Descartes, dans quel sens emploies tu le terme "destin ? Je sais, je suis chiant, mais lorsque l´on fait de la philosophie ( ou pour moi, du droit), il faut être d´accord dès le départ sur le sens des mots que l´on emploie ( sinon, il y a confusion).
Si je regarde dans le dictionnaire, "destin" a 3 sens : cela peut être une puissance qui, selon certaines croyances fixerait de façon irrévocable le cours des évènements.
Cela peut encore être l´ensemble des évènements qui composent la vie d´un être humain, considérés comme résultant de causes distinctes de sa volonté.
Enfin, cela peut être le cours de l´existence considéré comme pouvant être modifié par celui qui la vit ( =existence, vie).
Si l´on se réfère au premier sens, cela renvoie à la conception qu´a chacun de Dieu : dans cette hypothèse, je ne rentrerai pas dans un débat qui ne peut être tranché ( car on ne peut pas prouver que Dieu existe, comme on ne peut pas prouver qu´il n´existe pas)
Si l´on se réfère au deuxième sens, destin est synonyme de hasard, d´extérieur. Dans ce cas, le destin existe, dans la mesure où l´on ne peut que contrôler ses actes, mais pas ceux de l´extérieur. On est donc dépendant dans une certaine mesure de l´extérieur, mais on peut également influer dans une certaine mesure sur cet extérieur.
Quant au troisième sens, il est plus large que le deuxième.
Si l´on se réfère à ces définitions, le destin existe, dans la mesure où l´on ne peut contrôler ce qui est extérieur à nous ( on ne peut que l´influencer, mais pas le contrôler).
Reprenons l´exemple de la merde de chien :
Le destin ( dans le premier ou le deuxième sens = hasard, l´extérieur, Dieu...) a voulu qu´à midi dix, un doberman ait déposé une crotte sur le trottoir.
Plusieurs hypothèse s´offrent à toi : tu passes à midi cinq à cet endroit = pas de crotte, donc pas d´incident.
Tu passes après midi dix : 2 hypothèses =
1) Tu n´es pas attentif, et tu marches dessus : le destin ( premier ou deuxième sens) a contribué à ce que tu aies de la merde sur ta chaussure.
2) Tu es vigilant, et par un magistral petit saut de côté, tu évites la crotte : ton destin ( dans le troisième sens=le cours de ta vie, tel que tu l´influences) aura été de ne pas marcher dedans.
On peut maîtriser son destin dans une certaine mesure ( ex. de la crotte : par tes actes, tu ne marches pas dessus), mais étant donné que l´extérieur comporte beaucoup trop d´inconnues pour soi, on ne peut pas tout prévoir, ni tout maîtriser : on est donc également dépendant du destin ( ex. réel : demain, je vais passer un entretien.
Aujourd´hui, je vais me préparer, pour essayer de mettre le maximum de chances de mon côté.
Mais il se peut tout aussi bien que celui qui me fera passer l´entretien ne soit pas dans un bon jour, ou qu´il me pose des questions que je n´aurais pas pu prévoir : je suis dépendant du destin, dans la mesure où je ne maîtrise pas tout ( dans tout, il y a une part de chance)).