Ah non, la question deux est plus interessante
donc faut la faire toi même ^^
Ca me paraît difficille d´intégrer Beaumarchais dans les Lumières, étant donné que je définirais ce mouvement plus comme un mouvement intellectuel et philosophique, que littéraire. Il n´y a pas de genre inventé par les lumières (sauf le conte philosophique... et encore, vu sa postérité, il n´est pas grand chose.)
Alors, Beaumarchais, c´est très clair, est proche des Lumières (il est grand pote avec Diderot, ira vendre des armes aux "Insurgents" américains etc...). Il défend aussi pas mal d´idées des lumières (ici concernant les privilèges de la noblesse). Mais n´est pas un "philosophe des lumières". Et c´est en ce sens que je ne l´inclut pas. D´autre part, le point de vue qu´il défend ici, n´est rien d´autre que celui des bourgeois...Enfin, il n´est pas très impliqué dans les affaires publiques et intellectuelles de son temps. Et quand il le fait, c´est avec malheur.
D´ailleurs la terminologie "des lumières" est très obscure, puisqu´il n´y a pas de réelle définition pour savoir si on est une lumière. Was ist die Aufklärung de Kant, paraît bien plus tard, et l´auteur l´écrit presque à contre coeur (sous pression de ses amis qui le pressent de se positionner, Kant se montrant assez pessimiste quant aux prétentions nouvelles de la Raison. Pour rompre à l´équivocité de ses discours, il écrit qu´est-ce que les lumières). Et en plus, il y´a pas mal de différences entre la pensée Kantienne de ce que sont les Lumières, et les Lumières françaises. Mais ça, les profs de français ne te le reprocheront jamais (j´ai fait le parallèle très glissant Kant-Rousseau, ça ne m´a pas été reproché).D´autre part, les anthologie littéraire tendent à nous faire croire que les Lumières sont un mouvement unifié, or il ne l´est pas.
Donc, le drame bourgeois est une émanation de la société bourgeoise. Les idéaux des lumières sont des idéaux bourgeois. Mais à mon sens, ça ne suffit pas pour faire du drame bourgeois un idéal des lumières. (voltaire, dans son genre, fait du sous-sous Racine bis; la tragédie n´est pas pour autant affiliée aux lumières).
Le Drame bourgeois est une tragédie domestique et bourgeoise (Diderot) et n´a, par là même, aucune prétention à l´univeralité, ou à la réflexion. Beaumarchais écrit lui même "Que me font à moi, sujet paisible d´un état monarchique du XVIII°Siècle, les révolutions d´Athène ou de Rome? etc..."
Bref, Diderot aime le pathétique, il met en scène des scènes familiales et attendrissantes (ce qu´il aime chez Greuze en fait)... rien de très intellectuel. D´ailleurs le Genre sérieux échoue lamentablement. Tout ça pour des raisons simples : les tirades morales et sociales viellissent très vite, elles nous ennuient d´ailleurs, la théorie des conditions conduit à négliger les caractères, la psychologie est sommaire, partialité naïve, et le style émotionnel "vrai" (Diderot toujours) est fade, déclamatoire, et grandiloquent.
Pour résumer donc : le drame bourgois est la création d´une société bourgeoise, c´est à n´en pas douter. Mais il n´est pas non plus un théatre des Lumières, une tribune pour les idées des Lumières. La preuve en est qu´on a gardé ces idées là, comme vertus universelles; mais qu´on n´a rien gardé du drame bougeois. Ce n´est pas l´instrument de propagande; la dénaturation de la tragédie par Voltaire...
J´ai même regardé dans le Lagarde et Michard pour le rassurer
et lui non plus ne les classe pas dans les lumières
Mais c´est vrai que sa question (à moins qu´il ait fait une faute, "à quel" ou "à quels") apelle une réponse unique : les lumières.
Mais franchement... beaumarchais dans les lumières