sartre.

Document B.

Jamais Jean-Paul Sartre ne mentionna son père, Jean-Baptiste Sartre, plus longuement que sur une page, et en passant. Jamais Jean-Paul Sartre ne raconta qu´il avait été polytechnicien. Jamais il ne laissa paraître une ou deux choses que, pourtant, il savait: que son père, sujet brillant, double bachelier et trois fois lauréat au concours général, fils de famille aisée, avait très tôt choisi d´arracher ses racines, de rompre les amarres, de jouer l´aventure, ailleurs, très loin du petit bourg périgourdin où il était né. De Jean-Baptiste à JeanPaul, pourtant, combien de points communs! Physiquement, c´est copie conforme. Le père: cent cinquante-six centimètres; le fils: cent cinquante sept. Et puis des tempéraments de marginaux derrière ces deux jeunes hommes bien nés, honorablement dotés par la fortune et par la société, et promis, dès le berceau, aux trajectoires rassurantes de la moyenne bourgeoisie dont ils étaient issus. Jean-Paul Sartre, devenu écrivain, décidera de brouiller les pistes, troubler ses biographes, dérouter ses suiveurs. Fils de personne, il se choisira, décidant officiellement que le père de Sartre n´existe pas. Certes, ce père, il ne le connut pas: Jean-Paul avait quinze mois quand Jean-Baptiste mourut. Et lorsqu´on l´interrogeait à ce sujet, l´écrivain se retranchait derrière l´absence de traces, le silence de la famille ou bien, tout simplement, leur rendez-vous raté. "Mon père? reprenait-il avec indifférence. Ce n´était qu´une photo dans la chambre de ma mère..." Et il ajoutait, pour conclure: "Je n´ai pas eu de père", de cette voix définitive, avare du moindre effet, qui coupait tout contact avec l´interlocuteur, immédiatement après la dernière syllabe prononcée: "Je n´ai pas eu de père." Affaire classée.

Annie Cohen-Solal, Sartre, 1905-1980,
1985, Gallimard.

--> Je sais pas trop quoi comparer mis à part que sartre critique son père contrairement à cohen-solal qui reste objective car c´est une biographie, qui doit etre donc neutre.
Donc si vous avez d´autres idées ... :merci:

tyrexx
tyrexx
Niveau 7
26 novembre 2006 à 17:25:18

A oui et j´ai oublié de dire qu´il fallait faire un plan détaillé du comparatif ...

Popovych
Popovych
Niveau 10
26 novembre 2006 à 18:20:47

t´as du mettre longtemps à taper tout ca :ouch:

tyrexx
tyrexx
Niveau 7
26 novembre 2006 à 21:10:30

environ 2jours,5heures,35minutes et 12secondes pour être précis !

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