Des rimes embrassées pour embrasser la nature … pas stupide, c´est une question d´interprétation, la tienne pourrait, pourquoi pas, tenir la route.
" si on se limitait au système scolaire notre découverte de la poésie s´arrêtait aux poèmes"
Pas très clair ton truc là ….
Tu sous-entends par "poème" qu´au lycée on n´aborde pas la prose ? Tu risques de te faire des ennemis !
Voilà pour ta gouverne un superbe poème en prose :
Palmes... !
Alors on te baignait dans l’eau-de-feuilles-vertes ; et l’eau encore était du soleil vert ; et les servantes de ta mère, grandes filles luisantes, remuaient leurs jambes chaudes près de toi qui tremblais...
(Je parle d’une haute condition, alors, entre les robes, au règne de tournantes clartés.)
Palmes ! et la douceur
d’une vieillesse des racines... ! La terre
alors souhaita d’être plus sourde, et le ciel plus profond où des arbres trop grands, las d’un obscur dessein, nouaient un pacte inextricable...
(J’ai fait ce songe, dans l’estime : un sûr séjour entre les toiles enthousiastes.)
Et les hautes
racines courbes célébraient
l’en allée des voies prodigieuses, l’invention des voûtes et des nefs
et la lumière alors, en de plus purs exploits féconde, inaugurait le blanc royaume où j’ai mené peut-être un corps sans ombre...
(Je parle d’une haute condition, jadis, entre des hommes et leurs filles, et qui mâchaient de telle feuille.)
Alors les hommes avaient
une bouche plus grave, les femmes avaient des bras plus lents ;
alors, de se nourrir comme nous de racines, de grandes bêtes taciturnes s’ennoblissaient ;
et plus longues sur plus d’ombre se levaient les paupières...
(J’ai fait ce songe, il nous a consumés sans reliques.)
Saint-John Perse.