Bonjour !
Je me tourne aujourd'hui vers vous car je ne parviens pas à régler un de mes problèmes seul.
Je vous explique : j'écris une saga de 6 tomes et je viens de terminer le tome 1. Ma mère et ma soeur l'ont lu, la dernière plus habituée aux livres fantastiques et étudiante en lettre moderne m'ayant vraiment affirmé que c'était d'un excellent niveau et qu'il fallait vraiment que j'aille au bout de mon idée : l'envoyer à un éditeur et tenter.
Après des dizaines de re-lecture, corrections, avis avisés (j'aime ce genre de répétition ^^) de ma mère et regard critique de celle-ci sur les fautes d'orthographe qui s'y trouvaient, j'ai pu imprimer mon manuscrit (sacrée grosseur !) et le faire relier avec mes coordonnées et tout ce qu'il faut pour l'envoyer.
Mais à tout hasard, j'ai relu quelques passages pour m'apercevoir qu'il restait toujours des fautes d'orthographe !!! cette découverte a entrainé un flot de réaction dont la suivante : depuis quelques jours, je suis dans un état d'abattement, et j'ai l'impression que tout ce que j'ai fait est absolument nul.
Ma question est la suivante (ou plutôt sont les suivantes car j'en ai deux) :
Vaut-il le cout de reprendre et de corriger ce qui reste ? Les éditeurs en tiennent-ils compte ? J'arrive quand même à m'apercevoir que mon travail ne peut pas être entaché par ces quelques erreurs.
Mon abattement est-il... "normal" ? Je veux dire, il semblerait que beaucoup d'auteurs aient ressenti un sentiment similaire, en étant sur le point d'envoyer leurs manuscrits. Dois-je donc m'en inquiéter, d'autant plus qu'à force de relire un livre, on perd de l'objectivité... (je le connais pratiquement par coeur, peut-être m'en suis-je... lassé ?)
Merci d'avance pour ceux qui me donneront des conseils.
Amicalement.
Je suppose que c'est normal oui. De toute façon, il serait préférable de le reprendre et de corriger les erreurs, oui.
Et puis bon, t'as rien à perdre en l'envoyant à des éditeurs, fait-le et puis c'est tout. ![]()
Bien sûr ! Mais le problème c'est que c'est une amie qui m'a relié mon livre... et puis j'étais si heureux, j'avais l'impression d'aboutissement, et là je découvre que le relier, tout ça, c'était pour rien puisqu'il faut que je le reprenne...
Ton sentiment est parfaitement normal.
On a tous vécu à différents niveaux cette impression d'avoir terminé un travail, de l'avoir parachevé avec une dernière correction, une dernière mise en page... avant de se rendre compte qu'il restait du boulot.
Quel type de reliure ton amie a-t-elle faite ? A la COREP, tu peux avoir une jolie reliure colle pour ~3€. ![]()
Et puis, c'est censé être un "manuscrit". Pourquoi ne pas prendre un stylo et corriger discrètement ?
Sinon si t'es prêt à payer un peu de ta poche (enfin en général c'est cher) et que t'es vraiment motivé tu sais qu'il existe des correcteurs professionnels? Tu leur envoie le machin et ils te corrigent les fautes d'orthographes et les tournures de phrases qui ont aucun sens et après t'as plus qu'à envoyer
Selon moi, il faut distinguer deux types d'insatisfaction par rapport à ses propres textes. L'une résulte d'un sentiment perfectionniste, et c'est normal. Beaucoup d'auteurs se déclarent insatisfaits de certains passages, et voudraient encore les travailler. Néanmoins il faut savoir s'arrêter car la perfection ne peut être atteinte, et surtout à force de refaire les phrases, celles-ci peuvent devenir ampoulées. D'où l'intérêt de laisser reposer son texte quelques mois sans y toucher, et le relire ainsi avec un oeil neuf plus tard. On peut effectivement trouver ainsi des phrases trop lourdes ou mal formulées que l'on n'avait pas aperçu durant la phase d'écriture.
L'autre type d'insatisfaction est plus terre à terre : ne pas savoir à qui envoyer son récit, comment réussir à le vendre. Or, à mon sens, les fautes d'orthographe en font partie et c'est tout à fait normal d'y remédier car il y a moyen d'obtenir un texte sans faute.
Après, cela dépend aussi du nombre de ces fautes d'orthographe et de leur importance. Il y a une différence entre oublier un accent circonflexe quelque part, et commettre une faute d'accord par page.
Personnellement je te conseille, si tu ne l'as pas encore fait, de mettre ton texte de côté un petit moment et de le resortir plus tard, et d'entamer alors une dernière relecture et correction, où tu analyseras phrase par phrase ton récit et débusqueras les quelques erreurs apparentes.
"Sinon si t'es prêt à payer un peu de ta poche (enfin en général c'est cher) et que t'es vraiment motivé tu sais qu'il existe des correcteurs professionnels? Tu leur envoie le machin et ils te corrigent les fautes d'orthographes et les tournures de phrases qui ont aucun sens et après t'as plus qu'à envoyer"
le problème c'est que j'ai 14 ans...
"Après, cela dépend aussi du nombre de ces fautes d'orthographe et de leur importance. Il y a une différence entre oublier un accent circonflexe quelque part, et commettre une faute d'accord par page."
on est bien d'accord.
"Personnellement je te conseille, si tu ne l'as pas encore fait, de mettre ton texte de côté un petit moment et de le resortir plus tard, et d'entamer alors une dernière relecture et correction, où tu analyseras phrase par phrase ton récit et débusqueras les quelques erreurs apparentes."
Je l'ai déjà fait et le problème de phrases a été résolu.
En fait, quand je disais qu'il restait des phrases bizarres, je voulais dire que j'en avais vu une totalement incompréhensible. Et une autre où j'avais sans faire expres écrit deux fois le même mot.
Mon amie l'avait fait gratuitement, elle a une machine, mais c'est une adulte et je ne lui demanderai pas deux fois, ça se fait pas... la prochaine fois, mes parents me le payeront, ils m'ont dit.
Et j'ai pris ma décision : je reprend.
Bon après pour ce qui est des maisons d'éditions etc, t'as raison de tenter mais faut quand même garder à l'esprit que niveau probabilité de publication ça reste assez décourageant. Pour autant que je sache seuls 2% des textes sont publiés (soit autour de 98% de refus chez les "grosses" maisons), faire de la fantasy/fantastique/science fiction diminue encore très nettement tes chances de publication (vu que la plupart des maisons d'éditions ciblent majoritairement les femmes autour de la cinquantaine, leur source principale de revenus qui explique au moins partiellement le succès démesuré de fifty shades of grey...), et que le fait d'avoir quatorze ans diminue encore très probablement tes chances (les deux seuls qui me reviennent en tête à avoir été publié à quinze ans sont marien defalvard, une sorte de génie geek littéraire français (et son livre a fait un bide parce qu'en fait il s'est avéré qu'il avait rien à dire malgré ses phrases incroyables) et le mec de Eragon qui a pu publier son texte parce que... sa famille possédait une maison d'édition...). En plus a quatorze ans c'est très difficile d'avoir le vécu suffisant et le niveau de langue nécessaire pour concurrencer les gens plus vieux (qui pour beaucoup écrivent depuis des années et ont lu des milliers de bouquins).
Cela dit, je salue totalement ton travail, écrire un livre entier (et prévoir d'en écrire six!) à l'age de quatorze ans ça démontre une volonté, une persévérance et une détermination que peu de gens ont à cet âge là (où plus tard) et qui te mènera surement loin par la suite (et quoi qu'il arrive tu as raison de tenter un envoi).
Je te dis juste ça parce que perso j'étais assez naïf plus jeune et j'avais tendance à avoir un peu l'impression d'aller de déceptions en déceptions à cause de ça (parce que j'en attendais toujours trop) et à assez mal vivre les échecs (au bout d'un moment quand tu passes des centaines d'heures sur des trucs pour zéros résultats, t'as tendance à craquer). Donc c'était juste pour te dire (sans vouloir te décourager totalement), que la norme aujourd'hui ça reste quand même le refus en règle générale...
"Mais à tout hasard, j'ai relu quelques passages pour m'apercevoir qu'il restait toujours des fautes d'orthographe !!! cette découverte a entrainé un flot de réaction dont la suivante : depuis quelques jours, je suis dans un état d'abattement, et j'ai l'impression que tout ce que j'ai fait est absolument nul."
==> T'inquiètes c'est un truc qui arrive constamment. En fait c'est même complètement impossible d'être objectif par rapport à un texte que t'as écrit toi même (d'où l'intérêt de le faire relire à quelqu'un de littérairement haut level et sans parti pris). C'est là que ça devient difficile, tu peux faire des phrases maladroites sans t'en rendre compte. Par exemple si je reprends ta phrase ci dessus (de "j'ai relu" à "absolument nul"), elle est syntaxiquement correcte, mais la tournure est légèrement lourde/maladroite. Trop de ronds de jambes pour dire quelque chose de simple, c'est quelque chose à éviter dans un livre (exemple de correction: "J'ai relu quelques passages pour m'apercevoir qu'il restait toujours des fautes d'orthographe. Ce constat m'a profondément abattu et j'ai l'impression que tout ce que j'ai fait jusqu'ici est absolument nul.)
"Mon abattement est-il... "normal" ? Je veux dire, il semblerait que beaucoup d'auteurs aient ressenti un sentiment similaire, en étant sur le point d'envoyer leurs manuscrits. Dois-je donc m'en inquiéter, d'autant plus qu'à force de relire un livre, on perd de l'objectivité... (je le connais pratiquement par coeur, peut-être m'en suis-je... lassé ?) "
==> Thomas Pynchon était connu pour continuer à apporter des modifications à son manuscrit jusqu'au jour même de l'envoi (et il devait pas être le seul). Le fait que tu sois "abattu" est parfaitement normal. Même quand on aime quelque chose, y a toujours des hauts et des bas. Pour avoir un projet de roman en cours moi même (depuis des plombes...), je sais que j'ai relu et réécrit les passages tellement de fois que j'en suis limite dégouté, j'en ai clairement assez de relire le machin mais c'est le prix à payer pour essayer de sortir quelque chose de correct. Et à chaque fois que je relis ce que j'ai écris je doute à chaque instant que le texte puisse jamais intéresser quiconque en dehors de moi même. Tant que t'es pas sur le marché, tu peux pas savoir (par exemple, quand je lis du houellebecq je suis consterné que ça puisse intéresser des gens, pourtant ça en intéresse et pas qu'un peu, preuve que c'est très personnel tout ça. Quand c'est ton texte, t'es encore plus biaisé.). La technique de "laisser reposer" peut être très utile comme l'ont conseillé certain forumeur (débouchant sur la fameuse situation du "c'est du génie" à la première relecture, puis sur un "mon dieu mais c'est complètement à chier" une semaine plus tard...)
Ton histoire m'a touché, vraiment. Je salue ton courage, et te souhaite bonne chance pour ton projet, je ne suis pas d'une grande aide, je sais pas trop quoi te dire, mais si j'étais à ta place je ne me laisserais pas abattre, même si j'imagine que ça doit être dur...
Courage !
"Je te dis juste ça parce que perso j'étais assez naïf plus jeune et j'avais tendance à avoir un peu l'impression d'aller de déceptions en déceptions à cause de ça (parce que j'en attendais toujours trop) et à assez mal vivre les échecs (au bout d'un moment quand tu passes des centaines d'heures sur des trucs pour zéros résultats, t'as tendance à craquer). Donc c'était juste pour te dire (sans vouloir te décourager totalement), que la norme aujourd'hui ça reste quand même le refus en règle générale..."
Oui t'inquiète je suis pas très naïf et tu m'apprends pas grand chose. ^^
"débouchant sur la fameuse situation du "c'est du génie" à la première relecture, puis sur un "mon dieu mais c'est complètement à chier" une semaine plus tard..."
ça ça m'a bien fait rire ^^
"Ton histoire m'a touché, vraiment. Je salue ton courage, et te souhaite bonne chance pour ton projet, je ne suis pas d'une grande aide, je sais pas trop quoi te dire, mais si j'étais à ta place je ne me laisserais pas abattre, même si j'imagine que ça doit être dur...
Courage !"
Si, ça m'aide, ça donne du courage, c'est du soutien, tout ça !