Né en 1887, mort en 1975, Saint-John Perse (de son vrai nom Alexis Leger) fut un diplomate français et surtout un grand homme de lettres, prix Nobel 1960 de littérature. Poète de l'épopée humaine, il ne se rattache pas à un courant particulier, et ses textes sont caractérisés par l'usage de versets portés par un souffle déplaçant les hommes et les peuples à travers les terres, les océans, et le temps.
Recueils :
- Éloges (1911)
- Anabase (1924)
- Exil (1943)
- Vents (1946)
- La Gloire des Rois (1948)
- Amers (1956)
- Chronique (1960)
- Oiseaux (1963)
- Chant pour un équinoxe (1975)
Extraits :
"Vieil homme aux mains nues,
remis entre les hommes, Crusoé !
tu pleurais, j'imagine, quand des tours de l'Abbaye,
comme un flux, s'épanchait le sanglot des cloches sur la Ville...
Ô Dépouillé!
Tu pleurais de songer aux brisants sous la lune;
aux sifflements de rives plus lointaines; aux musiques étranges qui naissent et s'assourdissent sous l'aile close de la nuit,
pareilles aux cercles enchaînés que sont les ondes d'une conque, à l'amplification de clameurs sous la mer..."
(Les Cloches)
Midi, sa foudre, ses présages ; Midi, ses fauves au forum,
et son cri de pygargue sur les rades désertes !...
- Nous qui mourrons peut-être un jour disons l'homme
immortel au foyer de l'instant.
L'Usurpateur se lève sur sa chaise d'ivoire. L'amant se
lave de ses nuits.
Et l'homme au masque d'or se dévêt de son or en l'honneur de la Mer."
(Dédicace)
"je m'en vais, ô mémoire! à mon pas d'homme libre, sans horde ni tribu, parmi le chant des sabliers, et, le front nu, lauré d'abeilles de phosphore, au bas du ciel très vaste d'acier vert comme en un fond de mer, sifflant mon peuple de
Sibylles, sifflant mon peuple d'incrédules, je flatte encore en songe, de la main, parmi tant d'êtres invisibles,
ma chienne d'Europe qui fut blanche et, plus que moi, poète."
(Poème à l'étrangère)
D'autres admirateurs ? 