voila jlai chopée sur un site :
- LA MORALE DU TEXTE
Dans une analyse hâtive, on pourrait réduire cette morale au proverbe : "l´argent ne fait pas le bonheur". Cet homme souffre, et meurt de ce "don" que lui a transmis la nature. Il se ruine, notamment, à tous les sens du terme, à cause de sa jeune épouse, coquette et dépensière.
En réalité, Daudet, dans la morale de son apologue (voir deuxième partie de la question) évoque toutes sortes de sacrifices : des êtres humains, doués dans quelque domaine que ce soit, ("pauvres gens") peuvent en souffrir et même en mourir, parce que non reconnus ou exploités à outrance.
On pouvait penser par exemple aux artistes incompris, aux talents exploités, à toutes sortes de trahisons, de marchés de dupes, dans le monde humain, conduisant certains individus à leur perte, dans leurs esprit, âme et coeur, à l´image de cet homme à la cervelle d´or qui a tout pour être heureux et réussir mais se confronte à un destin terrible qui, non seulement ne le rend pas heureux mais le tue.
Daudet évoque également la tentation du suicide : "quand ils sont las de souffrir".
- LE(S) GENRE(S) DU TEXTE
Attention, le cadre du texte est une lettre qui contient un récit qui prétend être une légende.
En réalité, il s´agit d´un apologue ou court conte moral.
Le plan choisi, et qui nous a semblé le plus simple, est de type dialectique.
PREMIERE PARTIE : APPAREMMENT, C´EST UNE "LEGENDE"
En apparence, ce texte est une lettre ("A la dame qui demande des histoires gaies"), cadre d´un récit fantastique dont l´auteur dit que c´est une légende : "malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d´un bout à l´autre".
La lettre de Daudet répond à celle, peut-être d´une lectrice. C´est l´occasion pour Daudet de raconter une "légende" : "vous n´aurez encore aujourd´hui qu´une légende mélancolique" :
celle-ci commence, évidemment par "il était une fois".
Comme dans tous les contes et légendes, le personnage est extraordinaire, atypique, doué d´une particularité merveilleuse : un cerveau d´or. Ce don va faire son malheur.
Daudet suit la chronologie de l´existence du personnage, de sa naissance jusqu´à sa mort.
On notera l´emploi des temps du récit (imparfait, passé simple), les connecteurs logiques ("il était une fois", "un jour", "à dix-huit ans seulement", "dès lors", "une nuit", "à quelque temps de là", "pendant deux ans").
Il donne à son récit toutes les marques de la réalité en décrivant les différentes étapes de l´existence du personnage : enfance, jeunesse, mariage, mort.
Transition
Même si le texte présente les caractéristiques d´une légende et d´un conte fantastique, c´est en réalité un apologue ou un conte moral.
DEUXIEME PARTIE : EN REALITE, C´EST UN "APOLOGUE"
Daudet brouille les pistes : en racontant l´histoire de l´homme à la cervelle d´or, il arrive à une morale, une conclusion à portée universelle (objet de la première partie de la question).
Son texte est donc un apologue, petite fable visant essentiellement à illustrer une leçon de morale.
A partir de l´histoire de cet homme "malheureusement doué", Daudet arrive à la conclusion que des "pauvres gens" sont condamnés, à cause de leur esprit mais aussi dans leur coeur et dans leur âme.
On passe du récit à la troisième personne du singulier, à la généralisation (par "le monde, eux, ils").