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Poème V. Hugo

Vynce_59
Vynce_59
Niveau 10
18 septembre 2005 à 18:56:59

:salut:

Je dois lire une partie du recueil de poèmes "Les Châtiments." et pour chaque poème faire une fiche (plus ou moins 4 lignes) dégageant les idées principales etc...
Mais pour "La société est sauvée" je comprends rien.

Pouvez-vous m´aider s´il vous plait.

:d)

France ! à l´heure où tu te prosternes,
Le pied d´un tyran sur ton front,
La voix sortira des cavernes ;
Les enchaînés tressailleront.

Le banni, debout sur la grève,
Contemplant l´étoile et le flot,
Comme ceux qu´on entend en rêve,
Parlera dans l´ombre tout haut ;

Et ses paroles, qui menacent,
Ses paroles, dont l´éclair luit,
Seront comme des mains qui passent
Tenant des glaives dans la nuit.

Elles feront frémir les marbres
Et les monts que brunit le soir ;
Et les chevelures des arbres
Frissonneront sous le ciel noir.

Elles seront l´airain qui sonne,
Le cri qui chasse les corbeaux,
Le souffle inconnu dont frissonne
Le brin d´herbe sur les tombeaux ;

Elles crieront : honte aux infâmes,
Aux oppresseurs, aux meurtriers !
Elles appelleront les âmes
Comme on appelle des guerriers !

Sur les races qui se transforment,
Sombre orage, elles planeront ;
Et si ceux qui vivent s´endorment,
Ceux qui sont morts s´éveilleront.

:merci:

Vynce_59
Vynce_59
Niveau 10
18 septembre 2005 à 19:38:48

:svp:

larsson
larsson
Niveau 10
18 septembre 2005 à 20:08:55

c´est du genre epique, avec un rythme vif cf les "!"
Champ lexical de la guerre "glaives" "airain"
Champs lexical des sensation (c´est pas vraiment le mot mais bon...) "frissoner", "fremir"...

CeRiSe0059
CeRiSe0059
Niveau 1
18 septembre 2005 à 20:33:45

idé de la mort omniprésente tt o lon du texte ( ex av le mo corbo et ombre ect ect )

Vynce_59
Vynce_59
Niveau 10
21 septembre 2005 à 15:08:13

:merci:
C´est gentil, mais en fait ce que j´arrive pas à trouver, c´est le message que veut faire passer Hugo, la signification de ce poème... :(

vendo
vendo
Niveau 10
21 septembre 2005 à 15:25:46

Il parle de Napoléon III. Hugo haïssait Napoléon-le-Petit.
Le banni debout sur la grève, c´est a priori Hugo lui-même exilé à Jersey.

http://www.lettres.net/chatiments/hugo-presgen.htm
http://www.philagora.net/auteurs/hugo.htm

Vynce_59
Vynce_59
Niveau 10
21 septembre 2005 à 15:33:50

:merci:

Vynce_59
Vynce_59
Niveau 10
21 septembre 2005 à 16:07:32

:desole: c´est encore moi.
Il y a encore deux poèmes où je pige rien du tout...

:d) VII AD MAJOREM DEI GLORIAM

« Vraiment, notre siècle est étrangement délicat. S´imagine-t-il donc que la cendre des bûchers soit totalement éteinte ? qu´il n´en soit pas resté le plus petit tison pour allumer une seule torche ? Les insensés ! en nous appelant jésuites, ils croient nous couvrir d´opprobre ! Mais ces jésuites leur réservent la censure, un bâillon et du feu... Et, un jour, ils seront les maîtres de leurs maîtres... »

(LE PERE ROOTHAAN, GÉNÉRAL DES JÉSUITES, A LA CONFÉRENCE DE CHIÉRI.)

Ils ont dit : « Nous serons les vainqueurs et les maîtres.

Soldats par la tactique et par la robe prêtres,

Nous détruirons progrès, lois, vertus, droits, talents.

Nous nous ferons un fort avec tous ces décombres,

5 Et pour nous y garder, comme des dogues sombres,

Nous démusèlerons les préjugés hurlants.

» Oui, l´échafaud est bon ; la guerre est nécessaire ;

Acceptez l´ignorance, acceptez la misère ;

L´enfer attend l´orgueil du tribun triomphant ;

10 L´homme parvient à l´ange en passant par la buse.

Notre gouvernement fait de force et de ruse

Bâillonnera le père, abrutira l´enfant.

» Notre parole, hostile au siècle qui s´écoule,

Tombera de la chaire en flocons sur la foule

15 Elle refroidira les coeurs irrésolus,

Y glacera tout germe utile ou salutaire,

Et puis elle y fondra comme la neige à terre,

Et qui la cherchera ne la trouvera plus.

Seulement un froid sombre aura saisi les, âmes ;

20 Seulement nous aurons tué toutes les flammes

Et si quelqu´un leur crie, à ces français d´alors

Sauvez la liberté pour qui luttaient vos pères !

Ils riront, ces français sortis de nos repaires,

De la liberté morte et de leurs pères morts.

25 « Prêtres, nous écrirons sur un drapeau qui brille

- Ordre, Religion, Propriété, Famille. -

Et si quelque bandit, corse, juif ou payen,

Vient nous aider avec le parjure à la bouche,

Le sabre aux dents, la torche au poing, sanglant, farouche

30 Volant et massacrant, nous lui dirons : c´est bien !

« Vainqueurs, fortifiés aux lieux inabordables,

Nous vivrons arrogants, vénérés, formidables.

Que nous importe au fond Christ, Mahomet, Mithra !

Régner est notre but, notre moyen proscrire.

35 Si jamais ici-bas on entend notre rire,

Le fond obscur du coeur de l´homme tremblera.

» Nous garrotterons l´âme au fond d´une caverne.

Nations, l´idéal du peuple qu´on gouverne,

C´est le moine d´Espagne ou le fellah du Nil.

40 A bas l´esprit ! à bas le droit ! vive l´épée !

Qu´est-ce que la pensée ? une chienne échappée.

Mettons Jean-Jacque au bagne et Voltaire au chenil.

» Si l´esprit se débat, toujours nous l´étouffâmes.

Nous parlerons tout bas à l´oreille des femmes.

45 Nous aurons les pontons, l´Afrique, le Spielberg.

Les vieux bûchers sont morts, nous les ferons revivre

N´y pouvant jeter l´homme, on y jette le livre ;

A défaut de Jean Huss, nous brûlons Gutenberg.

» Et quant à la raison, qui prétend juger Rome,

50 Flambeau qu´allume Dieu sous le crâne de l´homme,

Dont s´éclairait Socrate et qui guidait Jésus,

Nous, pareils au voleur qui se glisse et qui rampe,

Et commence en entrant par éteindre la lampe,

En arrière et furtifs, nous soufflerons dessus.

55 « Alors dans l´âme humaine obscurité profonde.

Sur le néant des coeurs le vrai pouvoir se fonde.

Tout ce que nous voudrons, nous le ferons sans bruit.

Pas un souffle de voix, pas un battement d´aile

Ne remuera dans l´ombre, et notre citadelle

60 Sera comme une tour plus noire que la nuit.

» Nous régnerons. La tourbe obéit comme l´onde.

Nous serons tout-puissants, nous régirons le monde

Nous posséderons tout, force, gloire et bonheur ;

Et nous ne craindrons rien, n´ayant ni foi ni règles...

65 - Quand vous habiteriez la montagne des aigles,

Je vous arracherais de là, dit le Seigneur !

8 novembre. Jersey.

:d) VIII A UN MARTYR :g)

On lit dans les Annales de la propagation de la Foi :

« Une lettre de Hong-Kong (Chine), en date du 24 juillet 1832, nous annonce que M. Bonnard, missionnaire du Tong-King, a été décapité pour la foi, le 1er mai dernier.

» Ce nouveau martyr était né dans le diocèse de Lyon et appartenait à la Société des Missions étrangères. Il était parti pour le Tong-King en 1849. »

I

Ô saint prêtre ! grande âme ! oh ! je tombe à genoux !

Jeune, il avait encor de longs jours parmi nous,

Il n´en a pas compté le nombre ;

Il était à cet âge où le bonheur fleurit ;

5 Il a considéré la croix de Jésus-Christ

Toute rayonnante dans l´ombre.

Il a dit : « C´est le Dieu de progrès et d´amour.

Jésus, qui voit ton front croit voir le front du jour.

Christ sourit à qui le repousse.

10 Puisqu´il est mort pour nous, je veux mourir pour lui ;

Dans son tombeau, dont j´ai la pierre pour appui,

Il m´appelle d´une voix douce.

» Sa doctrine est le ciel entr’ouvert ; par la main,

Comme un père l´enfant, il tient le genre humain ;

15 Par lui nous vivons et nous sommes ;

Au chevet des geôliers dormant dans leurs maisons,

Il dérobe les clefs de toutes les prisons

Et met en liberté les hommes.

» Or il est, loin de nous, une autre humanité

20 Qui ne le connaît point, et dans l´iniquité

Rampe enchaînée, et souffre et tombe ;

Ils font pour trouver Dieu de ténébreux efforts ;

Ils s´agitent en vain ; ils sont comme des morts

Qui tâtent le mur de leur tombe.

25 » Sans loi, sans but, sans guide, ils errent ici-bas.

Ils sont méchants, étant ignorants ; ils n´ont pas

Leur part de la grande conquête.

J´irai. Pour les sauver je quitte le saint lieu.

Ô mes frères, je viens vous apporter mon Dieu,

30 Je viens vous apporter ma tête ! »

Prêtre, il s´est souvenu, calme en nos jours troublés,

De la parole dite aux apôtres : - Allez,

Bravez les bûchers et les claies ! -

Et de l´adieu du Christ au suprême moment :

35 - Ô vivant, aimez-vous ! aimez. En vous aimant,

Frères, vous fermerez mes plaies. -

Il s´est dit qu´il est bon d´éclairer dans leur nuit

Ces peuples égarés loin du progrès qui luit,

Dont l´âme est couverte de voiles ;

4o Puis il s´en est allé, dans les vents, dans les flots,

Vers les noirs chevalets et les sanglants billots,

Les yeux fixés sur les étoiles.

II

Ceux vers qui cet apôtre allait l´ont égorgé.

III

Oh ! tandis que là-bas, hélas ! chez ces barbares,

45 S´étale l´échafaud de tes membres chargé,

Que le bourreau, rangeant ses glaives et ses barres,

Frotte au gibet son ongle où ton sang s´est figé ;

Ciel ! tandis que les chiens dans ce sang viennent boire,

Et que la mouche horrible, essaim au vol joyeux,

50 Comme dans une ruche entre en ta bouche noire

Et bourdonne au soleil dans les trous de tes yeux ;

Tandis qu´échevelée, et sans voix, sans paupières,

Ta tête blême est là sur un infâme pieu,

Livrée aux vils affronts, meurtrie à coups de pierres,

55 Ici, derrière toi, martyr, on vend ton Dieu !

Ce Dieu qui n´est qu´à toi, martyr, on te le vole !

On le livre à Mandrin, ce Dieu pour qui tu meurs !

Des hommes, comme toi revêtus de l´étole,

Pour être cardinaux, pour être sénateurs,

60 Des prêtres, pour avoir des palais, des carrosses,

Et des jardins l´été riant sous le ciel bleu,

Pour argenter leur mitre et pour dorer leurs crosses,

Pour boire de bon vin, assis près d´un bon feu,

Au forban dont la main dans le meurtre est trempée,

65 Au larron chargé d´or qui paye et qui sourit,

Grand Dieu ! retourne-toi vers nous, tête coupée !

Ils vendent Jésus-Christ ! ils vendent Jésus-Christ !

Ils livrent au bandit, pour quelques sacs sordides,

L´évangile, la loi, l´autel épouvanté,

70 Et la justice aux yeux sévères et candides,

Et l´étoile du coeur humain, la vérité !

Les bons jetés, vivants, au bagne, ou morts, aux fleuves,

L´homme juste proscrit par Cartouche Sylla,

L´innocent égorgé, le deuil sacré des veuves,

75 Les pleurs de l´orphelin, ils vendent tout cela !

Tout ! la foi, le serment que Dieu tient sous sa garde,

Le saint temple où, mourant, tu dis : Introïbo,

Ils livrent tout ! pudeur, vertu ! - martyr, regarde,

Rouvre tes yeux qu´emplit la lueur du tombeau ; -

80 Ils vendent l´arche auguste où l´hostie étincelle !

Ils vendent Christ, te dis-je ! et ses membres liés !

Ils vendent la sueur qui sur son front ruisselle,

Et les clous de ses mains, et les clous de ses pieds !

Ils vendent au brigand qui chez lui les attire

85 Le grand crucifié sur les hommes penché ;

Ils vendent sa parole, ils vendent son martyre,

Et ton martyre à toi par-dessus le marché !

Tant pour les coups de fouet qu´il reçut à la porte !

César ! tant pour l´amen, tant pour l´alleluia !

Tant pour la pierre où vint heurter sa tête morte !

Tant pour le drap rougi que sa barbe essuya !

Ils vendent ses genoux meurtris, sa palme verte,

Sa plaie au flanc, son oeil tout baigné d´infini,

Ses pleurs, son agonie, et sa bouche entrouverte,

95 Et le cri qu´il poussa : Lamma Sabacthani !

Ils vendent le sépulcre ! ils vendent les ténèbres !

Les séraphins chantant au seuil profond des cieux,

Et la mère debout sous l´arbre aux bras funèbres,

Qui, sentant là son fils, ne levait pas les yeux !

100 Oui, ces évêques, oui, ces marchands, oui, ces prêtres

A l´histrion du crime, assouvi, couronné,

A ce Néron repu qui rit parmi les traîtres,

Un pied sur Thraséas, un coude sur Phryné,

Au voleur qui tua les lois à coups de crosse,

105 Au pirate empereur Napoléon dernier,

Ivre deux fois, immonde encor plus que féroce,

Pourceau dans le cloaque et loup dans le charnier,

Ils vendent, ô martyr, le Dieu pensif et pâle

Qui, debout sur la terre et sous le firmament,

110 Triste et nous souriant dans notre nuit fatale,

Sur le noir Golgotha saigne éternellement !

5-8 décembre. Jersey.

vendo
vendo
Niveau 10
21 septembre 2005 à 16:58:05

Bah là il tape sur l´Eglise, quelles sont les parties que tu ne comprends pas ?

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