Le registre épique met en oeuvre des procédés d´amplification (grandissement, élargissement, multiplication, intensification, exagération...) qui permettent de présenter une situation, des actions, des personnages de façon déformée, portée à un degré élevé: ainsi, on peut noter l´utilisation fréquente du pluriel et l´insistance sur le nombre, l´emploi de termes collectifs (peuple, nation, armée...), de superlatifs (le plus, très...), d´adverbes d´intensité (beaucoup, terriblement...).
Parmi les figures de rhétorique, les comparaisons et les métaphores favorisent le passage de la réalité à une représentation dramatisée, surdimensionnée. Les hyperboles expriment elles‑mêmes l´exagération. On peut également signaler les anaphores, qui mettent l´accent sur des éléments répétés. Une autre caractéristique de l´épopée est la schématisation qui conduit à des types de situations (combat singulier, confrontation inégale du héros avec un nombre important d´ennemis...), de personnages (héros sans faille et sans nuance), d´actions (héroïsme extraordinaire ou bassesse inacceptable...).
Le registre épique déborde le cadre de l´épopée, dont la vocation est de célébrer des exploits historiques en les magnifiant. Initialement associée à la poésie, il figure aussi dans le roman et au théâtre : sa vocation est alors de mettre en scène des situations surhumaines en procédant par dépassement, par grossissement; les qualités des personnages sont souvent rapprochées de celles des héros de la mythologie gréco‑latine. Celui qui raconte suscite ainsi l´admiration des lecteurs ou leur indignation.
Le registre épique peut se mettre au service de l´apologie (l´éloge) ou de la dénonciation.
(http://bjay.club.fr/eleves3regis.htm)