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Dissertation sur les Lumieres

kamikanard
kamikanard
Niveau 5
06 novembre 2006 à 18:35:35

Salut à tous
Je suis en 1E S et j´ai une dissertation à faire. Voila le sujet : "philosopher, c´est secouer le joug de l´autorité". En quoi cette définition éclaire t elle sur la littérature des Lumiéres ?

Evidemment je vous demande pas de me la faire, juste de me donner votre avis sur ce que j´ai fais ^^

Durant tout le XVIIIe siècle, les philosophes des Lumières s’engagent sur un grand nombre de sujets. On a dit que « philosopher, c’est secouer le joug de l’autorité ». Mais en quoi cette définition peut-elle nous éclairer sur la littérature des Lumières ? Nous étudierons dans un premier temps comment les philosophes se mesurent à l’autorité gouvernementale ; puis nous nous intéresserons à leur combat contre le pouvoir religieux.

Tout d’abord, voyons dans quelle mesure les philosophes des Lumières s’opposent à l’autorité gouvernementale. Les philosophes, tout comme un grand nombre d’écrivains, se sont férocement opposés à la censure, sous toutes ses formes. Celle-ci les empêche de s’exprimer et de diffuser leurs idées. C’est pourquoi des auteurs comme Voltaire chercherons à contourner la loi de multiples façons, en imprimant à l’étranger ou en usant d’un pseudonyme. De plus, c’est le gouvernement lui-même qui gère cette censure : raison supplémentaire de la combattre. Cette situation est tournée en ridicule par Beaumarchais dans le Mariage de Figaro (Acte V scène 3) : Figaro y est persécuté par les censeurs, caricaturant de manière humoristique les déboires de certains philosophes avec la justice.
Ensuite, le gouvernement de l’époque est une monarchie de droit divin : le siècle des Lumières est marqué par le règne de Louis XV, de 1715 à 1774. Or ce principe de « droit divin » est empreint des traditions du Moyen-âge : par exemple, jusqu’au XVIIIe siècle, la superstition du « roi guérisseur », selon laquelle le roi pouvait guérir certaines maladies par simple contact avec le malade, perdurera. Cet abus du pouvoir royal, parmi tant d’autres, basé sur la crédulité des personnes peu cultivées, est une belle illustration de ce qu’on combattu les penseurs de ce siècle. On peut d’ailleurs remarquer qu’à la fin du siècle, ces abus provoqueront, entre autres, la Révolution et la mort du petit-fils de Louis XV, Louis XVI. Cependant, les philosophes ne sont pas ouvertement contre le pouvoir royal, ce qui serait purement et simplement suicidaire à l’époque où le Roi peut faire emprisonner tout sujet par simple lettre de cachet. C’est pourquoi leurs protestations et leurs récriminations à l’égard de celui-ci, pour la grande majorité, se retrouvent de manière sous-entendue : de nombreuses méthodes telles que l’ironie, l’adoption du point de vue d’un personnage spécial permettent aux auteurs de critiquer l’autorité sans crainte d’être inquiétés. Ainsi Montesquieu, dans ses Lettres persanes de 1721, dépeint-il le voyage de deux Persans dans l’Occident. Au moyen de leur regard fort naïf, l’auteur laisse entendre la vulnérabilité et la versatilité des Français face à leur souverain. Dans la lettre XXIV, « Rica à Ibben, à Smyrne », il s’extasie sur les « prodiges » de Louis XV, le « grand magicien », dénonçant implicitement la naïveté du peuple français. De la même manière, dans la lettre C, « Rica à Rhédi, à Venise », il critique en apparence la frivolité des français, trouvant les « caprices de la mode étonnants » ; cependant, ce n’est pas la mode qu’il critique, mais de façon implicite, le système monarchique sous lequel il vit. Il déclare que « l´âme du souverain est un moule qui donne la forme à toutes les autres », dénonçant par là le système qui consiste à réunir les 3 pouvoirs (législatif, judiciaire et exécutif) sur la tête d´une seule et même personne: le Roi. Mais l’origine de ses personnages, et leur apparente naïveté, permettent à Montesquieu de ne pas être inquiété pour ses écrits.
Enfin, l’esclavage est bien présent au siècle des Lumières, sinon en France métropolitaine, tout du moins dans une grande partie du reste du monde. Le Code Noir, promulgué en 1685 – peu avant les Lumières donc – par Louis XIV, tout en interdisant l’esclavage en métropole (en se référant à une « vieille loi » qui transforme en homme libre tout esclave foulant la terre de France), autorise et réglemente la traite des Noirs. S’il est une avancée concernant le sort des esclaves, il permet cependant de nombreux traitements forts cruels tels qu’amputations d’oreilles, de jambes, marquages au fer rouges et autres sévices corporels, et en cas de « faute aggravée » (laissée, bien sûr, à l’appréciation du maître), la mise à mort. Cette nature barbare, l’exploitation de l’être humain par l’être humain, est en totale contradiction avec l’idéal altruiste des philosophes. Ceux-ci ne peuvent donc accepter l’esclavage, même réglementé. Le même Montesquieu, dans l’Esprit des Lois (XV, 5) de 1748, critique tout le système esclavagiste en se plaçant du coté des esclavagistes et en tentant de trouver des arguments en faveur de l’esclavage. Ainsi, en donnant des arguments totalement ineptes, l’auteur démontre bien la bêtise et l’horreur de cette exploitation. Il use d’un grand nombre de raisonnements aberrants : ainsi, « les nègres n’ont pas le sens commun » parce qu’ils « font plus de cas d’un collier de verre que de l’or » ; les pauvres esclaves sont également dépourvus d’âme, car il est impensable que « Dieu, très sage, ait mis une âme dans un corps noir ». L’auteur en profite pour se moquer, ouvertement cette fois, des autorités, tant françaises qu’européennes, « qui font entre [elles] tant de conventions inutiles », référence probable au Code Noir assez inutile pour les esclaves.
Ainsi la littérature des Lumières s’engage-t-elle contre l’autorité royale, par de nombreux moyens et sur divers sujets. Mais ne s’oppose-t-elle pas à un autre type d’autorité, telle l’autorité religieuse ?

En premier lieu, nous devons remarquer que les philosophes, sur la question de la religion, sont divisés. Certains sont catholiques ; beaucoup se déclarent déistes, tel Voltaire, par sa Prière à Dieu. Selon ce mode de pensée, Dieu est universel, il n´y a pas d´intermédiaire entre les êtres et Dieu, ce Dieu est bien supérieur à la « petitesse humaine » et ne s´occupe donc pas de ses affaires, ses cultes, ses rites et autres superstitions. Tout ceci se trouve résumé dans la célèbre phrase « L´univers m´embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n´ait pas d´horloger ». Enfin, un grand nombre de penseurs du XVIIIe siècle se définissent comme athée, niant l’existence de Dieu. Ainsi Denis Diderot, auteur bien connu de l’Encyclopédie vante-t-il les mérites de la « religion naturelle » dans le bien nommé De la suffisance de la religion naturelle (1746). Il s’y moque des dogmes et des enseignements de la religion catholiques, en démontrant leur absurdité. Par exemple, déclare-t-il, en partant de la proposition « les enfants d´Adam ont tous été coupables, en naissant, de la faute de ce premier père », « la religion révélée ne nous a rien appris sur la morale et que ce que nous tenons d´elle sur le dogme, se réduit à cinq ou six propositions inintelligibles ». Sa conception de la religion naturelle rejoint la pensée des Lumières : elle est « la plus sensée au jugement des êtres raisonnables, qui les traite le plus en êtres raisonnables », car ce qui est « au-dessus de [la] raison [des hommes] » n’est pas et n’a pas à être abordé. De plus, son mépris pour les « Saints Mystères » du catholicisme, clairement évoqué dans sa Lettre sur les aveugles à l´usage de ceux qui voient, en 1749, lui vaudra d’être emprisonné au fort de Vincennes, éprouvant épisode, qui lui fera réserver la publication de certains de ses ouvrages à titre posthume, l’époque ne s’y prêtant pas.
En second lieu, l’un des aspects de la religion catholique, l’intolérance envers toutes les autres religions ainsi qu’envers les païens, sera particulièrement visé par les philosophes dans leurs écrits. En effet, le souvenir de l’Inquisition est très présent en Europe au XVIIIe siècle, et celle-ci est parfois toujours présente ; celle-ci est l’exemple même de l’intolérance de l’Eglise. L’exécution de sorcières, entre autres actes barbares hérités du Moyen-âge, se pratiquait encore jusqu’à la fin du XVIe siècle. De plus, l’Eglise a pour but de convertir un maximum de personnes ; la tolérance envers les autres religions, en lesquelles croient les « hérétiques » et les « infidèles », lui est donc totalement inconnue. Or de nombreux philosophes, comme on l’a vu, se réclament du déisme ou de l’athéisme ; ils se positionnent de fait en ennemis. Montesquieu, toujours dans ses Lettres persanes, lettre XXIV, dénonce implicitement la condamnation du jansénisme par le Pape Clément XI. Il y prend un ton ironique, grâce à la fausse crédulité de ses personnages étrangers déjà évoqués : le Pape est un « magicien plus fort » que le Roi, capable de faire croire tout et n’importe quoi à ses fidèles. Il dénonce par là même l’Eglise qui entretient la croyance des gens peu cultivés dans les superstitions, les miracles, etc. qui sont des piliers de la foi chrétienne. Il s’en prend également à des symboles du christianisme (Sainte Trinité, Cène, etc.) et les tourne en ridicule en les comparant à d’habiles tours de magie, un énorme blasphème pour l’époque, qu’il se permet uniquement grâce à la nature du personnage.
Finalement, les philosophes visent, au cours du XVIIIe siècle, dans leurs œuvres le fanatisme religieux très présent, également hérité du Moyen-âge. Celui-ci est souvent associé à l’Inquisition, dotée d’une grande propension à déceler les comportements hérétiques et capable de faire avouer n’importe quoi à n’importe qui. Voltaire, dans son article « Torture » écrit pour l’Encyclopédie, critique ouvertement ces exactions au moyen d’une anecdote au sujet d’un chevalier supplicié pour des motifs totalement inconsidérés. De plus, il démontre le caractère stupide de la Torture, dont les français sont selon lui les champions : il n’y aurait pas de « nation plus cruelle que la France ».
La littérature des Lumières est donc également très engagée contre les dérives de l’autorité religieuse.

On voit donc bien que les philosophes, au cours du siècle des Lumières, se sont à la fois opposés à l’autorité gouvernementale et au pouvoir de la religion. La définition « Philosopher, c’est secouer le joug de l’autorité » correspond donc parfaitement à ces penseurs : par la philosophie, ils se sont battus contre cette oppression de l’autorité.

kamikanard
kamikanard
Niveau 5
06 novembre 2006 à 18:36:59

Je sais que c´est pas trés long mais ca m´inspirait carrément pas :P

kamikanard
kamikanard
Niveau 5
06 novembre 2006 à 18:55:14

:hum: Rien de plus constructif ?
Parce que c´est pas ca qui va m´aider ^^

kamikanard
kamikanard
Niveau 5
06 novembre 2006 à 19:32:47

Up, c´est a rendre demain alors j´aimerais bien des avis maintenant (oui je sais je suis chiant ^^)

Azaphel
Azaphel
Niveau 10
06 novembre 2006 à 19:37:51
  • gordonkouskous profil

* Posté le 06 novembre 2006 à 18:53:43 avertir modérateur
* t es en S mon frere, laisse tomber le fransais et la filo (regarde les cooef pour l amour de dieu) et comme l a dit newton : dé 2 maux , autan choisir le moindre , ne seréce ke par paresse , laisse tomber le coté puerile de la literature et adone toi librement et pleinement au joie du milieu scientifik et de la recherche

:d) En conclusion tu lui suggères de se rétamer le jour du Bac en privilégiant des matières par rapport à d´autre, bon esprit bravo :ok:
Et tu n´es pas sur ton téléphone portable ici, alors abandonne le langage sms -_-.

Kamikanard :d) Moi ça me paraît pas mal ^^

kamikanard
kamikanard
Niveau 5
06 novembre 2006 à 19:46:11

Ok merci, si quelqu´un trouve ca bien c´est que ce n´est pas à jeter a la poubelle =)

Azaphel
Azaphel
Niveau 10
06 novembre 2006 à 19:47:04

Ca dépends, on voit que tu connais pas l´Azaphel toi :rire:
Nan mais pour un 1ère, sortir ça sur une copie c´est plus que bien ^^

kamikanard
kamikanard
Niveau 5
06 novembre 2006 à 19:57:15

Bah, y a marqué Zelda Twilight Princess sur ta certe de visite, tu ne peux pas être fonciérement mauvais ^^
Et puis si tu dis que c´est plus que bien, ben je te crois volontiers, ca fait toujours plaisir a entendre !

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