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Lenny__Bar
Lenny__Bar
Niveau 8
30 septembre 2008 à 18:54:59

Connaissez-vous des incontournables dans la littérature sombre ?

[Minimus]
[Minimus]
Niveau 10
30 septembre 2008 à 19:04:53

T'entends quoi par "sombre" ? Des romans d'horreur ? Si c'est ça, y'a les Stephen King, ou Lovecraft dans un style plus... onirique ^^

Lenny__Bar
Lenny__Bar
Niveau 8
30 septembre 2008 à 19:08:05

Non par sombres, j'entends pas horreur, mais bien sombre enfin, gothique si on veut, une sorte de romantisme noir.

magic_mushrooms
magic_mushrooms
Niveau 10
01 octobre 2008 à 06:32:36

Entretien avec un vampire, d'Anne Rice.

Don-Alexei
Don-Alexei
Niveau 8
01 octobre 2008 à 20:46:17

bah les bons classqiues Dracula de Bram Stoker et Frankenstein de Mary Shelley bien-sûr. Aussi Edgar Alan Poe c'est plutôt sombre dans le genre.

Masochisme
Masochisme
Niveau 5
02 octobre 2008 à 09:16:54

"Melmoth l'errant" de Maturin, "Les Elixirs du Diable" de Hoffmann, "Les Mystères d'Udolphe" de Radcliffe, "Le Moine" de Lewis, "Justine" de Sade :( , le "Château d'Otrante" de Walpole... et peut-être les contes cruels de Villiers de l'Isles Adam, dans un genre différent. :(

Sinon Dracula c'est bien mais pour le coup je suis d'accord avec Crowley, Stoker est un bigot et son oeuvre est manichéenne. :(

zoldik_92
zoldik_92
Niveau 8
06 octobre 2008 à 19:44:42

un inévitable de ce que tu appelle la littérature sombre c'est Lautréamont, les Chants de maldoror.
C'est assez dur à lire (c'est un peu bizarre), mais c'est magnifique. En fait c'est de la poésie qui raconte l'histoire d'un vampire qui aime à tuer les gens avec souvent des détails très pointus, surtout les enfants

sinon y a une nouvelle de Gaultier avec l'histoire d'un prêtre qui tombe amoureux d'un vampire (féminin)
les POE ! grande littérature
quelques nouvelles de Villiers de lisle Adam (qui s'est inspiré de Poe pour ses nouvelles fantastiques)
et les nouvelles de Gustav Meyrink, un auteur praguois que j'adore
voila
(puis comme vrai romantisme noire y a Nerval (il s'est suicidé en s pendant à un porteau de Paris la nuit))

Masochisme
Masochisme
Niveau 5
07 octobre 2008 à 12:24:31

zoldik_92 Posté le 06 octobre 2008 à 19:44:42
un inévitable de ce que tu appelle la littérature sombre c'est Lautréamont, les Chants de maldoror.
C'est assez dur à lire (c'est un peu bizarre), mais c'est magnifique. En fait c'est de la poésie qui raconte l'histoire d'un vampire qui aime à tuer les gens avec souvent des détails très pointus, surtout les enfants

:d) "Les Chants de Maldoror" est une des plus grandes oeuvres de tous les temps et mon oeuvre favorite dans tous les domaines confondus! :)

Je ne peux donc qu'approuver. :oui: Lautréamont était un génie... par contre ton résumé est un peu prosaïque et résume mal l'esprit du bouquin. :(

Masochisme
Masochisme
Niveau 5
07 octobre 2008 à 12:29:42

"Il n'était pas menteur, il disait la vérité et avouait qu'il était cruel."

Masochisme
Masochisme
Niveau 5
07 octobre 2008 à 12:30:39

Ce qui est fort dans les chants de Maldoror c'est que Ducasse a réussi à atteindre la quintessence poétique et le génie à pratiquement chaque phrase. :bave: :(

zoldik_92
zoldik_92
Niveau 8
07 octobre 2008 à 17:02:25

oui je sais j'ai un peu abrégé et mal rendu compte de l'esprit du bouquin (1° impossible à rendre compte car de la poésie comme ça ca s'explique difficilement2° pour expliquer pourquoi c'est un roman sombre3° je faisais 2 choses en même temps)désolé masochisme de t'avoir vexé  ( :rire:

d'ailleurs étant donné que c'est un bouqin assez difficile, j'ai des fois du mal à suivre (je me suis arrété au chant 2) mais le vampire est-ce que c'est le narrateur ?

donc Lautréamont les Chants de Maldoror, c'est de la prose poétique, dans un style qui rappelle le romantisme et qui vante la beauté du mal (comme l'avait fait Baudelaire) mais d'une façon encore plus cruelle et morbide, et même plus "barbare". C'est difficilement accessible (je me trompe ?) mais c'est une oeuvre absolumment magnifique.
J'espère que ce résumé te va mieux

zoldik_92
zoldik_92
Niveau 8
07 octobre 2008 à 17:06:26

voila un extrait du Chant 1 (pris sur Wikisource)

On doit laisser pousser ses ongles pendant quinze jours. Oh ! comme il est doux d’arracher brutalement de son lit un enfant qui n’a rien encore sur la lèvre supérieure, et, avec les yeux très-ouverts, de faire [ page ]semblant de passer suavement la main sur son front, en inclinant en arrière ses beaux cheveux ! Puis, tout à coup, au moment où il s’y attend le moins, d’enfoncer les ongles longs dans sa poitrine molle, de façon qu’il ne meure pas ; car, s’il mourait, on n’aurait pas plus tard l’aspect de ses misères. Ensuite, on boit le sang en léchant les blessures ; et, pendant ce temps, qui devrait durer autant que l’éternité dure, l’enfant pleure. Rien n’est si bon que son sang, extrait comme je viens de le dire, et tout chaud encore, si ce ne sont ses larmes, amères comme le sel. Homme, n’as-tu jamais goûté de ton sang, quand par hasard tu t’es coupé le doigt ? Comme il est bon, n’est-ce pas ; car, il n’a aucun goût. En outre, ne te souviens-tu pas d’avoir un jour, dans tes réflexions lugubres, porté la main, creusée au fond, sur ta figure maladive mouillée par ce qui tombait des yeux ; laquelle main ensuite se dirigeait fatalement vers la bouche, qui puisait à longs traits, dans cette coupe, tremblante comme les dents de l’élève qui regarde obliquement celui qui est né pour l’oppresser, les larmes ? Comme elles sont bonnes, n’est-ce pas ; car, elles ont le goût du vinaigre. On dirait les larmes de celle qui aime le plus ; mais, les larmes de l’enfant sont meilleures au palais. Lui, ne trahit pas, ne connaissant pas encore le mal : celle qui aime le plus trahit tôt ou tard… je le devine par analogie, quoique j’ignore ce que c’est que l’amitié, que l’amour (il est [ page ]probable que je ne les accepterai jamais ; du moins, de la part de la race humaine). Donc, puisque ton sang et tes larmes ne te dégoûtent pas, nourris-toi, nourris-toi avec confiance des larmes et du sang de l’adolescent. Bande-lui les yeux, pendant que tu déchireras ses chairs palpitantes ; et, après avoir entendu de longues heures ses cris sublimes, semblables aux râles perçants que poussent dans une bataille les gosiers des blessés agonisants, alors, t’ayant écarté comme une avalanche, tu te précipiterais de la chambre voisine, et tu feras semblant d’arriver à son secours. Tu lui délieras les mains, aux nerfs et aux veines gonflées, tu rendras la vue à ses yeux égarés, en te remettant à lécher ses larmes et son sang. Comme alors le repentir est vrai ! L’étincelle divine qui est en nous, et paraît si rarement, se montre ; trop tard ! Comme le cœur déborde de pouvoir consoler l’innocent à qui l’on a fait du mal : « Adolescent, qui venez de souffrir des douleurs cruelles, qui donc a pu commettre sur vous un crime que je ne sais de quel nom qualifier ! Malheureux que vous êtes ! Comme vous devez souffrir ! Et si votre mère savait cela, elle ne serait pas plus près de la mort, si abhorrée par les coupables, que je ne le suis maintenant. Hélas ! qu’est-ce donc que le bien et le mal ! Est-ce une même chose par laquelle nous témoignons avec rage notre impuissance, et la passion d’atteindre à l’infini par les moyens même les plus [ page ]insensés ? Ou bien, sont-ce deux choses différentes ? Oui… que ce soit plutôt une même chose… car, sinon, que deviendrai-je au jour du jugement ! Adolescent, pardonne-moi ; c’est celui qui est devant ta figure noble et sacrée, qui a brisé tes os et déchiré les chairs qui pendent à différents endroits de ton corps. Est-ce un délire de ma raison malade, est-ce un instinct secret qui ne dépend pas de mes raisonnements, pareil à celui de l’aigle déchirant sa proie, qui m’a poussé à commettre ce crime ; et pourtant, autant que ma victime, je souffrais ! Adolescent, pardonne-moi. Une fois sortis de cette vie passagère, je veux que nous soyons entrelacés pendant l’éternité ; ne former qu’un seul être, ma bouche collée à ta bouche. Même, de cette manière, ma punition ne sera pas complète. Alors, tu me déchireras, sans jamais t’arrêter, avec les dents et les ongles à la fois. Je parerai mon corps de guirlandes embaumées, pour cet holocauste expiatoire ; et nous souffrirons tous les deux, moi, d’être déchiré, toi, de me déchirer… ma bouche collée à ta bouche. Ô adolescent, aux cheveux blonds, aux yeux si doux, feras-tu maintenant ce que je te conseille ? Malgré toi, je veux que tu le fasses, et tu rendras heureuse ma conscience. » Après avoir parlé ainsi, en même temps tu auras fait le mal à un être humain, et tu seras aimé du même être : c’est le bonheur le plus grand que l’on puisse concevoir. Plus tard, tu pourras le mettre à l’hôpital ; [ page ]car, le perclus ne pourra pas gagner sa vie. On t’appellera bon, et les couronnes de laurier et les médailles d’or cacheront tes pieds nus, épars sur la grande tombe, à la figure vieille. Ô toi, dont je ne veux pas écrire le nom sur cette page qui consacre la sainteté du crime, je sais que ton pardon fut immense comme l’univers. Mais, moi, j’existe encore !

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