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Haruki Murakami

1Q84
1Q84
Niveau 7
05 février 2010 à 23:42:42

Haruki Murakami est né à Kyoto en 1949, fils d’un enseignant de collège de littérature japonaise, il opte pour les arts théâtraux, étudie la tragédie grecque et souhaite devenir scénariste de cinéma. Après ses études universitaires à l’Université de Waseda, il est pendant huit ans responsable d’un bar de jazz à Tokyo dans le quartier de Kokubunji : LePeter Cat. Haruki reste un passionné des chats, ses seuls véritables amis pendant une enfance solitaire, cette amitié explique la présence invariable de cet animal dans sa littérature.

Cette expérience le nourrit à son insu et lui permet d’écrire son premier roman Écoute le chant du vent, publié au Japon en 1979, pour lequel il reçoit le en prix Gunzo. Ne supportant pas le conformisme de la société japonaise, il s’est exilé en Grèce, en Italie puis aux Etats-Unis où il enseigna à Princeton pendant quatre ans. Il devient le traducteur japonais de Fitzgerald, Raymond Carver et John Irving.

En 1955, suite au tremblement de terre de Kobe et à l’attentat du métro de Tokyo, il décide de rentrer au Japon. Ces tragédies inspirent le recueil de nouvelles Après le tremblement de terre.

Ses écrits (romans ou nouvelles) sont fréquemment fantastiques, ancrés dans une quotidienneté qui, subtilement, sort des rails de la normalité. Ayant vécu dans le sud de l’Europe (Grèce, Italie) puis aux États-Unis, l’influence occidentale est assez perceptible dans ses œuvres. Cela fait de lui un écrivain plus international que d’autres avec des références de la culture populaire mondiale tout en gardant un vécu japonais contemporain à ses personnages.

Les ouvrages de Murakami révèlent une forme de surréalisme très rafraichissante qui, en se fondant sur une mélancolique banalité quotidienne, arrivent à former des récits originaux. Il utilise cette idée du lien qui relie dans la pensée asiatique (bouddhisme, shintoïsme) tous les événements et les êtres. Une action provoque même de façon lointaine et indirecte une réaction dans l’instant, dans la réalité ou ailleurs, dans un autre monde que Murakami sait parfaitement rendre.

Au fil de ses romans, on retrouve des personnages étonnants tels que l’Homme Mouton ou le Colonel Sanders. L’âme humaine y est décortiquée, dans ses recoins parfois les plus intimes, de façon à ce que le lecteur soit emporté pour un voyage en lui-même, mais dans un cadre parfois loufoque.

La mélancolie lancinante de Murakami et ses analyses sociales en demi-teinte rappellent parfois un certain nombre de noms de la littérature nippone, tels que Soseki. On y retrouve de longues pensées d’êtres tiraillés, à la recherche de leur identité et abordant l’existence avec parfois une certaine anxiété.

:d) Bibliographie :g)

La Course du mouton sauvage, Seuil, 1990

La Fin des temps, Seuil, 1992

La Ballade de l’Impossible, Seuil, 1994

Danse, danse, danse, Seuil, 1995

Chroniques de l’oiseau à ressort, Seuil, 2001

Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil, Belfond 2002

Les Amants du Spoutnik, Belfond 2003

Après le tremblement de terre, 10/18

Kafka sur le rivage, Belfond 2006

Le Passage de la nuit, 10/18

L’éléphant s’évapore, 10/18

Autoportrait de l’auteur en coureur de fond, Belfond 2009

Plusieurs fois favori pour le prix Nobel de littérature, Haruki Murakami est aujourd’hui un auteur culte au Japon et son œuvre est traduite dans plus de trente pays. Il a reçu le titre de docteur honoris causa de l’université de Liège en 2007. Le 15 février 2009, il a également reçu le Prix Jérusalem pour la liberté de l’individu dans la société.

:d) Kafka sur le rivage :g)

Kafka Tamura, 15 ans, s’enfuit de sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcé contre lui. De l’autre côté de l’archipel, Nakata, un vieil homme amnésique décide lui aussi de prendre la route. Leurs deux destinées s’entremêlent pour devenir le miroir l’une de l’autre tandis que, sur le chemin, la réalité bruisse d’un murmure enchanteur. Les forêts se peuplent de soldats échappés de la dernière guerre, les poissons tombent du ciel et les prostituées se mettent à lire Hegel.

Conte initiatique du XXIème siècle, Kafka sur le rivage nous plonge dans une odyssée moderne et onirique au cœur du Japon contemporain. A la manière d’Emile Sinclair dans Demian ou de Holden Caulfield dans l’Attrape Coeur, Kafka Tamura part à la découverte de lui-même, dans une course effrénée : c’est en cherchant ailleurs que l’on apprend à se connaître.

Dans un style fluide, l’auteur japonais étudie les tourments de l’âme humaine et s’immisce dans nos propres turpitudes. Il se fait habile alchimiste tentant, à travers les mots, de trouver la porte d’entrée – « la pierre de l’entrée » – entre le monde matériel et le monde spirituel
On ressent une grande solitude dans les personnages de Kafka sur le rivage, malgré les liens qui se tissent entre eux. Chacun de nous, personnage ou lecteur, sommes condamnés à chercher seul une vérité qui nous est propre. Ce roman, d’un genre particulier, laisse une impression ambivalente : un inconfortable sentiment d’incompréhension, de désarroi, mais une irrésistible envie de faire confiance aux rencontres du hasard.

:d) Danse, danse, danse :g)

Persuadé qu’une ancienne rencontre l’y appelle en rêve, le narrateur, un publicitaire branché filles, bouffe et scotch,retourne séjourner dans un hôtel. Sur place, il constate que le modeste établissement s’est transformé en un palace d’une vingtaine d’étages. Ce qu’il va découvrir défie les règles de l’imagination. Une chose est sûre, sa vie a changé est c’est le plus important. Le héros, le même que celui de La course au mouton sauvage, poursuit sa quête fantastico-mystique, hallucinatoire et insomniaque. Il ne cesse de s’interroger sur le sens de la vie, les femmes qui le quittent et les gens qui traversent son existence, puis «repartent, encore plus usés de l’intérieur». Avec une forte dose d’autodérision, dans une langue enjouée et nerveuse, il raconte l’aigre-douceur de la solitude, la poignante amertume des jours qui se suivent et se ressemblent et l’absurdité du quotidien à laquelle on s’habitue mais qui, parfois, déclenche des fous rires. «Je me maintenais en vie tant bien que mal, mais je ne pouvais plus aller nulle part, raconte-t-il. J’avais perdu ce tremblement du cœur qui caractérise l’amour. Je ne savais plus ce que je cherchais.»

Mais au moment où tout semble désespéré, le fantastique fait irruption. Il retrouve l’ «homme-mouton», son initiateur vêtu d’une peau de mouton usée, dont le rôle est «de relier les choses pour qu’elles ne se dispersent pas». Sur ses conseils, il continue à avancer coûte que coûte. Sa vie s’accélère, les liens se tissent entre les événements, les rencontres et les morts mystérieuses, les imbroglios et les soubresauts du destin. Ayant épuisé le rêve, c’est la réalité qui l’attend au bout du chemin. Un roman qui nous emmène danser sur le fil toujours tenu de la réalité. Parce qu’il ne faut jamais s’arrêter de danser, toujours et encore, pour continuer à vivre. A l’image de ses titres, Murakami laisse à nouveau sa plume danser au gré des ses idées et nous transporte encore une fois dans des contrées sauvages jamais fouillées par âme humaine, faisant appel à notre souplesse et à notre ouverture.

:d) La Ballade de l’impossible :g)

Au cours d’un voyage en avion, le narrateur entend une chanson des Beatles : Norwegian Wood. Instantanément, il replonge dans le souvenir d’un amour vieux de dix-huit ans. Quand il était lycéen, son meilleur ami Kizuki s’est suicidé. Il avait une amie, Naoko. Ils étaient amoureux. Un an après ce suicide, le narrateur retrouve Naoko. Elle est incertaine et angoissée, il l’aime ainsi. Une nuit, elle lui livre son secret, puis disparaît.

Avec ce livre, c’est un aller simple pour le Japon que l’auteur nous propose. Mais un Japon poétique, lyrique, champêtre, hors du temps. Des instants d’innocence pure, de naïveté, telles des bulles d’oxygène, succèdent à d’autres, plus terre-à-terre, dures ou encore sexuels, lascifs, érotiques, mais jamais pornographiques. C’est tout l’art d’Haruki Murakami : sa description de certaines scènes très intimes ne suscitent qu’admiration et beauté tant la sincérité qui en découle écrase toute perversité. Tel un guide, le héros – seul et décalé dans un Tokyo grouillant – entraîne le lecteur dans ses différents amours. La fragilité des personnages est frappante et comme lui, le lecteur les apprécie, veut les aider, les connaître, leur colorer la vie. Sous forme de spleen, la toile de fond de ce roman : la mort, la dépression, le suicide chez les jeunes, laissent un goût amer. La jeunesse japonaise grandit avec difficulté ; et l’amour, la complicité, l’amitié profonde y semblent des bouées de sauvetage bien minces.
Le livre refermé, une tristesse latente nous envahit ; nous sommes seuls, entourés de visages imaginés, éphémères et éthérés, tels des fantômes nostalgiques.

Un magnifique roman aux attraits autobiographiques, d’une tendresse et d’une intensité érotique saisissantes.

http://www.laboiteasorties.com/2010/01/haruki-murakami/

max1742
max1742
Niveau 10
27 avril 2010 à 11:40:56

J'ai quasiment fini "la fin des temps", il me reste 30 pages, une broutille après 550 pages mais qu'est-ce que c'est dur !!

Partant d'une histoire originale et poétique, nous faisant découvrir deux héros, le premier, sorte d'informaticien embauché pour un étrange contrat, le second, personnage évoluant dans un monde étrange, rempli de licornes...

Murakami arrive à nous intriguer durant les premières centaines de pages puis le récit s'embourbe rapidement, un trajet sous terre durant bientôt 150 pages, d'un ennui mortel à déconseiller à tout claustrophobe, suivi d'un récit qui se s'alourdit vers la 450ème page, où là il ne se passe plus rien du tout !!

Me voilà donc avec mes 50 pages que je traine depuis maintenant plus d'un mois, j'ai lu trois livres entre temps et je prends mon courage pour finir le livre mais je n'en espère plus grand chose, un livre franchement décevant que je conseillerais à personne !!

Renge
Renge
Niveau 10
27 avril 2010 à 11:51:45

Arf ! La Fin des Temps était justement le prochain livre que je compte lire - après avoir terminé Fondation.

Et j'avoue que ton commentaire me surprend énormément, dans la mesure où je n'ai rien lu de véritablement négatif sur ce livre.

Bon, je verrais bien. Mais j'ai confiance. C'est Murakami.

Oni-tsugu
Oni-tsugu
Niveau 12
13 janvier 2013 à 11:26:23

Bonjour. Je souhaiterais me lancer dans la lecture d'un roman de Murakami seulement il y en pas mal et je ne sais pas lequel choisir. Alors si il fallait n'en retenir qu'un pour une première lecture, lequel me conseilleriez vous ? Merci ^^

Bittenfeld
Bittenfeld
Niveau 9
13 janvier 2013 à 22:25:00

Non mais c'est de la littérature japonaise.

Il n'y a que les snobs qui veulent se la jouer ouverts et cultivés qui acceptent de se taper des centaines et des centaines de pages de ces trucs illisibles pour un occidental.

FmA93
FmA93
Niveau 10
13 janvier 2013 à 22:27:33

Mais tu les as lus ?

Pseudo supprimé
Pseudo supprimé 13 janvier 2013 à 22:29:42

Attends, ne lui en demande pas trop quand même. :hap:

Bittenfeld
Bittenfeld
Niveau 9
13 janvier 2013 à 22:45:05

J'ai lu Kafka sur le Rivage, comme tout le monde.
J'ai fuckingment rien compris, comme tout le monde.

Oni-tsugu
Oni-tsugu
Niveau 12
14 janvier 2013 à 01:44:32

Okay mais sinon pour ma question ? Parce que là ça troll un peu quand même :p

Quelqu'un d'un peu open minded pour me répondre ? :)

Merci.

WithinSuffering
WithinSuffering
Niveau 10
14 janvier 2013 à 07:52:01

J'ai "Kafka sur le rivage" trônant sur mon étagère.

Sachant que je suis débutant et que je me sens perdu dès qu'il y a des éléments que je ne comprends pas, vous pensez qu'il vaudrait mieux que j'attende d'avoir plus d'expérience en la matière pour m'y attaquer ?

Vitrier
Vitrier
Niveau 3
14 janvier 2013 à 15:43:05

J'ai pas lu kafka sur le rivage mais La course c'est plutôt facile a lire justement

Vitrier
Vitrier
Niveau 3
14 janvier 2013 à 15:43:34

La course au mouton sauvage*

-M-E-L-K-O-R-
-M-E-L-K-O-R-
Niveau 7
14 janvier 2013 à 16:16:13

Oni-Tsugu, j'ai lu,et même relu pour certains,tous les livres traduits en Français:
La Course du mouton sauvage
La Fin des temps
La Ballade de l'impossible
Danse, danse, danse
Chroniques de l’oiseau à ressort
Au sud de la frontière, à l’ouest du soleil
Les Amants du Spoutnik, Belfond
Après le tremblement de terre
Kafka sur le rivage, Belfond
Le Passage de la nuit
L’éléphant s’évapore
Autoportrait de l’auteur en coureur de fond
1Q84 1,2,3.

J'ai adoré "Kafka sur le rivage" que je relis en ce moment.
"Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" est très beau également.
Mon préféré est "Danse,Danse,Danse", mais je te conseille de lire la trilogie "1Q84" en premier, elle est géniale.

Oni-tsugu
Oni-tsugu
Niveau 12
14 janvier 2013 à 19:44:18

Merci Morgoth euh -M-E-L-K-O-R pardon :p)

Ouais j'ai vu pour la trilogie apparemment ça cartonne mais juste je voulais voir pour un petit roman tranquille histoire de me mettre dans le bain avant d’éventuellement me lancer dans 1Q84.

Du coup peut être "Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" peut être ?

Sinon "La ballade de l'impossible" ça vaut le coup ?

M-E-L-K-O-R
M-E-L-K-O-R
Niveau 5
14 janvier 2013 à 20:44:31

"Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil" et "La ballade de l'impossible" sont assez proches l'un de l'autre, j'ai préféré le premier.
Ils sont bon tous les deux.

"Le passage de la nuit" est court, lis-le en une nuit ou deux, mais je ne pense pas qu'il faille aborder Murakami par celui-là.

"Auto-portrait de l'auteur en coureur de fond" est bien mais n'a rien à voir avec le reste de l'oeuvre ce n'est pas un roman.
L'écrivain y fait l'apologie de la copurse à pied élevée en art de vivre.
Particulier mais enrichissant.
Cette oeuvre n'apporte néanmoins pas ce qu'apportent ses romans...des sensations profondes mélées de pensées troubles et introspectives.

"Danse,Danse,Danse" est mon préféré car je n'ai pas eu de mal à me projeter dans les états d'âmes du personnage.Je me suis retrouvé dans les grandes largeurs de son quotidien et de ses questionnements.
Un délice.

M-E-L-K-O-R
M-E-L-K-O-R
Niveau 5
14 janvier 2013 à 20:47:31

Je ne relève pas le surnom dont m'ont affublés ces pauvres Elfes :ok: , Oni-Tsugu.

Oni-tsugu
Oni-tsugu
Niveau 12
14 janvier 2013 à 22:11:48

Okay merci, pour les précisions -M-E-L-K-O-R, toi le plus puissant des Ainur :p

Je penses que je commencerais par au sud de la frontière, à l'ouest du soleil. Puis on verra par la suite ^^.

M-E-L-K-O-R
M-E-L-K-O-R
Niveau 5
16 janvier 2013 à 19:42:13

Exact, je suis le plus puissant et le plus doué des Aratar...mais mon frère Manwe pourrait devenir aussi puissant que moi s'il acceptait de passer du côté obscur. :diable:

Je t'encourage à commencer par le livre que tu cites, je l'ai beaucoup aimé, et il est trés représentatif de l'oeuvre d'Aruki Murakami.
Cet auteur est un homme bourré de talent, c'est mon auteur préféré depuis que je l'ai découvert, je ne me lasse pas de le lire.

Vas-y, fonce dans son imaginaire, tu en sera comblé...ou dégouté, il n'inspire pas de sentiments tièdes. :ok:

Cirdan18
Cirdan18
Niveau 4
03 septembre 2013 à 13:43:17

Je suis Melkor.
J'ai lu "UNDERGROUND", le dernier ouvrage d'Aruki Murakami.

Ce n'est pas un roman, mais la somme d'interview que Murakami a enregistré suite à l'attentat au gaz sarin commi dans le metro de Tokyo en 1996.

C'est terrifiant.

Je le conseille vivement,pour comprendre ce qui c'est passé lors de cette tragédie,et c'est aussi une bonne peinture de la société japonaise contemporaine...

TheGreenMonkey
TheGreenMonkey
Niveau 10
03 septembre 2013 à 14:38:33

J'ai lu que kafka sur le rivage, j'ai adoré.

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