Dès Howard ("Conan"), tu trouves de l´érotisme dans la fantasy. Les gros barbares qui se baladent dans le blizzard en pagne en explosant des monstres avec leur épée King Size (Krän style), ce n´est jamais très loin des elfettes et princesses en petite tenue.
Sinon, oui, il y a parfois un aspect érotique chez Moorcock, mais si je devais vraiment conseiller une série de dark fantasy avec un aspect érotique, je crois que je resterais muet, parce qu´aucune ne me vient à l´esprit (j´en suis pourtant passionné, de dark fantasy, et j´en écris !) . L´élément érotique n´est jamais véritablement important, excepté, souvent, dans les mauvais, mauvais, très mauvais bouquins du genre ("L´Épée de Vérité" ?) , qui sont à Robin Hobb, par exemple, ce que le roman de gare est à Hemingway.
Sinon, dire que "Un chant de glace et de feu" ("Le Trône de Fer" pour ceux qui tiennent absolument à utiliser l´affreux titre français) est de l´anti-fantasy... ça se tient, dans la démarche, mais sur le fond, je ne suis pas d´accord.
Le continent de Westeros se situe dans un univers méd-fan tout ce qu´il y a de plus classique, avec des dragons liés à une lignée d´hommes-dragons aux mystérieux pouvoirs, héritiers d´une antique civilisation, qui font régner une tyrannie sur un pays qu´un mur gigantesque tente de protéger de zombies glacés... Dans ce monde divisé en seigneuries prises dans un jeu éternel d´alliances, d´escarmouches et de trahisons, s´affrontent d´anciens dieux et surtout deux forces primordiales, la Glace et le Feu. Mais Robert Baratheon, accompagné de quelques seigneurs qui lui sont fidèles, va se dresser contre la tyrannie et renverser les rois-dragons aux cheveux d´argent et aux yeux violacés...
C´est de la fantasy jusque dans ses moindres recoins !
La force des romans de George R.R. Martin, au final, c´est de ne pas tant s´intéresser à la juste bataille qu´à ses répercussions. À la manière d´un Herbert qui continuera son Cycle de Dune bien après la fin du Kwizatch Haderach, Martin traite les conséquences plus ou moins sanglantes des affrontements passés sur des décennies, voire plus. Et il s´attache davantage à la proximité humaine, à un quotidien dénué de magie et débordant de violence, qu´à une quelconque trame grandiloquente.