La révolution industrielle s´est accompagné d´une transition démographique forte. Celle-ci fut permis grâce à l´amélioration des conditions de vie induites par les innovations techniques de l´époque, avec par exemple la mise en place de systèmes innovants en agriculture autorisant l´accroissement de la production agricole et mettant ainsi fin à tout risque de famine. D´autres facteurs viennent s´ajouter à ce dernier, une meilleure hygiène entre autres, pour expliquer l´explosion du nombre de personnes peuplant les pays industrialisés. Ainsi, la population de l´Europe est passée de 266 millions d´habitants en 1850, soit 22,7% de la population mondiale, à 401 millions d´habitants en 1900, soit environ un quart de la population mondiale. De plus, cinquante millions d´européens ont émigré aux États-Unis au cours du XIXème siècle, permettant à ce pays d´abriter 13% de la population mondiale en 1900. Les pays européens ont aussi individuellement connu une augmentation de leur population, avec par exemple celle des îles Britanniques qui a augmenté de 53% entre 1850 et 1900 et celle de l´Allemagne qui a gagné près de quinze millions d´habitants en trente ans. Devant cette augmentation, les populations urbaines augmentent inéluctablement et l´exode rural s´accentue. Les campagnes françaises perdent trois millions d´habitants entre 1846 et 1894 et Paris gagne ainsi deux millions d´habitants en soixante ans. Londres devient la première agglomération mondiale en 1911 avec quelques sept millions d´habitants, doublée par New-York en 1930 qui compte alors près de dix millions d´habitants. Tous ces changements traduisent la nouvelle mobilité des populations, entre émigrations et exode rural, et appellent une modernisation et un réaménagement des villes, avec Haussmann à Paris. En 1910, 40% de la population européenne vit en ville.