Et tu aimes la gordon ?
Akutagawa: Rashomon
Natsume Soseki
le clan des otoris
moi-meme j´ai pas trop accroché (me suis arreté au 2 ; yen a 4) mais ceux que je connais qui l´ont lu l´ont trouvé génial, alors a toi de voir
il est tres bien mais sans grand plus quoi, en meme temps j´était a fond dans harry potter alors peux pas trop te dire
Le clan des Otori...Superbe livres...c´est ce que je lis en se moment,j´en suis au deuxieme tome.Bon c´est pas ecrit par un japonais mais c´est un Autralien passionné par la culture japonaise : Lian Hearn. Content d´avoir pu t´aider ![]()
gau]>oui, l´hagakure est passionnant, on y revient souvent...
Le Rashomon de Akutagawa a inspiré le film de Kurosawa apparemment, ça doit être pas mal donc...
Merci pour avoir posté de nouvelles suggestions ![]()
Nesego, Tu parlais du livre de Inoue Yuki mémoire d´une geisha ?
Sinon il y a aussi Edogawa Rampo et Kyoka Izumi.
Dossier de littérature
Les rapports entre Zen, arts martiaux et pensée chinoise
Nous avons décidé de rechercher les points communs entre les arts martiaux et la pensée chinoise. Et il s’est avéré que ceux-ci sont très nombreux, la base de tous les arts martiaux reste la même. Elle s’appuie sur le Zen, mot très mal interprété en Occident où l’on considère les arts martiaux comme un sport, dégradés par un esprit de compétition, par l’individualisme et par une conception basée sur un ego qui récupère tout pour lui.
L’esprit du Zen fut introduit au Japon dans un pays avant qu'il soit déchiré par la guerre civile, celle-ci étant devenue une occupation habituelle. Ce fut le génie zen de transformer les techniques brutales en arts qui ne se souciaient plus seulement de l’efficacité guerrière mais de la recherche de soi-même. Toutes ces techniques devinrent des méthodes d’amélioration spirituelle. Le sabre, l’arc et la flèche devinrent des supports de méditation. Ce combat devint un combat spirituel, l’ennemi fut découvert en soi-même, dans les illusions de l’ego qui nous empêche de voir notre vraie nature.
Sous cette influence naquit le bushido, code d’honneur qui recommande le désintéressement et le mépris de la mort. De telle façon que le zen devint cette voie d’éveil appelé « la religion des samouraïs ».
Nous allons donc examiner les détails de cette religion, qui par bien des points, nous rapproche de la perception chinoise.
Par quel moyen peut-on devenir fort et sage ?
Au Japon, on s’y applique par la pratique des arts martiaux et par la voie du zen. Le Budo, voie du guerrier regroupe l’ensemble des arts martiaux japonais.
Il a approfondi les relations existantes entre l’éthique, la religion et la philosophie. Les samouraïs ont puisé dans différentes éthiques religieuses les différents principes susceptibles de les aider à fortifier leurs âmes, cela pour compléter les directives essentiellement pratiques et tactiques de leur code.
Le bouddhisme a donné aux samouraïs un idéal de sérénité, de confiance dans le destin et un apaisement des sentiments. Il lui a appris par dessus tout à ne pas craindre la mort, à la dédaigner.
Do, comparable au Dao dont relève la pensée chinoise, est la voie, la méthode, l’enseignement pour comprendre parfaitement la vraie nature de son propre esprit, de son moi.
C’est la voie du Bouddha, « Butsu Do » qui permet de découvrir sa nature originelle (on pourrait le comparer au « connais-toi toi-même » de Socrate).
En Asie, cette voie est devenue la morale la plus élevée et l’essence de toutes les religions et les philosophies. On peut oublier son corps et son esprit personnel, atteindre l’esprit absolu, le non-ego.
L’ego est le petit moi, possessif, limité qu’il faut détruire dans la mesure où il est fait d’illusions alors que chacun tend à lui attribuer une réalité véritable.
Il s’agit d’harmoniser, de fusionner le ciel et la terre en abandonnant l’égoïsme. L’esprit et le corps ne sont ni dualistes, ni opposés mais forment une unité sans séparation. Le Zen, vrai et profond silence, habituellement traduit par concentration, méditation sans objet, signifie l’effort de l’homme pratiquant le Zazen. Effort pour atteindre le domaine des pensées sans discrimination, la conscience au-delà de toute catégorie. Il s’agit de revenir à la pure condition normale de l’homme dans une posture particulière. Le non-agir spécifique à la Chine recherche également un état originel perdu dès la naissance.
Zazen signifie se fixer au centre de l’ordre de l’univers, du cosmos. Par sa pratique, à travers tout notre être entier, nous existons au centre du système cosmique. C’est la plus haute dimension que nous puissions atteindre. Cette vérité ne peut être atteinte à travers un système purement matérialiste ou purement spirituel. Bouddha tendait à ce comportement juste, qui est le plus haut idéal de l’humain.
L’intuition et l’action doivent jaillir en même temps. Il ne peut y avoir de pensée dans la pratique du Budo. Quand on agit, l’action et l’intention doivent être simultanées. Si l’on hésite, seul le cerveau frontal entre en action. Or, cerveau frontal et action doivent coïncider au même instant identique. L’intuition est essentielle, corps et conscience s’unissent, on pense avec le corps en entier. L’esprit, la technique et le corps doivent être unis, c’est leur parfaite union qui créé l’acte juste.
Il ne faut pas rêver sa vie mais être complètement dans tout ce que l’on fait. L’esprit du zen et du Budo tend à cela : ce sont des sciences du comportement. Rien à voir avec l’imagination qui transforme le monde, comme dans beaucoup de religions. On doit vivre le monde avec son corps, ici et maintenant, et complètement se concentrer sur chaque geste.
La civilisation moderne en est décalée, dès l’école, on nous coupe de la vie pour faire de la théorie. On sépare la vie pratique et la vie réelle. Cet esprit rejoint le processus d’apprentissage de la philosophie chinoise issu du vécu.
Une troisième conception de l’univers serait la fusion de deux visions spirituelles et matérialistes, pas un mélange, pas un juste milieu, mais une profonde harmonie, car esprit et matière ne sont pas séparés, ils sont interdépendants comme dans l’être humain.
Les pratiquants du zen considèrent qu’en Europe, les philosophes auraient essayés de réaliser cette fusion de l’esprit et de la matière, mais à un niveau uniquement intellectuel.
Si un samouraï veut avoir des responsabilités en politique, s’il veut diriger des civils et devenir leur chef, il doit réaliser la voie. Ainsi le samouraï ne doit plus seulement être un guerrier mais il doit, en plus du Budo, acquérir une culture intellectuelle sur la littérature, la poésie, l’histoire des civilisations, le bouddhisme, la philosophie chinoise ; le Shinto, la voie des dieux, la culture en général.
Il doit recevoir une éducation civile, ce côté plus féminin doit s’accorder, se mettre en harmonie avec le côté masculin, l’art de la guerre en général. La plupart des samouraïs doivent s’entraîner à la vertu, avoir des qualités nobles, cultiver une personnalité élevée et réaliser la voie. Cette fonction de chef rejoint le pouvoir du souverain en Chine, qui se doit d’accomplir le ren. Il s’agit de se perfectionner soi-même avant d’ordonner son pays.
De même le ki est semblable au qi. Il existe dans les tréfonds de l’énergie physique, activité invisible emplie de l’énergie du cosmos. Il devient l’énergie du corps. C’est l’existence qui créé l’énergie, c’est le mouvement du mouvement, le ki est le flux impalpable de la vie. L’énergie proprement dite est une forme mise en action par le ki. Coïncider avec celui-ci signifie ne faire qu’un avec cette énergie fondamentale.
Pour continuer cette étude du Zen et du bushido, nous allons nous pencher sur le Hagakure. Il a été écrit en réaction à son époque, duquel émane un code de conduite et de morale écrit par Jocho Yamamoto, samouraï devenu moine à 42 ans qui a vécu une vie semi-recluse dans une hutte pour méditer entre autre sur la voie du samouraï.
Voici donc quelques pensées qui en ressortent :
« Du fait que nous nous préoccupons surtout de nous même, nous nous détournons de la voie du ciel et nos actions deviennent mauvaises. Tant que l’on fonde son raisonnement sur son moi, on est à la rigueur prudent, astucieux mais on n’est pas sage. »
« Le seigneur Naoshige disait : La valeur d’un ancêtre se mesure au comportement de ses enfants. Un fils doit agir de façon à faire honneur à son ancêtre et non à le déshonorer. C’est cela la piété filiale. »
« La compassion consiste à agir pour le bien d’autrui, en se comparant à lui et en le mettant à l’honneur. »
« La meilleure attitude à avoir à l’égard de la parole c’est de ne pas en user. Si vous pensez pouvoir vous en passer, ne parler pas. »
Ces citations rejoignent ce que nous avons vu au cours sur la piété filiale, le fait de ne pas faire aux autres ce que l’on ne ferait pas à nous-mêmes et celui qui sait ne parle pas.
Mais là où précédemment, le bouddhisme parlait de ne pas craindre la mort, l’auteur insiste jusqu’à parler de la passion de la mort : le fameux hara-kiri ou seppuku.
« J’ai découvert que la voie du samouraï réside dans la mort. Lors d’une crise, quand il existe autant de chance de vie que de mort, il faut choisir la mort. Celui qui choisit de vivre tout en ayant failli à sa mission encourra le mépris et sera à la fois un lâche et un raté. Celui qui meurt après avoir échoué, meurt d’une mort fanatique qui peut sembler inutile. Mais il ne sera pas déshonoré. »
« Pour être un parfait samouraï, il faut se préparer à la mort matin, soir et même toute la journée. »
« Quand un samouraï est constamment prêt à mourir, il a acquis la maîtrise de la voie et il peut sans relâche consacrer sa vie à son seigneur. »
« Il est sûr qu’un samouraï qui n’est pas prêt à mourir, mourra d’une mort peu honorable. Mais dès lors qu’il prépare sa vie à préparer sa mort, comment pourrait-il avoir un comportement méprisable ? On devrait réfléchir sérieusement à cela et harmoniser sa conduite en conséquence. »
La voie du samouraï est la passion de la mort. Même dix hommes sont incapables d’ébranler un être animé d’une telle conviction. »
Ainsi, Yamamoto insiste très fort sur ce point dans ces écrits au point que son livre en devient morbide. Et même si l’auteur n’a pu suivre son Seigneur dans la mort à cause d’un décret venant d’en interdire la pratique, le seppuku était une pratique répandue à l’époque.
Coutume importée de Chine, où les femmes pour prouver qu’elles n’étaient pas enceintes, s’ouvraient le ventre, ainsi leur vertu était intacte, selon la légende. En 1716, le Hagakure en a donné un sens dramatique.
Le seppuku sous Edo se commettait en public, de façon très codifiée : « voyez comment va mourir un homme d’honneur », rite extrêmement codifié. Le samouraï pratiquait, à l’aide d’un poignard spécial, une double incision en croix dans l’abdomen, de gauche à droite avant de remonter vers le foie. Une fois la deuxième incision pratiquée, un assistant lui coupait la tête rapidement d’un coup de katana. La douleur insupportable était ainsi stoppée, une fois que le samouraï avait prouvé son courage. Si le seppuku était accompli dans les règles, le samouraï était définitivement absout de ses péchés dans cette vie.
Le dernier grand seppuku en date eut lieu le 25 novembre 1970, au terme d’une tentative désespérée qui a frappé l’imagination du monde entier. Il s’agit de Yukio Mishima, un des plus grands écrivains japonais d’après guerre. Le Hagakure est le livre qui a donné un sens à sa vie. Un de ses derniers livres fait entendre une deuxième voix également profondément pessimiste qui fait écho à celle de Yamamoto. On peut voir le chemin qui l’a conduit à cette mort s’y profiler, on y lit :
« Le caractère chinois « gen » peut se lire en japonais « maboroshi » et signifie illusion. En Japonais, les magiciens indiens se nomment « gen shu sushi » ou « illusionnistes ». Les êtres humains sont des marionnettes ici-bas. C’est pourquoi on utilise le caractère « gen » pour suggérer l’illusion d’un libre arbitre. »
Jocho parle souvent des êtres humains comme de pantins, de leur condition comme d’une existence de marionnettes. Aux tréfonds de son être, il est habité par un nihilisme à la fois pénétrant et profondément viril. Il sonde chaque instant de la vie pour en extraire le sens, mais, au fond, il est convaincu que la vie elle même n’est rien d’autre qu’un songe.
Le nihilisme de Jocho engendre un univers d’extrêmes. Tout en exaltant l’énergie humaine et l’action pure, Jocho considère comme futiles leurs résultats.
«Après y avoir songé longtemps, il m’est venu à l’idée que l’être humain est une marionnette habilement conçue. Sans qu’aucun fil la soutienne, elle peut marcher, sauter et même parler-quelle merveille d’ingéniosité ! Pourtant, d’ici à la prochaine fête des lanternes il se peut qu’il meure et revienne nous hanter. Futilité de cette existence ! Les gens ont toujours l’air de l’oublier. »
On voit donc le point commun avec le bouddhisme qui considère que tout est illusion. Est-ce qu’il se démarque de ce même bouddhisme en parlant de la futilité de la vie. Est-ce qu’ils oublient volontairement les fondements du karma et le but d’obtenir salut, illumination et le nirvana ? Pas exactement puisque le seppuku purifie le samouraï, le rend honorable, courageux, fidèle à son seigneur.
Le nihilisme dont il parle plus haut est comparable en plusieurs points au nihilisme dont parle de Nietzche.
Le nietzschéisme part d´un constat : la société contemporaine se caractérise par une crise des valeurs qui est aussi une crise du fondement car le fondement sur lequel on avait fondé les valeurs s'est révélé faux. Notre société voit l´effondrement des valeurs. On s´aperçoit que les valeurs sont relatives (historiques et arbitraires), d´où une angoisse du vide, du néant, que l´homme moderne cherche à masquer.
L´homme moderne découvre que les valeurs supérieures de son existence (et en particulier les valeurs morales) dépendent d´un fondement qui apparaît maintenant fictif, qui n´était "rien" du tout. "Rien" se dit en latin nihil, d´où le concept de nihilisme. Le nihilisme, c´est la barbarie contemporaine. C´est une décomposition dans le rien, dans l´incertitude qui est le propre de l'époque nihiliste.
S´il n´y a plus de fondement certain, la réaction peut être le pessimisme. Elle peut aussi être de transformer le néant en force active : pour ne plus avoir à contempler le néant, on se jette dedans. C'est le totalitarisme (que critique très fortement Nietzsche et l´on voit ici l´étendue du contresens hitlérien qui a cru que Nietzsche défendait le nihilisme quand il est ce qu´il critique le plus violemment), ce sont les mythes, les superstitions, la drogue, tout ce qu´on invente pour ne plus voir le néant.
Il désigne par «nihilisme européen», la logique interne de la culture occidentale en vertu de laquelle les valeurs qui y régnaient depuis Platon sont actuellement chancelantes. C´est donc surtout sous forme d´abandon des valeurs anciennes que le nihilisme assaille l´homme et la culture, conduisant à la débâcle de tout sens. Cet ébranlement du sens (moral, religieux, métaphysique) se traduit par le «grand dégoût» de l´homme pour lui-même et pour tout. Rien ne vaut plus, tout se vaut donc: le vrai, le faux, le bien, le mal. Cette agonie du sens finit par anesthésier même l´inquiétude, qui se transforme en une médiocre satisfaction : ne cherchant plus le sens, l´homme sombre dans la paresse intellectuelle et morale.
Ainsi, ce nihilisme contre lequel se bat Nietzsche est refus de l´homme, de ce qu´il pourrait être, de ce qu´il pourrait devenir. C’est un sentiment d’absurde et de non-valeur : « tout est vain », « la vie ne vaut rien ». La dépréciation de la vie est caractéristique du nihilisme. Le dernier homme n’a plus que son propre bonheur comme idole.
Nietzsche a annoncé que le nihilisme serait la grande maladie des sociétés modernes: la modernité ayant tendance à refuser la vie en s´écriant "A quoi bon!"
Les deux constats sont complètement différents en raison des différences de repères qui existent entre l’Europe et l’Asie et surtout parce que les deux raisonnements fonctionnent de façon différentes, Nietzche repère ce nihilisme dans notre société et cherche à s’y opposer en prenant de nouveaux repères.
On sent l’auteur : Yamamoto partagé et ambivalent, certains propos se contredisent dans le Hagakure et on sait qu’en Chine on ne pense pas en terme d’opposition, ce sont les contraires qui s’accordent.
Seulement Mishima a interprété le livre comme il l’entendait même s’il a sûrement du se rendre compte des nuances. Il n’a pas fait seppuku seulement par fanatisme envers Yamamoto, mais pour de nombreuses raisons. Il l’a fait au quartier général des forces japonaises, lieu de la reddition après la guerre. On sait que les Japonais parlaient beaucoup de la mort des cent millions avant la fin de la guerre. Son acte incompréhensible pour nous occidentaux des temps modernes, cache une symbolique et des raisons très complexes.
Bibliographie :
Zen et arts martiaux de Taisen Deshimaru éditions Albin Michel
Hagakure de Jocho Yamamoto éditeur Guy Trédaniel
Le Japon moderne et l’éthique samouraï de Mishima éditions Gallimard
Le Journal Japonais de Bratigan est une perle.
Kafka sur le rivage de aruki Murakami.
Ce livre est vraiment excellent, et mine de rien il traite de problème de société au Japon (le regard de la société sur les rescapé de Nagasaki et Hiroshima), et la pression sociale et scolaire subit par les élevés Japonais.
Un livre pour les plus jeunes, mais l'enfant d'Hiroshima était un roman épistolaire assez émouvant entre un fils et sa mère pendant la seconde guerre mondiale.
La pierre et le sabre puis la parfaite lumière
Très bon roman sur le samourai Musashi
夏目 漱石 Natsume Sōseki est un des auteurs japonais les plus importants
Lis "Botchan", c'est court et excellent ![]()