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Liste des sujets

A propos de l'édition...

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 15 novembre 2010 à 23:25:30

Bonjour à tous,

J'ai vu que quelques topics du forum abordaient la question de l'édition ces derniers temps.

Je me permets un petit topic pour en parler, mais je ne suis pas trop motivé pour faire un long exposé, je vais donc me limiter aux lignes directrices.

Donc, en gros, à la base, il faut distinguer deux régimes de production : le production littéraire et la production commerciale.

La question n'est pas de savoir ce qui est littéraire ou non, on se limitera donc à considérer qu'est littéraire ce qui est reconnu comme tel par les personnes qui ont le pouvoir d'investir sur cette valeur, à savoir : quelques grosses maisons d'éditions, les jury des grands concours, les critiques universitaires... Sachant que tout ce petit monde est généralement en désaccord permanent sur la qualité de tel ou tel auteur... En effet, la question de la valeur en littérature est généralement très polémique.

Là-dessus, être un bon écrivain n'assure certainement pas un bon succès commercial, ces cas là restant effectivement le privilège de quelques-uns. On ne rentre pas facilement dans ce cercle très fermé qui obéit à ses propres codes. C'est un monde à part dans lequel tous les coups sont permis. Il faut savoir que la plupart des écrivains bancables le sont essentiellement en vertus de leur médiatisation, qui elle-même dépend en grande partie de la relation qu'entretient l'auteur avec ses éditeurs. En fait, un succès de librairie est en grande partie une question de médiatisation, les concours ne sont d'ailleurs là que pour ça. Pour obtenir une bonne couverture médiatique, soit il faut entrer dans les bonnes grâces d'un éditeur puissant, soit il faut surfer sur un effet de mode et avoir du talent en plus.

Concernant la production commerciale, elle est très vaste, pleine d'opportunités et, comme la mode, perpétuellement changeante...

Commençons par un chiffre. Pour 1000 manuscrits produit en France, un seul fera l'objet d'une publication traditionnelle. En gros, si vous écrivez un livre, vous avez une chance sur mille d'être publié. Vous avez statistiquement plus de chance d'obtenir le concours de l'ENA.

Ensuite, le genre valorisé par le marché dépend énormément de la mode. Au début de la décennie, c'était la biographie qui marchait, 90% des manuscrits produits en France étaient d'ailleurs des biographies (et autobiographies). Il y a quelques années, on remarquait une forte montée du livre régional, comme les romans qui mettent en scène un espace très localisé, avec des thématiques propres à chaque région pour un coté très "couleur locale". Aujourd'hui, les livres sur la cuisine cartonnent...

tylerpitt
tylerpitt
Niveau 6
15 novembre 2010 à 23:37:36

Bravo, très bonne initiative (je trouve), très intéressant. Je n'y connais de toute façon rien, aussi je suis incapable de vérifier tes dires, dont je ne doute pas, bien sur. Voilà. Bonne nuit. :ok:

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 16 novembre 2010 à 10:41:11

Merci Tylerpitt,

Je continue avec un autre chiffre : 900, c'est à peu prêt le nombre de livres qui sont publiés en France sur la seule période de la rentrée littéraire. Imaginez simplement que pour tous les lire il faudrait quasiment lire 3 livres par jour pendant un an, et je parle des seuls livres publiés sur cette période de l'année. En conséquence, sans un minimum de médiatisation, même un très bon livre sera noyé dans la masse. C'est pourquoi il faut tout particulièrement soigné le choix du titre, de l'illustration s'il y en a une, de la quatrième de couverture, du pseudo d'auteur...
Toutes ces choses avec lesquels ont établi le premier contact avec une œuvre sont primordiales pour motiver l'acte d'achat. Vous réalisez également que même le plus spécialisé des magazines consacrés à l'édition ne peut pas commenter tous les livres, même en mal. Une critique polémique publiée dans la presse ou même sur un blog connu étant déjà un début de médiatisation.

Par ailleurs, il existe des recettes reconnues, être auteur n'est pas un métier mais c'est tout de même un travail. Bien souvent, un auteur est autant voir plus médiatisé pour ce qu'il diffuse de sa personne en dehors de ses écrits. Pensez aux déclarations polémiques d'un Houellebecq, aux chapeaux excentriques de Nothomb qui ont autant participé à les rendre célèbres que leurs productions.

A propos de Nothomb, par exemple, savez-vous qu'une grande partie de son temps est occupé à répondre au courrier de ses lecteurs ? Une fois par semaine elle se rend chez son éditeur et récupère une montagne de courrier auquel elle répond à la chaine en y consacrant de longues heures.

Pour devenir écrivain, il faut performer le modèle de l'écrivain, rester en contact avec la base, faire parler de soi... Il faut jouer un minimum le rôle que la masse attend d'un écrivain. Un mécanicien qui parlerait de son travail en déclamant des odes versifiées à la mécanique surprendrait son monde. De la même manière, un écrivain doit parler d'une certaine manière de la littérature, il y a une façon précise de jouer l'écrivain en France. Pensez singularité, modèle romantique...

Pour certains la figure même de l'écrivain est une pure construction sociale, une convention à laquelle il faut se plier pour correspondre un minimum à l'image que le publique en général se fait de ce que doit être un écrivain.

Nerghal
Nerghal
Niveau 9
16 novembre 2010 à 11:29:51

Sympa ce topic!

C'est marrant ce que tu racontes là parce-que quand je me promène dans les rayons de librairies ultra-connues, je remarque un bon nombre de bouses papéifiées thermocollées et je me dis à chaque fois que quand j'aurai le temps, j'écrirai et je serai -sûrement- publié.

Tu as bossé dans le monde de l'édition ?

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