niper en ligne de mire
vendredi 13 février 2004.
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Le 5 novembre dernier, Nicolas Sarkozy était interpelé à l´Assemblée par une député UMP de Meurthe et Moselle, Nadine Morano, qui s´inquiétait de la tenue d´un concert du groupe de rap Sniper dans sa circonscription. Une semaine auparavant, c´est un syndicat de police qui l´alerta au sujet du contenu de leurs chansons. Devant les caméras, le ministre de l´intérieur s´engagea à porter plainte contre les textes « racistes, antisémites et injurieux » du groupe de rap. Or, après ce tohu-bohu médiatique, rien de concret n´est sorti de la place Beauvau. La plainte n´a toujours pas été déposée. Pour quelle raison ? L´implication de formations d´extrême droite dans la lutte contre Sniper en serait-elle la cause ? Par ailleurs, comment se fait-il qu´un produit marketing comme Sniper se soit retrouvé au centre d´enjeux politiques ?
En 2001, le groupe Sniper sortait son premier album intitulé Du rire aux larmes. Un disque de rap comme les autres, dans la lignée de ceux du ministère Amer et de NTM, c´est-à-dire jouant à fond la carte de la provocation contre les « fachos » et les flics. Finalement rien de très original. Sauf que le contenu des textes n´était pas du goût de tout le monde, notamment du FNJ, qui a été la première organisation à écrire des articles pour dénoncer les propos « racistes et anti-blancs » du quartet originaire du Val d´Oise. Comme à leur habitude, leur prise de position n´a pas engendré d´actions concrètes.
Il faut attendre le printemps 2003 pour qu´une campagne anti-Sniper digne de ce nom, orchestrée par les 2 formations identitaires, se mette en place. Mais avant d´aller plus loin, un bref rappel historique semble nécessaire. Souvenez-vous il y a un an et demi, Maxime Brunerie, membre du groupuscule d´extrême droite Unité Radicale, avait voulu assassiner notre président lors du défilé du 14 juillet . A la suite de quoi, l´organisation avait été dissoute par décret présidentiel du 6 août 2002. Fabrice Robert, alors président d´UR, décida de recréer 2 formations, l´une qui s´appellerait le Bloc Identitaire et dont il prendrait la tête, et l´autre destinée à accueillir les éléments les plus virulents et les moins contrôlables, les Jeunesses identitaires présidée par Philippe Vardon. C´est ce même Fabrice Robert que l´on retrouve à l´initiative de la campagne. Délaissant les techniques de propagande habituelles, il préféra adopter la stratégie employée par leurs adversaires de Ras l´front lors des concerts de groupes skinheads : campagnes médiatiques au niveau local, appels téléphoniques auprès des élus et des représentants de l´Etat, pression sur les organisateurs…