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Baudelaire V

Carhartt-93
Carhartt-93
Niveau 9
23 avril 2007 à 22:15:07

Si quelqu´un peut m´aider...

Que peut-on dire sur le 5ème poème des Fleurs du Mal à part qu´il est composé de 2 strophes de 14 vers et d´un alexandrin :quetsion:

V.J’aime le souvenir de ces époques nues,
Dont Phoebus se plaisait à dorer les statues.
Alors l’homme et la femme en leur agilité
Jouissaient sans mensonge et sans anxiété,
Et, le ciel amoureux leur caressant l’échine,
Exerçaient la santé de leur noble machine.
Cybèle alors, fertile en produits généreux,
Ne trouvait point ses fils un poids trop onéreux,
Mais, louve au cœur gonflé de tendresses communes,
Abreuvait l’univers à ses tétines brunes.
L’homme, élégant, robuste et fort, avait le droit
D’être fier des beautés qui le nommaient leur roi ;
Fruits purs de tout outrage et vierges de gerçures,
Dont la chair lisse et ferme appelait les morsures !

Le Poète aujourd’hui, quand il veut concevoir
Ces natives grandeurs, aux lieux où se font voir
La nudité de l’homme et celle de la femme,
Sent un froid ténébreux envelopper son âme
Devant ce noir tableau plein d’épouvantement.
O monstruosités pleurant leur vêtement !
O ridicules troncs ! torses dignes des masques !
O pauvres corps tordus, maigres, ventrus ou flasques,
Que le dieu de l’Utile, implacable et serein,
Enfants, emmaillota dans ses langes d’airain !
Et vous, femmes, hélas ! pâles comme des cierges,
Que ronge et que nourrit la débauche, et vous, vierges,
Du vice maternel traînant l’hérédité
Et toutes les hideurs de la fécondité !

Nous avons, il est vrai, nations corrompues,
Aux peuples anciens des beautés inconnues :
Des visages rongés par les chancres du cœur,
Et comme qui dirait des beautés de langueur ;
Mais ces inventions de nos muses tardives
N’empêcheront jamais les races maladives
De rendre à la jeunesse un hommage profond,
- A la sainte jeunesse, à l’air simple, au doux front,
A l’œil limpide et clair ainsi qu’une eau courante,
Et qui va répandant sur tout, insouciante
Comme l’azur du ciel, les oiseaux et les fleurs,
Ses parfums, ses chansons et ses douces chaleurs !

Roberta
Roberta
Niveau 10
24 avril 2007 à 01:39:55

Mise en abyme du poète (2è strophe), synesthésie (3è strophe), champ lexical de la sensualité (1ère strophe)...

Carhartt-93
Carhartt-93
Niveau 9
24 avril 2007 à 17:49:46

Merci beaucoup :ok:

C´est juste ce qu´il me faut...

Sinon, qu´est-ce qu´un muse ?

Que peut-on dire sur le 6ème et le 7 ème poème des fleurs du mal à part qu´il s´agit de sonnets :question: (j´en suis au 14ème et je dois en commenté 85)

La muse malade
Ma pauvre muse, hélas ! qu´as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l´horreur, froides et taciturnes.

Le succube verdâtre et le rose lutin
T´ont-ils versé la peur et l´amour de leurs urnes ?
Le cauchemar, d´un poing despotique et mutin,
T´a-t-il noyée au fond d´un fabuleux Minturnes ?

Je voudrais qu´exhalant l´odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques,

Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.

La muse vénale

Ô muse de mon coeur, amante des palais,
Auras-tu, quand Janvier lâchera ses Borées,
Durant les noirs ennuis des neigeuses soirées,
Un tison pour chauffer tes deux pieds violets ?

Ranimeras-tu donc tes épaules marbrées
Aux nocturnes rayons qui percent les volets ?
Sentant ta bourse à sec autant que ton palais,
Récolteras-tu l´or des voûtes azurées ?

Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,
Comme un enfant de choeur, jouer de l´encensoir,
Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère,

Ou, saltimbanque à jeun, étaler tes appas
Et ton rire trempé de pleurs qu´on ne voit pas,
Pour faire épanouir la rate du vulgaire.

:merci:

carhartt_93
carhartt_93
Niveau 7
24 avril 2007 à 20:45:50

j´en suis au 32ème mais je bloques toujours sur ces deux là...

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