Bonjour à tous,
J'ai vu que quelques topics du forum abordaient la question de l'édition ces derniers temps.
Je me permets un petit topic pour en parler, mais je ne suis pas trop motivé pour faire un long exposé, je vais donc me limiter aux lignes directrices.
Donc, en gros, à la base, il faut distinguer deux régimes de production : le production littéraire et la production commerciale.
La question n'est pas de savoir ce qui est littéraire ou non, on se limitera donc à considérer qu'est littéraire ce qui est reconnu comme tel par les personnes qui ont le pouvoir d'investir sur cette valeur, à savoir : quelques grosses maisons d'éditions, les jury des grands concours, les critiques universitaires... Sachant que tout ce petit monde est généralement en désaccord permanent sur la qualité de tel ou tel auteur... En effet, la question de la valeur en littérature est généralement très polémique.
Là-dessus, être un bon écrivain n'assure certainement pas un bon succès commercial, ces cas là restant effectivement le privilège de quelques-uns. On ne rentre pas facilement dans ce cercle très fermé qui obéit à ses propres codes. C'est un monde à part dans lequel tous les coups sont permis. Il faut savoir que la plupart des écrivains bancables le sont essentiellement en vertus de leur médiatisation, qui elle-même dépend en grande partie de la relation qu'entretient l'auteur avec ses éditeurs. En fait, un succès de librairie est en grande partie une question de médiatisation, les concours ne sont d'ailleurs là que pour ça. Pour obtenir une bonne couverture médiatique, soit il faut entrer dans les bonnes grâces d'un éditeur puissant, soit il faut surfer sur un effet de mode et avoir du talent en plus.
Concernant la production commerciale, elle est très vaste, pleine d'opportunités et, comme la mode, perpétuellement changeante...
Commençons par un chiffre. Pour 1000 manuscrits produit en France, un seul fera l'objet d'une publication traditionnelle. En gros, si vous écrivez un livre, vous avez une chance sur mille d'être publié. Vous avez statistiquement plus de chance d'obtenir le concours de l'ENA.
Ensuite, le genre valorisé par le marché dépend énormément de la mode. Au début de la décennie, c'était la biographie qui marchait, 90% des manuscrits produits en France étaient d'ailleurs des biographies (et autobiographies). Il y a quelques années, on remarquait une forte montée du livre régional, comme les romans qui mettent en scène un espace très localisé, avec des thématiques propres à chaque région pour un coté très "couleur locale". Aujourd'hui, les livres sur la cuisine cartonnent...