j´ai trouvé ca
C’est l’histoire vraie d’un petit garçon, qui vivait en Provence au début du siècle. Il était très intelligent, sensible et avait beaucoup d’imagination. Ainsi jamais il ne fit faire ses devoirs par Internet. Bref, il aimait bien sa maman. Pour lui, elle était toujours restée jolie et jeune mais hélàs de santé fragile. Et le petit Marcel de vouloir tout naturellement la protéger, voire la délivrer de ce château imaginaire qui emprisonne souvent les princesses, tel le chevalier Bélérophon terrassant le dragon. Ce dragon était incarné par un méchant gardien de château (celui de la Buzine, je crois) et son horrible chien baveux. Ils avaient terrorisé la pauvre Augustine, et humilié Joseph -père de Marcel, en leur dressant un procès-verbal pour avoir traversé les terres du "Baron d’agneau" (ce n’est pas son vrai nom, c’est un jeu de mots ironique dans l’histoire). En effet, la famille Pagnol prenait souvent un raccourci commode en longeant, à pied, le canal qui traversait (et qui traverse toujours) d’immenses propriétés, pour aller dans leur cabanon de vacances aux Bellons. Joseph avait obtenu un double de la clé par Bouzigue, le piqueur du canal, un de ses anciens élèves. Mais ce jour là, le gardien avait mis une chaîne sur la dernière porte, celle qui les séparait des vacances tant rêvées et des belles collines. Ils étaient pris au piège. Augustine en perdit même connaissance et Joseph se voyait déjà révoqué, car il était instituteur.
Devenu adulte, écrivain et cinéaste de talent, Marcel achètera sans le savoir ce château pour l’aménager en studio de cinéma. En le visitant, il est pris d’un malaise et éprouve le besoin de prendre l’air. En marchant au hasard, il aperçoit soudain le canal derrière le rideau d’arbustes, la maudite porte qui symbolisait l’humliation de son père et le cauchemard d’Augustine, le château où sa mère était restée comme en prison, celle de la peur et de la honte, était encore là, quoiqu’à moitié pourrie. Il la défonça d’un coupe de pied.
La morale de cette belle histoire, c’est que même dans l’enfance la plus heureuse (et le récit des vacances aux Bellons est merveilleux), il y a toujours des souvenirs et pénibles, des fardeaux que l’on transporte malgré soi, tel des pénitents, et c’est ici le fardeau de sa chère mère. Même si Pagnol est un écrivain foncièrement positif et n’en parle qu’à demi-mots, Le Château de ma mère, est une oeuvre de la faiblesse et de la détresse humaine devant l’impermanence du monde et des êtres qui nous sont chers.