Bon, ben il serait temps que je me mette à jour
Le 20 juillet 2016 à 15:32:52 BradPriwin a écrit :
Je suppose que d'autres l'avaient remarqué mais il y a une grosse référence à la Horde du Contrevent dans Life Is Strange Episode 1 ! J'ai vu dans les crédits que Alain Damasio avait été consultant pour le jeu
Je n'ai pas encore jouer à Life is strange donc je n'ai pas vu la référence mais tu sais A. Damasio à rédiger l'histoire et le scénario de Remember me car il est cofondateur de Dotnod Game si je ne me trompe pas...
Hahahahah ! Je l'ai ! J'ai hâte de le dévorer ! Je commence demain !
Il faut lire avec la musique ?
Vous avez pas des trucs de dernière seconde à dire avant que je le commence ? je checkerais le fofo demain.
CET avis contient des SPOILERS
Je viens de terminer ce bouquin dont j'avais beaucoup entendu parler, en bien la plupart du temps, j'ai moi même aimé l'expérience par moments, même si je n'ai franchement pas été également convaincu tout du long et si l'extrême fin m'a franchement dérouté, enchanté, puis profondément déçu dans les dernières lignes, j'ai été balloté continuellement entre déception et surprise satisfaite, la déception prenant malheureusement le pas dans une considération globale.
Ce que j'ai aimé c'est l'éclat de certains instants décisifs, ces nombreux points de non-retour que traversent les personnages, l'évolution qu'ils sont forcés de subir pour survivre tout en continuant leur quête face à l'adversité absurde. Il y a La mort de Caracole et de tous ceux qui meurent, surtout à partir de Norska et de ces montagnes glacées, où leur quête se métamorphose à chaque pas et où leurs croyances les plus fortes sont mises à mal, où ils doivent se réinventer tout en allant vers une mort probable et inutile .
J'ai aussi aimé la manière d'habiter certains personnages avec cette narration adaptée à chaque champ lexical, quoique je n'ai pas ressenti grand différence entre l'expression de Sov et de Pietro ou même d'Oroshi, je trouve le personnage du Golgoth très très viscéral dans son écrite, très touchant, crédible et presque palpable, ainsi que Caracole qui étonne franchement et a une vraie singularité qui se développe notamment dans son rapport à Sov et aux quelques autres initiés tels qu'Oroshi.
Donc si je devais résumer ce qui m'a plu, ce serait les fulgurances de ce récit, les instants de puissance qui s'en dégagent.
Passons à ce qui m'a déplu et c'est étrange je trouve car ces problèmes sont selon moi intimement liés avec les réussites du livre.
J'ai eu l'impression que ce roman a été écrit impulsivement, pas dans le bon sens du terme. Comme si ce qu'on avait sur le papier était du pensé, directement écrit sans trop réfléchir, au service de la partie philosophique. Et je pense que c'est ce qui donne cette fulgurance que j'ai aimée, j'ai l'impression que le "pensé" d'Alain Damasio balancé sur papier résulte en des choses que j'aime vraiment et d'autres que je n'aime pas vraiment voire pas du tout.
Ça donne donc un univers que j'ai trouvé à la fois trop décrit et pas assez, aux technologies bancales qui inspirent les pires facilités d'un scénario de Shonen bas de gamme. Les parapentes de haut niveau, les hélices surpuissantes fixées aux pieds pour voler, les boomerangs "magiques", mais encore plus, les navires flottant géants qui remontent à contre courant ? Tout ça dans un monde où le vent est ultra bordélique et incontrôlable, capable de faire décoller des maisons vers l'Aval... J'ai eu beaucoup de mal à y croire, à ce Erg qui décolle dans tous les sens, à son jargon de combattant, ses techniques possibles et imaginables, les combattants foudres machin, les aerudits trucs, les conspirations de l'Hordre, le Corroyeur qui un coup est une motte de terre qui sauve Erg sciemment alors qu'il fait partie de la poursuite mais qu'en fait c'est un chrone ? C'est bien trop bordélique et absurde, à lire le bouquin ils ont des machines super cool qui marchent toutes seules quand il y a du vent (et il y en a tout le temps), ce qui fait qu'ils sont bien trop avancés pour une civilisation qui n'a pas pigé que le mur derrière sa capitale c'était pas le bout du monde mais juste le graal fantasmé de l'extrême amont. Alors il y a cette histoire de conspiration, les méchants dirigeants du monde veulent pas qu'on sache... mais après coup on te dit qu'ils veulent envoyer des bateaux volants pour savoir. Je m'arrête là car je pourrais continuer longtemps, le cadre de ce bouquin est un tissu d'approximations et de fantaisies bricolées, je suis vraiment étonne de n'avoir pas vu plus de critiques sur cet univers absurde qui se prétend plausible.
Non c'est vraiment un bordel sans nom cet univers, ça ne m'a pas inspiré une seule fois la cohérence et c'est avec les "explications" absurdes sur le vif
et quelques autres bizarreries incroyables (et un bon paquet de niaiseries dans le lot) ce qui m'a fait traverser ce livre avec des émotions passant du scepticisme douteux et contrarié pour une bonne partie du livre à l'emballement dans les passades les plus foudroyantes, mêlées à ce mystère de l'Extrême Amont qui m'a mené jusqu'à la fin avec intérêt malgré mes doutes et mes réserves.
En conclusion... c'est pas cohérent pour deux sous. Il y a les bases de quelque chose qui tient la route, mais il y a un nombre d'éléments parasites incroyables qui sont selon moi le résultat d'une pelote de déjection littéraire. Alain Damasio a eu son idée, il a eu envie de faire un conte philosophique et il a craché ça sur le papier sans autre forme de réflexion sur la légitimité de ce qu'il faisait, ce qui donne ce bougli boulga étrange qui me laisse franchement mitigé.
Je comprends mal comment on peut lui avoir remis le "prix de l'imaginaire" pour avoir imaginé ce bordel flou et approximatif. Je trouve ça trop bancal, trop naïf, trop inégal, pour être vraiment admirable. Ce livre a réellement des qualités par moment, mais ça côtoie directement de l'impulsif, du travail de brouillon irréfléchi en somme et ça me laisse... décontenancé, avec un sentiment de gâchis (surtout les dernières lignes qui sont franchement.
Enfin je vous conseille tout de même de le lire pour vous faire votre propre avis, car il y a un (petit mais consistant) lot de passages poignants qui méritent d'être lus, je regrette juste que ce soit au sein d'un livre si imparfait.
P.S peut être que je me trompe et qu'il a tout bien réfléchi ce qu'il a écrit. Mais dans ce cas là je n'aime pas le livre, je ne lui accorde pas cette indulgence, car ça voudrait dire que l'écrivain a commis toutes ces fautes après y avoir réfléchi, après avoir pris du recul - ce que je pense, j'espère même, qu'il n'a pas fait car pour moi ça préserverait son innocence de créateur imparfait mais de valeur.
BradPriwin
la musique est dispensable, il y a quelques pistes sympa mais elle ne s'affranchit pas du texte emprunté au bouquin qui ouvre (et parasite) chaque piste, j'aurais préféré un cd d'ambient pour ce genre d'usage, un truc vaguement abstrait qui cherche à coller aux ambiances décrites dans le bouquin, là c'est trop racoleur. Si tu veux pour la musique, go MP.
Intéressant vos deux avis, mais pour répondre à Broula, je dirais qu'on est tellement emporté dans le récit, qu'on laisse ces détails de côté, même si après coup, j'ai trouvé que le livre manquait aussi de finitions et avait beaucoup de facilités (surtout le Corroyeur sans déconner
).
Hum, moi c'est vraiment le contraire, je trouve que la forme adoptée, de par le nombre de néologisme utilisé, et par des phrases qui grammaticalement sont parfois structurées n'importe comme, rebute à la lecture et handicape le récit..
Broula:
C'est en gros la critique que j'avais pas eu le courage d'écrire.
Globalement déçu par ce livre. Au début j'ai vraiment cru que le mec allait développer un univers et un système cohérents. En plus il me semblait puiser dans des théories présocratiques (il y a un passage très explicite au début qui fait clairement référence à Héraclite ou Xénophane, je sais plus trop).
Mais très rapidement le mec complique tout, déborde et ne prend pas le temps d'expliquer, de poser un cadre clair. Alors forcément assez vite t'es perdu là-dedans, t'arrives plus à te situer, t'es dans un flou constant extrêmement désagréable. Je me souviens d'ailleurs que pendant la lecture j'avais isolé les failles et conclu que le mec avait soit bâclé le truc soit fait exprès de pas finir son univers pour faire n'importe quoi ensuite.
En gros c'est un tel bordel que 3 jours après avoir fini j'avais déjà oublié le 70% de l'univers.E
La fin c'est le festival, il se passe n'importe quoi. Même la série Lost a du sens à côté. La révélation est tellement grossière que je suis resté pétrifié devant. C'est la blague que tu fais dans ta tête quand tu commences le livre: "Hé tu te rends compte si en fait..."
Le style m'a pas marqué. Je me souviens de moments très confus (combats entre les mecs en parapente, traversée du volcan) et d'autres plus sympas. La polyphonie est assez vaine. Assez peu de variations entre les personnages, ça m'avait vraiment déçu. Le style de Golgoth est sympa à petites doses, pas très fin, un peu lourd à force.
E-180 : malheureusement on a un constat proche, te lire ne fait qu'amplifier la déception que je ressentais déjà.
Obese Suant (:hap:) : go AVC
euh... halte à la grossophobie ! euh... coruscant euh... aucun fichier... euh... je vous arrête...
Non en vrai ce que je voulais te dire c'est que je comprends mais c'est pas trop ce qui m'a gêné.
Le 19 août 2016 à 23:16:00 Eldwist a écrit :
Intéressant vos deux avis, mais pour répondre à Broula, je dirais qu'on est tellement emporté dans le récit, qu'on laisse ces détails de côté, même si après coup, j'ai trouvé que le livre manquait aussi de finitions et avait beaucoup de facilités (surtout le Corroyeur sans déconner).
J'explique clairement que j'ai été incapable de laisser ces détails de côté. C'est une affaire de personnalité et de ce qu'on est prêt à accepter d'approximations et d'idées foutraques sans queue ni tête mais moi cet univers m'a vraiment frappé par son inconsistance, et l'univers c'est le socle, s'il ne tient pas de bout rien ne tient.
J'explique clairement que j'ai été incapable de laisser ces détails de côté. C'est une affaire de personnalité et de ce qu'on est prêt à accepter d'approximations et d'idées foutraques sans queue ni tête mais moi cet univers m'a vraiment frappé par son inconsistance, et l'univers c'est le socle, s'il ne tient pas de bout rien ne tient.
Damasio insiste tellement dessus que c'est difficile de pas y accorder d'importance. S'attarder à ce point sur son univers pour au final en faire n'importe quoi ça mérite une mise à l'amende. Après je sais aussi que maintenant dans la (rare) SF que je lis, la cohérence du système m'intéresse plus que les protagonistes et leurs quêtes.
Le 20 août 2016 à 11:50:46 E-180 a écrit :
J'explique clairement que j'ai été incapable de laisser ces détails de côté. C'est une affaire de personnalité et de ce qu'on est prêt à accepter d'approximations et d'idées foutraques sans queue ni tête mais moi cet univers m'a vraiment frappé par son inconsistance, et l'univers c'est le socle, s'il ne tient pas de bout rien ne tient.
Damasio insiste tellement dessus que c'est difficile de pas y accorder d'importance. S'attarder à ce point sur son univers pour au final en faire n'importe quoi ça mérite une mise à l'amende. Après je sais aussi que maintenant dans la (rare) SF que je lis, la cohérence du système m'intéresse plus que les protagonistes et leurs quêtes.
Oui c'est clair. Il y a dans la SF/Fantasy un besoin de transposer son propre esprit dans un monde monté de toutes pièces, si le boulot pour le rendre cohérent n'est pas fait ça donne ce sentiment d'être dans un système bancal, et tout ce qui s'inscrit dans ce système s'en trouve pénalisé.
J'ai le livre depuis des années ainsi que la zone du dehors, que j'ai lu il y a quatre ans et que j'ai trouvé Boff. Du coup j'ai jamais pris la peine de lire celui ci. J'allais le faire après avoir parcouru ce sujet mais les derniers messages me donnent pas envie.
MisterRPG, quelle idée de venir lire les avis pour un livre que tu possèdes déjà et qui n'attend que d'être lu ?
Je veux dire ton expérience prime sur les avis des autres à ce niveau, tu n'hésite pas à te prendre le livre, juste à le commencer.
Je ne connais pas La zone du dehors (et j'ai pas envie de connaitre je crois, les avis plutôt négatifs en plus de la réputation gauchiste du truc) mais au pire teste voir le début de La Horde du contrevent, qui sait si ça te plaira ou pas ? Moi pas plus que toi, mon avis était plus une explication de ce qui ne m'a pas plu qu'une tentative de décourager de nouveaux lecteurs.
Même si je comprends bien sur que ça décourage du monde.
Je le lirais mais je lis plus tant que ça, un roman par mois gros max et j'ai quelques centaines de livres pas encore lus dans ma piaule donc j'hésite surtout sur quel titre choisir en général mon but étant de prendre assurément plaisir à la lire. Le dernier livre que j'ai lu m'a rien apporté donc ouais je lis les avis des fois sinon chez moi je tends naturellement vers les quelques mêmes auteurs je lis toujours les mêmes.
Je le lirais mais je lis plus tant que ça, un roman par mois gros max et j'ai quelques centaines de livres pas encore lus dans ma piaule donc j'hésite surtout sur quel titre choisir en général mon but étant de prendre assurément plaisir à la lire. Le dernier livre que j'ai lu m'a rien apporté donc ouais je lis les avis des fois sinon chez moi je tends naturellement vers les quelques mêmes auteurs je lis toujours les mêmes.
Et du coup la cohérence c'est important pour moi mais je vais me motiver à le lire comme ça ça sera fait et je pourrais lire autre chose après.
Un petit post pour dire que j'ai adoré ce bouquin. Aussi pour dire (je ne sais pas si les gens ont relevé ou s'en fichent), mais je suis étonné de l'engagement militant de l'auteur, qui serait presque gênant compte tenu de la subtilité du bouquin (je sais c'est HS mais bon). Un avis un poil plus détaillé ici :
https://www.senscritique.com/livre/La_Horde_du_Contrevent/critique/176521766
Ça tabasse la Horde.
Le 31 août 2018 à 11:24:46 linkdupasse a écrit :
Un petit post pour dire que j'ai adoré ce bouquin. Aussi pour dire (je ne sais pas si les gens ont relevé ou s'en fichent), mais je suis étonné de l'engagement militant de l'auteur, qui serait presque gênant compte tenu de la subtilité du bouquin (je sais c'est HS mais bon). Un avis un poil plus détaillé ici :https://www.senscritique.com/livre/La_Horde_du_Contrevent/critique/176521766
il suffit de lire son bouquin précédent pour s'en rendre compte
Quelle claque bon sang. Je viens tout juste de le finir, et ça me laisse déjà un vide.
Je recommande à 100%.