bonjour ^^ j dois faire un commentaire sur le dementi de montaigne et j´ai les axes suivants pour m´aider :
- l´importance de la premiere personne je s´interessant a me.
- lutilité de lecriture autobiographique
- la specificité d´un livre consubstantiel à son auteur
les deux premiers je crois que je peuxm´en sortir mais le dernier... si y aurait qqun pour m´aider je serai vachement reconnaissant ^_^
voici le texte:
[Essais, Livre II, chapitre XVIII, « Du démentir », extrait]
Et quand personne ne me lira, ai-je perdu mon temps de m´être entretenu tant d´heures oisives à pensements si utiles et agréables ? Moulant sur moi cette figure, il m´a fallu si souvent dresser et composer pour m´extraire, que le patron s´en est fermi et aucunement formé soi-même. Me peignant pour autrui, je me suis peint en moi de couleurs plus nettes que n´étaient les miennes premières. Je n´ai pas plus fait mon livre que mon livre m´a fait, livre consubstantiel à son auteur, d´une occupation propre, membre de ma vie ; non d´une occupation et fin tierce et étrangère comme tous autres livres.
Ai-je perdu mon temps de m´être rendu compte de moi si continuellement, si curieusement ? Car ceux qui se repassent par fantaisie seulement et par langue quelque heure, ne s´examinent pas si primement, ni ne se pénètrent, comme celui qui en fait son étude, son ouvrage et son métier, qui s´engage à un registre de durée, de toute sa foi, de toute sa force.
Les plus délicieux plaisirs, si se digèrent-ils au dedans, fuient à laisser trace de soi, et fuient la vue non seulement du peuple, mais d´un autre.
Combien de fois m´a cette besogne diverti de cogitations ennuyeuses ! et doivent être comptées pour ennuyeuses toutes les frivoles. Nature nous a étrennés d´une large faculté à nous entretenir à part, et nous y appelle souvent pour nous apprendre que nous nous devons en partie à la société, mais en la meilleure partie à nous. Aux fins de ranger ma fantaisie à rêver même par quelque ordre et projet, et la garder de se perdre et extravaguer au vent, il n´est que de donner corps et mettre en registre tant de menues pensées qui se présentent à elle. J´écoute à mes rêveries parce que j´ai à les enrôler. Quant de fois, étant marri de quelque action que la civilité et la raison me prohibaient de reprendre à découvert, m´en suis-je ici dégorgé, non sans dessein de publique instruction !