Deux topics dans la même soirée, vous me direz que ça fait trop ? Peut-être bien, mais il y a cet auteur dont je voulais absolument parler. Il m'en est venu l'idée après avoir écouté "La ballade des dames du temps jadis", mise en musique par Brassens et écrite par, je vous le donne en mille... François Villon.
François Villon est donc le plus célèbre poète de la fin du Moyen-Âge. Donc, oui, ça date. Ça date même beaucoup. Mais bon, moi je dois dire que j'adore, même si je ne comprends pas toujours tout (remarquez que c'est tellement compliqué, qu'on se retrouve aujourd'hui avec des experts qui eux mêmes ne comprennent pas tout.)...
Enfin, ce n'est pas une raison pour ne pas le lire. Le but de ce topic est donc de partager nos avis sur le sujet avec les personnes qui aimeraient ou n'aimeraient pas Villon, et peut-être même d'initier les gens qui ne le connaîtraient pas du tout.
Un petit avant goût, donc !
La ballade des dames du temps jadis.
Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?
Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan ?
A noter que Villon était spécialiste de ce que l'on appelle la "Ballade", dont voilà la définition selon Wikipedia :
Initialement, la ballade est une forme fixe du lyrisme courtois de la fin du Moyen Âge ; le terme a connu un renouveau au xixe siècle, notamment grâce au mouvement du romantisme. Il est encore utilisé aujourd'hui sous sa forme initiale, comme dans l'œuvre de Jean Chollet, et non pas seulement sous forme d'un récit épique.