Merci beaucoup
C´est juste ce qu´il me faut...
Sinon, qu´est-ce qu´un muse ?
Que peut-on dire sur le 6ème et le 7 ème poème des fleurs du mal à part qu´il s´agit de sonnets
(j´en suis au 14ème et je dois en commenté 85)
La muse malade
Ma pauvre muse, hélas ! qu´as-tu donc ce matin ?
Tes yeux creux sont peuplés de visions nocturnes,
Et je vois tour à tour réfléchis sur ton teint
La folie et l´horreur, froides et taciturnes.
Le succube verdâtre et le rose lutin
T´ont-ils versé la peur et l´amour de leurs urnes ?
Le cauchemar, d´un poing despotique et mutin,
T´a-t-il noyée au fond d´un fabuleux Minturnes ?
Je voudrais qu´exhalant l´odeur de la santé
Ton sein de pensers forts fût toujours fréquenté,
Et que ton sang chrétien coulât à flots rythmiques,
Comme les sons nombreux des syllabes antiques,
Où règnent tour à tour le père des chansons,
Phoebus, et le grand Pan, le seigneur des moissons.
La muse vénale
Ô muse de mon coeur, amante des palais,
Auras-tu, quand Janvier lâchera ses Borées,
Durant les noirs ennuis des neigeuses soirées,
Un tison pour chauffer tes deux pieds violets ?
Ranimeras-tu donc tes épaules marbrées
Aux nocturnes rayons qui percent les volets ?
Sentant ta bourse à sec autant que ton palais,
Récolteras-tu l´or des voûtes azurées ?
Il te faut, pour gagner ton pain de chaque soir,
Comme un enfant de choeur, jouer de l´encensoir,
Chanter des Te Deum auxquels tu ne crois guère,
Ou, saltimbanque à jeun, étaler tes appas
Et ton rire trempé de pleurs qu´on ne voit pas,
Pour faire épanouir la rate du vulgaire.
