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[1°S] Français : Ma rédac' - Votre avis

Glorfindel
Glorfindel
Niveau 10
04 janvier 2006 à 22:01:45

:salut: !

Pour vendredi, j´avais un petit sujet d´invention, dont voilà le sujet :
:d) Sujet : Vous imaginerez un dialogue polémique opposant un philosophe des Lumières à un courtisan sur la littérature de combat. Le courtisan soutien que la littérature est un mode d’engagement inefficace.

Et voilà mon travail :

Le courtisan – Allons mon cher, je vous en prie, asseyez-vous, je nous ai fait commander de la liqueur et quelques biscuits par Marie-France. Où en étions-nous ?

Le philosophe – C’est bien trop d’honneur que vous me faîtes là monsieur, mais n’espérez point assoupir ma vivacité de la sorte. Nous sommes ici pour débattre, et je ne me laisserai pas corrompre par vos présents. J’ose espérer que vous vous souvenez du thème de notre dispute ! Nous traitions de la littérature d’engagement. Et, contrairement aux fins de chaque auteur, chaque écrivain, vous mainteniez que l’écriture est un moyen de transmission doté d’une faible efficacité. Tout cela n’est bien sur que baliverne... Je suppose, en tant que grand ami du Roi, que vous connaissez le diction maintes fois vérifié : « Les paroles s’envolent, les écrits restent ». Or connaissez vous, hormis l’oral et l’écrit, de nombreux moyens d’expression ? Non, je doute que vous ayez cette faculté.

Le courtisan – N’êtes-vous pas capable de mener à bien une argumentation sans monter sur vos grands chevaux ? J’aimerai reprendre un point de votre « savante » parole... Vous vous permettez de dire que votre beau dicton s’avère, je cite « maintes fois vérifié ». Mais qui êtes vous pour poser des affirmations sur ce que fut et ce qui sera, sur le passé et l’avenir ? A ce que je sache, vous n’êtes ni devin ni divin, et, malgré tout le respect que je puisse vous accorder, je ne vous connaissais point le don d’universalité.

Le philosophe – Et bien ma foi, vous me décevez assez... Je vous croyais au moins capable de mettre en relation un élément de discussion, surtout quand ce lien est présent chaque jour de votre vie... Regardez ce que je vois sur votre étagère. N’est-ce pas là un livre de Montesquieu, paru si je ne m’abuse il y a presque deux cent ans ? Oh et que vois-je là !? Le fameux « Sophiste » de Platon datant, je vous le rappelle de la Grèce Antique, ce qui lui procure plus de mille cinq cent ans d’âge. Ne les lit-on plus ? Acceptez-vous maintenant d’affirmer comme vrai ce dicton que je citais ? Et êtes vous également d’accord pour avouer que la littérature est de nos jours le moyen le plus efficace pour transmettre des idées de manière durable et universelle ?

Le courtisan – Durable, certes, vous me l’avez prouvé, et j’acquiesce. En revanche, je ne comprends toujours pas comment il est possible d’oser dire que c’est un moyen de diffusion universel ! Nous vivons de nos jours dans une société à plusieurs étages, le niveau le plus bas étant également le plus peuplé. Est-ce une calomnie que de déclarer cette pauvre classe comme incompétente, inculte, et donc analphabète ? Non je ne pense pas. Comme l’un de vos camarades Voltaire, je me range parmis ceux qui jugent l’espèce humaine comme le rassemblement d’une élite composée de gens comme vous et moi, de nobles, de bourgeois, de membres du clergé ou de familles royales, élite associée à une majorité d’être non instruits, nous côtoyant chaque jour, et pourtant plus proches d’une condition animale que d’une condition civilisée. Êtes-vous capable de faire passer un message à un chien, où même, un chat a-t-il les moyens de transmettre un message ? Non, bien sur. Et il en va de même avec la majorité du peuple humain, qui, ne savant ni lire ni écrire, ne peuvent avoir strictement aucune relation avec les écrits, de quelques origines qu’ils soient. Ils seraient bien amusés de savoir que la littérature est une chance pour eux de communiquer leur oppression...

Le philosophe – Mais justement ! A quels fins croyez-vous que nous autres Lumières rédigeons toutes sortes d’écrits, si ce n’est pas pour défendre les opprimés n’ayant le droit ou la capacité de s’exprimer. Allez donc dire à Rousseau ou d’Alembert que tous leurs traités et autres livres n’ont pas le moindre effet auprès des paysans, et qu’elles ne représentent qu’une futile lutte contre le totalitarisme religieux et le système de taxes hors normes que nous impose Sa Majesté. Je peux vous assurer qu’ils ne seront pas très amusés par vos critiques, qu’ils jugeront amères et fausses, tout comme je les perçois. Bien sur, si vous ne comprenez pas l’enjeu de notre au écriture au travers de ce que l’on y laisse paraître, je ne peux rien pour vous. Nous plaidons en leur faveur, pour qu’il leur soit accordé la possibilité d’être instruit, de sorte qu’ils puissent bénéficier ouvertement des possibilités qu’apporte la littérature. L´écriture est la plus belle invention de l´Homme et sa plus grande évolution, s´il n´est pas capable de jouir de ce qui en découle, il perd alors sa condition humaine. Notre objectif est donc de dénoncer les défauts de nos dirigeants dans le but d’aboutir à une société équilibrée qui méritera alors le nom de « Civilisation humaine ».

Le courtisan – Critiquer les dirigeants ? Ne vous imaginez-vous pas trop omnipotents vous et votre littérature ? La rencontrant maintes fois, je suppose que vous connaissez très bien ce que l’on appelle « censure »... Tout écrit dénonçant la classe noble ou même le Roi serait brûlé avant de voir le jour ! Alors vous vous doutez bien qu’un recueil de textes prônant une certaine égalité entre les diverses classes sociales est voué à voir son commerce interdit ! N’est-ce pas là une preuve de l’incapacité de la littérature à développer ou communiquer une quelconque information ? Comment voulez-vous faire diffuser une opinion qui contredit la pensée des dirigeants d’un Etat, sachant que c’est eux-mêmes qui régulent cette censure ? Croyez-vous possible de distribuer sous les yeux de l’Etat Prusse un traité condamnant l’attitude de la lignée des Habsbourgs ? Non, et il en va de même sur chaque Etat du monde, du moins le monde connu. Ne me faites donc pas croire que la littérature ne connaît aucune limite, en m’enguirlandant de beaux discours. La censure est bien là, et l’autorité qu’elle exerce est irréprochable, rendant un pouvoir tyrannique hors d’atteinte de la moindre critique que vous émettez, et jugez « engagée ».

Le Philosophe – Hélas, au vue de la niaiserie dont vous faîtes preuve, je me vois de l’exemple d’user le même exemple que précédemment. A ce qu’on dit, vous êtes assez amusés par les contes et autres nouvelles fantastiques. Me trompé-je ? Non ? Soit. Donc, j’ose suppose que vous êtes un grand amateur des « Fables » de Jean de la Fontaine. Après ce que vous venez de me raconter sur la censure, je pense fort, excusez-moi le terme, que vous n’avez strictement rien compris au sens de ses fables. N’avez vous point remarqué que toutes ces morales ne représentaient rien d’autres que ce qu’il se passaient à l’époque sous l’égide d’une société tout aussi inégale que de nos jours. N’a-t-il pas réussi à découvrir le fond des âmes en faisant preuve d’une finesse malicieuse et un sens sûr de la comédie ? Or, je vous rappelle qu’à cette époque, votre tendre censure était déjà en place. Vous qui la jugeait « irréprochable », concevez qu’avec un zest de réflexion, et à partir du moment où l’on ne cite aucun nom envers lequel l’offense est sanctionnée, la censure est facilement outre passable, et la critique à première vue prohibé devient alors un grand succès. Je crois que les éléments composant le sucés de la littérature vous ont été exposé, sans que vous ne puissiez les contrer. En effet, quoi de mieux qu’un moyen d’engagement durable dans le temps et qui peut se permettre d’ignorer les frontières pour transmettre une idéologie ? La littérature regroupe tous ces attributs ; vous accordez-vous encore pour la juger comme un mode d’engagement inefficace ? Ne permet-elle pas de défendre une cause universellement ? Qu’en dîtes-vous maintenant ?

Le courtisan – Et bien c’est à dire que... Ah tiens ! Marie-France arrive avec nos mets...

:d) Alors, votre avis ? Qu´en pensez-vous ?

:merci: d´avance !

Killiou
Killiou
Niveau 5
05 janvier 2006 à 06:02:18

Hum, je trouve ça bien dans l´ensemble, bien que certaines choses m´ont choquée...

Un livre de montesquieu paru il y a 200 ans, l´histoire de passe du temps de la souveraineté, donc avant 1789, et montesquieu vit le jour en 1721. Cherchez l´erreur :o))

Pareil pour Platon, 5 millénaires avant cette époque... Platon est né en -428 avant Jesus Christ, si je me rappele bien. Ce qui fait à l´ouvrage un maximum de heu... Pas 5.000 ans lol !

Le début me fait un peu penser à une pub, quand tu rappeles ce qu´ils se disaient... :o))

Glorfindel
Glorfindel
Niveau 10
05 janvier 2006 à 07:38:03

Mince je croyais l´avoir changé... Il faut lire Montaigne :ok:

"Ce qui fait à l´ouvrage un maximum de heu... Pas 5.000 ans lol ! "
:d) J´ai mis 1.500, c´ets bon ! :-p

Glorfindel
Glorfindel
Niveau 10
05 janvier 2006 à 18:03:21

:up:

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