Comment pouvez-vous condamner une jeune fille solitaire, innocente et accablée par le destin? Son crime serait-il d’avoir choisi de mourir plutôt que de vivre sans respecter ses idéaux ? Face à ce dilemme, elle n’a point hésité ! Son apparence de jeune fille noiraude et renfermée cache une révolte qui explose en plein jour. Oui, en affirmant sa volonté d’enterrer son frère coûte que coûte, elle revendique sa propre liberté. Elle s’oppose à une autorité ; elle refuse ; elle dit non ; elle ne veut pas la facilité ! Combien, face à la mort, aurait reculé en choisissant la facilité. Combien, face à la mort, aurait reculé en allant à l’encontre de ses propres principes. Eh bien, Antigone, face à SA mort, ne recule pas et se bat pour ses idées. Elle est le seul juge.
Elle se bat pour Polynice parce que c’est, d’abord, son frère. Elle possède le même sang que lui, celui qui coule dans ses veines et dans son coeur. Ensuite parce qu’elle a le droit de vouloir de belles funérailles pour lui. Elle veut que son frère ait droit au repos. Il faut accepter le fait qu’un simple rituel soit important pour elle.
Mais elle se bat avant tout pour ses idées ! C’est une femme à principes qui refuse le compromis. Antigone veut accomplir sa destinée jusqu’au bout dans une quête d’absolu qui ne tolère aucune des concessions que lui demande Créon. Elle est contre l’idée d’un peuple manipulé et dénué de pensée ; et contre l’idée d’une autorité qui exécutent des lois même à contre cœur. Rien n’est plus pur et juste que son cœur.
Et puis même, si vous la voyez comme une fille naïve et gâtée qui n’a aucun sens de la réalité, est-ce pour autant un crime condamnable ?