Voici l´extrait du texte de Bernardin de Saint Pierre "Paul et Virginie" qu´il faut commenter...Pouvez vous m´aider s´il vous plait!!!!
Virginie aimait à se reposer sur les bords de cette fontaine, décorés d’une pompe à la fois magnifique et sauvage. Souvent elle y venait laver le linge de la famille à l’ombre des deux cocotiers. Quelque fois elle y menait paître ses chèvres. Pendant qu’elle préparait des fromages avec leur fait, elle se plaisait à les voir brouter les capillaires sur les flancs escarpés de la roche, et se tenir en l’air sur une de ses corniches comme sur un piédestal. Paul, voyant que ce lieu était aimé de Virginie, y apporta de la foret voisine des nids de toute sorte d’oiseaux. Les pères et les mères de ces oiseaux suivirent leurs petits, et vinrent s’établir dans cette colonie. Virginie leur distribuait de temps en temps des grains de riz, de mais et millet. Dès qu’elle paraissait, les merles siffleurs , les bengalis, dont le ramage est si doux, les cardinaux, dont le plumage est couleur de feu, quittaient leurs buissons : des perruches vertes comme des émeraudes descendaient des lataniers voisins, des perdrix accourraient sous l’herbe : tous s’avançaient pêle-mêle jusqu´à ses pieds comme des poules. Paul et elle s’amusaient avec transport de leurs jeux, de leurs appétits et de leurs amours.
Aimables enfants, vous passiez ainsi dans l’innocence vos premiers jours en vous exerçant aux bienfaits ! Combien de fois, dans ce lieu, vos mères, vous serrant dans leur bras, bénissaient le ciel de la consolation que vous prépariez à leur vieillesse, et de vous voir entrer dans la vie sous de si heureux auspices ! Combien de fois, à l’ombre de ces rochers, ai-je partagé avec elles vos repas champêtres, qui n’avaient coûté la vie à aucun animal ! des calebasses pleines de lait, des œufs frais, des gâteaux de riz sur des feuilles de bananier, des corbeilles chargés de patates, de mangues, d’oranges, de grenades, de bananes, d’attes, d’ananas, offraient à la fois les mets les plus sains, les couleurs les plus gaies et les sucs les plus agréables.
La conversation était aussi douce et aussi innocente que ces festins.