J'ai lu des livres assez "mainstream" jusqu'ici. Pas Harry Potter ou Werber, mais Le Meilleur des Mondes, Hamlet, L'Etranger, Dorian Gray, Maupassant, j'ai plutôt aimé.
Peut-être que l'adolescent que j'étais était impressionnable.
Mais j'ai perdu quelque goût à la lecture. Avant, j'enquillais quarante pages à l'heure, maintenant je peine à en lire dix, je compte les pages avant la fin de ce que je m'impose, parce que je trouve ça noble quand même, et que je me devrais d'aimer.
Devrais-je me forcer ? J'ai essayé de lire Le Voyage au bout de la Nuit par exemple, et je n'aimais pas vraiment.
Je trouvais que les idées sur la guerre n'avaient rien de surprenant.
La partie à Paris était un peu mieux, mais je m'en suis lassé, et puis j'ai arrêté. J'avais une impression d'acide périmé.
Je ne voyais pas vraiment l'intérêt. Quelques belles phrases, une ambiance mais qui ne se suffisait pas à elle même à mon goût. Je sentais que j'allais rapidement oublier.
C'est de ma faute ? Le changement est trop brutal des livres que j'ai cité à celui-ci ?
Et puis en général, je perds l'engouement de mon adolescence, perte exacerbée par la décrépitude de ma capacité à lire.
Pour les autres livres, c'est un peu pareil, mais il y en que j'ai quand même assez aimé dans cet état récent, même si ça gardait des airs de corvée, comme la métamorphose, Things Fall Apart..
Je devrais me forcer ? Ou bien vous avez des livres à me suggérer ? Merci.
Je te conseille de lire des livres avec plus d'intrigues et de rebondissements.
Je comprend que tu n'aies pas accroché à Voyage au bout de la nuit, moi j'ai beaucoup aimé mais je l'ai trouvé loin d'être fluide, et il a quelques passages moyens.
Deja jusqu'a ce que tu lises le Voyage, tu n'avais lu que des livres plutôt... Scolaires... pas mauvais (j'adore le meilleur des mondes, Oscar Wilde et Shakespeare bon...) mais accessible, la transition avec Celine n'est donc pas simple. De plus il me semble que tu lis plus pour le scénario et les "idées" alors que Celine se disait avant tout "styliste", l'histoire n'étant pour lui que secondaire, un matériau en quelque sorte...
Si tu lis pour les intrigues et rebondissements, commme dit précédemment, alors tu n'a pas dépasser un certain cap de la lecture qui te permet d'apprécier le style, et donc Celine, voila tout...
Merci, Durzo, ça clarifie les choses pour moi.
Je ne pense pas que la "lecture pour le style", donc pour la forme, soit un cap, c'est à dire un état qu'on pourrait atteindre avec de l'expérience ou un simple changement intérieur. Je trouve que c'est plutôt un trait de la personnalité, au même niveau que le fait d'aimer lire pour le contenu.
Mais plus généralement ça me parait être un tout combiné de la fond et de la forme et différent de la somme de ses parties, qui nous permet d'apprécier un livre.
_Vanaheim_
Posté le 24 juillet 2012 à 17:40:19
Je ne pense pas que la "lecture pour le style", donc pour la forme, soit un cap, c'est à dire un état qu'on pourrait atteindre avec de l'expérience ou un simple changement intérieur. Je trouve que c'est plutôt un trait de la personnalité, au même niveau que le fait d'aimer lire pour le contenu.
Mais plus généralement ça me parait être un tout combiné de la fond et de la forme et différent de la somme de ses
parties, qui nous permet d'apprécier un livre.
Permet moi de nuancer ton propos mais un enfant par exemple ne lit pas pour le style mais pour le contenu et l'histoire... C'est un peu caricatural ce que je dis mais c'est en continuant à lire que l'on parvient à apprécier le style des écrivains. Même si le "trait de la personnalité" que tu évoques est détérminant je te l'accorde ![]()
C'est vrai que Céline est difficile d'accès, peut-être parce qu'il a une démarche différente de celle de la plupart des écrivains, pour qui l'écriture est un moyen de narrer une histoire ou d'exprimer une idée. Chez Céline, c'est l'inverse: l'histoire ou l'idée ne sont que les moyens, et l'écriture la finalité.
Au final, j'ai presque envie de dire que Céline privilégiait la forme au fond, mais c'est sans doute une vision limitée de l'écriture célinienne, voire fausse. ![]()
Je parlais d'une personnalité adulte, un minimum mature, un adulte qui ne lit jamais peut très bien préférer la forme au fond, ou alors quelqu'un qui a beaucoup lu peut accorder davantage d'importance au fond, comme à son premier jour. L'expérience de la lecture ne sera pas intervenue pour cet état du coup, même si rien n'empêche la personne de changer de préférence lorsqu'il aura de l'expérience (dans le premier cas).
Personnellement j'adore l'écriture de Céline, et ne le trouve pas vraiment difficile d'accès (sachant que je ne lis pas beaucoup du tout).
Tu as lu lesquels de ses romans ?
Je suis entrain de lire le voyage.
Ça explique pourquoi tu le trouves facile d'accès, ses romans suivants sont autrement plus difficiles.
zeldor-le-grand
Posté le 24 juillet 2012 à 21:10:49
C'est vrai que Céline est difficile d'accès, peut-être parce qu'il a une démarche différente de celle de la plupart des écrivains, pour qui l'écriture est un moyen de narrer une histoire ou d'exprimer une idée. Chez Céline, c'est l'inverse: l'histoire ou l'idée ne sont que les moyens, et l'écriture la finalité.
Au final, j'ai presque envie de dire que Céline privilégiait la forme au fond, mais c'est sans doute une vision limitée de l'écriture célinienne, voire fausse.
Non c'est totalement vrai et pas du tout réducteur comme on peut l'enseigner dans un cadre scolaire ; Celine se voyait comme un barde, un musicien "raté" qui tente de faire entendre sa musique dans son écriture... C'est quand meme l'un des rares écrivains qui a le pouvoir de se faire reconnaître en une ligne.
Et crime et châtiment de Dostoïevski, c'est du style ? ![]()
Avant tout du contenu, malgré un très bon style.
"Au final, j'ai presque envie de dire que Céline privilégiait la forme au fond, mais c'est sans doute une vision limitée de l'écriture célinienne, voire fausse. "
Bien sûr qu'il privilégiait la forme au fond... mais comme tout écrivain digne de ce nom ! L'art ce n'est précisément que de la forme. Céline a un style unique, bien sûr, mais il n'a pas l'apanage du style.
durzo-blint
"Deja jusqu'a ce que tu lises le Voyage, tu n'avais lu que des livres plutôt... Scolaires... pas mauvais (j'adore le meilleur des mondes, Oscar Wilde et Shakespeare bon...) mais accessible"
Shakespeare accessible ?
Non Shakespeare était dans la brève parenthèse qui concernait mes goûts. Enfin Shakespeare c'est pas insurmontable non plus...
chaosleader2
Posté le 26 juillet 2012 à 11:19:02
"Au final, j'ai presque envie de dire que Céline privilégiait la forme au fond, mais c'est sans doute une vision limitée de l'écriture célinienne, voire fausse. "
Bien sûr qu'il privilégiait la forme au fond... mais comme tout écrivain digne de ce nom ! L'art ce n'est précisément que de la forme. Céline a un style unique, bien sûr, mais il n'a pas l'apanage du style.
Dans le travail du style je n'en trouve pas de meilleur...
Le voyage au bout de la nuit, même s'il n'en a pas l'air, est une oeuvre extrement profonde tant sur le plan philosophique que social. Je pense aussi que c'est un bouquin qui touche plus facilement ceux qui ont connus les pauvres ( attention, je dis pas que seul les pauvres peuvent comprendre Céline ) parce ce que ce qu'il te raconte t'attrape directement au coeur quand il décrit la ville de Clichy par exemple.
Au final, j'ai presque envie de dire que Céline privilégiait la forme au fond, mais c'est sans doute une vision limitée de l'écriture célinienne, voire fausse.
La forme est incroyable, mais le fond c'est du costaud aussi, hein. Le truc c'est que ce qu'il racontait et ce qu'il voulait dire, il n'aurait pas pu le dire avec un langage classique je pense.