Charles Bukowski.
Charles Bukowski sonne comme un vers. Un vers plein de vie, d'excès, d'alcool, de femmes, de sexe, de violence, mais aussi d'humanité, de souffrance, de tendresse et de sensibilité. Un vers qui sonne comme "les oiseaux bleus qui volent au dessus des arc-en-ciel".
Charles ou plutot Henry de son vrai prénom, ou Hank celui de son alter égo, est un romancier, nouvelliste et poète. Né en Allemagne en 1920, immigré très tôt aux Etats Unis, Charles a un style familier. Il parle comme l'américain moyen, toute en simplicité, mais touche directement le lecteur. Il a une écriture agressive, acide, parfois écoeurante, parfois touchante, souvent juste et réaliste.
Il décrit la vie, la folie de tout un chacun. La folie de tous les jours. La folie ordinaire. Les excès des gens, leurs gestes incompréhensibles, leurs rêves, leurs illusions. Il décrit beaucoup sa vie, son chemin de croix dans ce monde qu'il essaye de comprendre dans chaque situation. Il nous livre sans aucun compromis ce qu'il voit, ce qu'il fait. Il nous décrit ce qu'il ressent, ce que les autres ressentent. C'est parfois désagréable, c'est parfois douloureux mais toujours humain.
Son oeuvre est vaste, il nous parle de sa vie, dès ses premiers souvenirs et se termine dans un dernier journal intime sous la demande d'un ami, qu'il débute deux ans avant sa mort. Il a écrit une trentaine d'oeuvres, recueil de poèsie, de nouvelles ou romans, au nom plus poétique les uns que les autres. "Les jours s'en vont comme des chevaux sauvages". "Le capitaine est parti déjeuné et les marins se sont emparés du navire". "Souvenir d'un pas grand chose". Ou plus simplement "Women".
Quelques extraits rapides :
"Marie, Je t'aime. Tu es très bonne pour moi. Mais je dois partir. Je ne sais pas exactement pourquoi. Je suis fou, je crois. Au revoir.
J'ai appuyé le papier contre le téléviseur. Je ne me sentais pas bien. J'avais envie de pleurer. J'étais tranquille ici, j'étais tranquille et j'aimais ça. Jusqu'au fourneau et au Frigidaire qui avaient l'air humains, dans le bon sens du terme ; on aurait dit qu'ils avaient des bras et des bouches et qu'ils disaient : "Laisse aller, petit, il fait bon ici, il fera encore meilleur demain." J'ai retrouvé le reste du scotch dans la chambre. Je l'ai bu. [...] Arrivé à la porte, j'ai senti que si je la refermais ça serait pour toujours. Je l'ai fermé. C'était fini. Descentes des marches. J'étais seul à nouveau et tout le monde s'en foutait. [...] J'étais face au soleil et je marchais. J'avais soixante-quatorze cents en poche. Le soleil était parfait."
Un poème de Bukowski : Blue Bird : http://www.youtube.com/watch?v=mmWZOsVtqR0 (en anglais désolé)
Merci à toi vieux frère. Toi qui m'a donné envie d'écrire. De lacher (petit à petit) ce volcan que j'ai dans le coeur pour répandre le feu sur les feuilles et laisser la vie les bruler à grand feu. A feu ardent. Un feu vivant.
Santé à toi Hank !
Une coïncidence que t'en parles, je comptais justement découvrir cet auteur dans les jours à venir. Et petite anecdote, je crois qu'il a pas mal inspiré le personne de Hank Moody, dans Californication. Ce qui m'a choqué c'est surtout la photo de wikipédia.
Bel hommage fait à Bukowski, je ne peux que plussoyer. Auteur magique, donnant un goût prononcé pour la lecture à tous ses lecteurs. Un écrivain qui se vit.
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J'ai lu le Journal d'un vieux dégueulasse, et j'ai trouvé ça génial. C'est drôle, cru, bien raconté, il a du style.
Là, je viens de recevoir au Sud de nulle part et je trouve ça moyen. J'ai lu trois nouvelles (Tap tap contre le rideau, Solitude et Dr nazi) et j'ai trouvé ça extrêmement moyen, on dirait qu'il a perdu tout son talent entre temps.
ça s'améliore par la suite, c'est moi ou y a une grosse différence de niveau entre ces deux oeuvres ?
Pour au sud de nulle part, je l'ai pas lu, je l'ai reçu hier aussi. Donc je peux pas te dire.
Par contre j'ai lu quasiment tout le reste (du moins ce qu'on trouve en france) et le niveau est assez égale. Je me suis régalé vraiment avec "Nouveaux contes de la folie ordinaire" et "Souvenir d'un pas grand chose" qui sont pour moi les deux meilleurs.
Je te dirais ce que je pense du sud de nulle part dans la semaine quand je l'aurais bien entamé !
A voir sur youtube, son apparition à la télé française invité dans l'émission de Bernard Pivot "Apostrophes" où il s'illustre en buvant beaucoup et en finissant ivre, incapable de tenir debout seul.
Après avoir sifflé trois bouteilles de vin en direct sur le plateau, il se met à se désintéresser des autres invités et finit par les insulter. Avant qu'on l'escorte hors du plateau, tout le monde aura tenté de le faire taire, Bernard Pivot le premier : "Shut Up" mais surtout Cavanna : "Bukowski je vais te mettre mon poing dans la gueule"
Je viens de débuter Journal d'un vieux dégueulasse. J'en ai lu 4 chroniques et je trouve ça pas tant contestataire que ce qu'en dit le quatrième de couv'. Bien raconté ouais, rien à dire, même si comme toute lecture faut pas avoir la tête dans le cul pour apprécier.
Lisez Women, c'est un pur chef d'œuvre
Souvenir de pas grand choses m'a bien marqué aussi, et que dire de ses recueils de nouvelles...
C'est pour moi le plus grand écrivain du XXème siècle, après Céline.
Je me souviens plus des 4 premières chroniques (si c'est bien les 4 1ères) mais attends d'avoir tout lu, tu devrais pas être trop déçu !
Pour revenir sur "Au sud de nulle part", je suis un peu déçu aussi, pour l'instant c'est le moins bon que j'ai lu de Buk. Les histoires sont toujours au niveau, mais l'écriture non, on retrouve plus la poésie caustique des autres. Ca s'arrange peut être par la suite. cela dit ça n'enlève rien à son talent ni à la qualité de ses autres livres !
J'ai commencé "Au Sud de nulle part". C'est mon premier Bukowski, et pour l'instant, j'aime beaucoup.
A voir pour la suite.
J'ai lu "Au Sud de nulle part", et "Journal d'un vieux dégueulasse" il y a quelques semaines, et force est de constater qu'il m'en reste pas grand chose ![]()
Il se bourre la gueule, il a plus de thunes, il demande crédit au vendeur, il baise, il prend un job de merde, se fait virer de sa piaule, etc, infinite loop.
Menfin le personnage m'est sympathique, je continuerai à le lire.
Un type comme Fante m'a plus marqué par exemple.
Ah, sinon il m'a donné envie de me mettre à Dostoïevski et Céline.
Twosocks===> tu as peut être déjà lu ce livre, bukowski a consacré une œuvre à Celine, c'est pulp, je ne sais pas si cela t'intéresse...
On dirait du Larry Brown en plus dégueulasse...
J'ai lu un Larry Brown (92 jours) et on dirait pareil : un écrivain raté qui se se bourre la gueule tous les soirs, fait des virées entre potes, baise des gonzesses à tout va...
Sympa mais spécial.
J'ai dévoré l'année dernière Le Postier (sans doute mon préféré), Souvenirs D'Un Pas Grand Chose, Factotum, Au Sud De Nul Part et Pulp. Et hormis ce dernier, je préfère d'avantage ses récits autobiographiques, plus crus mais plus sincères aussi. Je me relis Pulp en ce moment, et l'aisance avec laquelle il parvient à nous imprégner dans cet univers avec sa prose si originale est vraiment saisissante je trouve. Et même si globalement les thèmes évoqués sont souvent les mêmes (cul, alcool, pauvreté et baston), il faut passer au-dessus de cette impression de déjà vu pour se laisser pleinement imprégner dans le contexte qui, lui, change constamment je trouve.
Dans le même esprit, en plus de Fante, Celine & co, il y a également Selby Jr, dont le Exit To Brooklyn peut rappeler l'oeuvre de Bukowski.
Bukowski à inventé une poésie brute de la vie, sans aucun artifice: peut être le plus grand écrivain contemporain.
j'ai une petite question à propos de Bukowski, ![]()
est-ce que il parle toujours de femmes et d'alcool dans ses livres ? si non les quels ?
j'ai acheté Women et compte de la folie ordinaire, que je n'est toujours pas commencé.
up !
Pourquoi uppes-tu alors que le topic était déjà en première position ?