"- On n´est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu´on a des tilleuls verts sur la promenade."
C´est un extrait du poème "Roman" d´Arthur Rimbaud.
Le poète met en exergue le contraste entre la jeunesse insouciante et les adultes, maîtres austères d´une monde plus sérieux. Les deux vers suivants illustrent ce propos:
"- Lorsque, dans la clarté d´un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l´ombre du faux col effrayant de son père... "
Les adolescents ont des idéaux d´enfants très peu estompés et se sentent la force des adultes. Ce mélange tout à fait particulier leur confère un pouvoir imaginaire fait de rêves et d´illusions, une sorte de magie poétique, vestige encore intacte de l´enfance.
La fille que Rimbaud observe, attendri, se rend immédiatement compte de cette candeur de l´adolescent de 17 ans; il dit même:
"Et, comme elle vous trouve immensément naïf".
On peut rajouter entre autres arguments qu´à 17 ans on a tendace à éprouver des plaisirs éphémères, violents voire extrêmes.
On tombe vite amoureux et on déteste très vite. Cette fulgurance de l´âge des amours se fait très bien ressentir dans la poésie des débuts de Rimbaud. Voir: "Mes petites amoureuses", "Première soirée", "Roman", "À la musique".