Sinon, t'as ça aussi, c'est pas vraiment évident, c'est de Pierre Ménès, éminent footballitologue contemporain.
"Bien sûr, Paris n'a pas perdu. Mais ce n'est pas loin d'être un petit miracle sur la physionomie d'un match qui était l'un des plus mauvais depuis longtemps. Et sans aucun doute le pire de l'ère Ancelotti. Alors comme d'habitude, Paris a réagi en seconde mi-temps . Mais de manière moins violente que mercredi dernier face à Lyon. Et puis de toute façon, ça ne fera aucunement oublier l'indigence d'un premier acte catastrophique.
Pas une passe potable, pas un décalage, pas une occasion… Rien. Le néant complet. Paris travaille peut-être beaucoup dans la semaine, fait de la diététique et du GPS… Moi ce que je vois, c'est une équipe qui n'avance pas (ou plus). Avant le repos, le PSG de Carlo m'a fait penser aux Bleus de Domenech : oui, il y a bien quatre joueurs offensifs, mais ils ne reçoivent aucune aide venant de derrière. Les deux milieux offensifs restent bien sagement devant la défense et n'apportent rien offensivement, à l'image d'un Thiago Motta transparent.
En face, Gillot avait surpeuplé son entrejeu avec un 3-5-2 compact et agressif qui a permis aux Girondins de bien remonter le ballon grâce à l'aisance technique de mecs comme Obraniak, Plasil et Maurice-Belay, dont la vitesse a fait mal à la défense parisienne. Résultat : Bordeaux a eu les meilleures occases : reprise du gauche et barre de Plasil, péno oublié pour le tacle de Tiéné sur Ben Khalfallah, tir de Diabaté et but du même Diabaté sur lequel Sakho s'arrête pour jouer la ligne. Une utilisation abusive du hors-jeu qui avait déjà gonflé Ancelotti à Caen.
Leo le pompier
Mamadou est loin de sa meilleure forme depuis plusieurs semaines et il n'est pas aidé par un Alex un peu plus rapide que Lugano mais qui reste un sacré tracteur. Ajoutez à ça un Pastore inexistant, un Nene dans le trou et un Hoarau buteur mais pas transcendant par ailleurs, et vous aurez une idée assez complète de la pauvreté de la prestation parisienne. Dans ces conditions, le nul n'est vraiment pas une mauvaise affaire pour le PSG.
On va encore me dire que je suis un anti-parisien de base, mais quand je ne m'étais pas esbaudi de la victoire face à Ajaccio malgré les quatre buts et les barres, ce n'était pas pour rien. Ajaccio avait beaucoup eu le ballon en deuxième mi-temps. Beaucoup trop. Et face à une équipe comme Bordeaux, plus expérimentée et plus athlétique, ça ne passe pas. Même un Montpellier pas folichon samedi soir parvient à se créer des occasions et à proposer un peu de jeu.
Paris, non. Ce n'est pas suffisant. Leo peut toujours jouer les pompiers de service et nous remettre sur le tapis les 12 nouveaux joueurs et le projet de jeu à long terme, il l'a avoué lui-même : "Ce n'est pas bon". Depuis sa prise de fonction, Ancelotti tient exactement la même moyenne de points que Kombouaré, qui n'avait ni Alex, ni Maxwell, ni Thiago Motta. On me dit qu'il a besoin de temps. Pourquoi pas. Mais alors pourquoi ne pas avoir fait preuve de la même mansuétude avec son prédécesseur français.
Trésor de guerre
Les deux matchs de l'après-midi n'ont pas été folichons. On résumerait le Toulouse-Auxerre au seul but - magnifique - de Tabanou pour son 100e match en Ligue 1 qu'on ne serait pas loin de la vérité. On sait depuis un moment que le Téfécé est beaucoup plus à l'aise à l'extérieur, quand il a de l'espace, que lorsqu'il doit faire le jeu à domicile. A fortiori face à une équipe comme Auxerre, qui s'est battue avec l'énergie du désespoir.
Des Bourguignons qui auraient d'ailleurs pu gratter un point s'ils avaient obtenu le pénalty qu'ils méritaient pour la faute évidente d'Abdennour sur Kossoko. Au final, ce n'est pas brillant mais ça fait trois points pour Toulouse, qui s'invite au banquet en revenant à trois points de Lille. Dijon est loin de ces préoccupations européennes, mais la victoire nette et sans bavure devant Caen doit largement suffire au bonheur des Bourguignons.
Les Normands sont vraiment branchés sur courant alternatif : transparents à Montpellier, très bons face à Paris, mauvais à Dijon. Alors certes, le premier but de Koné, inscrit du genou, est bien chanceux. Mais le second, signé Sankharé après un joli raid de Corgnet, ne doit rien à personne. Avec la victoire au Vélodrome, ça fait six points en deux matchs pour les joueurs de Carteron : à ce stade de la saison, c'est un trésor de guerre inestimable pour un candidat au maintien…
Pierrot"
J'ose pas imaginer le carnage si ça tombe aux concours. 