Le train ne s´arrêtera pas avant le terminus.
Chargé à rabord ce matin, le train fonçait dans la nuit à travers l´épais brouillard qui ne quittait jamais la région. Chaque wagon en surcapacité laissait entendre des cris de toute part, les occupants se chevauchant, se piétinant les uns les autres...ils seront moins à l´arrivée pensa le responsable du chargement dans le wagon principal. Ce wagon abrite les troupes sous ses ordres, les autres postés à l´extérieur aux mitrailleuses sur les toits. Depuis qu´il avait placé aux convois, le responsable en avait fait des voyages, toujours des trains prioritaires, sans aucun arrêt avant la destination finale, toujours des wagons remplis à l´allé, vide au retour. « Les trains de l´ombre », voilà comment les gens les appelaient. Pour lui c´était une récompense une telle mutation, il avait déjà assez servi sur les fronts comme ça, maintenant il avait juste à surveiller les trajets, et il arrivait jamais rien.
Quelle époque quand même, combien de temps ça allait durer avec que tout ça se stabilise, combien de temps sera-t-il à l´abris à ce poste? Tant qu´il y aura des chargements evidemment, non pas qu´il arrivait à l´espèrer mais il ne chercherait pas à quitter au plus vite ce poste ça c´est certain. Pour ses gars c´était pareil, euh aidaient à faire monter les « passager » comme ils les appelaient mais sinon c´était peinard, comme lui ils venaient des fronts en général, replacés là suite à des blessures.
Cétait bientôt l´heure, l´arrivée n´était plus très loin, comme d´habitude il surperviserai le déchargement de ceux qui tiendront encore debout, puis de ceux qu´il faudra transporter. Ensuite repas avec les officiers, un bon gros sommeil et départ demain pour retourner chercher un nouveau « chargement », la routine quoi.
On apperçoit les lumières qui percent à travers le brouillard, le train freine et s´apporche doucement d´un petit quai, la vérif´ comme l´appelle les gars, juste le rapport de cargaison avec effectifs entrés, probabilité sur combien sortiront d´eux même etc...statistiques pour gerer surtout. Le soldat sort de la guérite, vérifie les papier, tamponne et demande l´ouverture des portes suivantes dans son micro, un collègue répond et les portes s´ouvrent glissant sur les côtés. Le train avance à petite allure avant de stopper contre les tampons boutoirs en bout de chemin de fer.
Le responsable descend, ses hommes attendent dans le wagon, alors que sur le quai un officier avance pour se présenter:
« Colonel Ghostër, responsable du camp, soyez le bienvenue »
Le responsable descend du wagon et se présente à son tour:
« Colonel Junër, responsable du train Z02P5, je vous remercie, si nous pouvons décharger le plus tôt possible allons-y on en aura fini ainsi »
« Mais nous sommes prêts Colonel, je vous laisse décharger votre train »
Le train, avait à sa droite le quai de débarquement, la locomotive et le wagon principal avaient une porte de chaque côté, mais les wagons de « marchandise » n´ont que des portes à gauche, donnant sur l´autre quai avec des couloirs en grilles métalliques qui viennent se coller aux portes des wagons, ainsi les « passagers » n´ont d´autres choix que de sortir, avancer dans ces couloirs restreint et arriver dans les batiments au bout. Les soldats peuvent superviser le déchargement tranquillement sans rentrer en contact direct avec les passagers. Afin de les faire avancer une fois les portes ouvertes on ouvre de grandes trappes sur les toits des wagon et on pousse les passager à sortir, certain avançant déjà dans le couloir, d´autres poussés par les soldats à l´aide de perches en forme de T.
Une fois tous dans les batiments, on referme les portes de ceux-ci, on retire les couloirs de grillage et on laisse les wagons ouverts par contre, pour « nettoyer » d´abord ce qui reste à terre et pour laisser les courants d´airs emporter l´abominable odeur de pourriture qu´il y règne. 5 wagons donnent sur les batiments, les 5 autres furent mis en communication (on ouvre les portes les séparant) afin de pousser tout ce petit monde dans les 5 premier puis dans les batiments.
Les soldats rammassent ce qui reste, les chargeant dans un camion qui disparaît derrière derrières d´autres batiments de briques, vers ceux aux hautes cheminées sur leurs toits. Junër a fini son travail, ses troupes rejoignent la caserne pour un bon repas en cantine commune avec le personnel du camp, lui rejoint le quartier des officiers, il mangera avec Ghostër, et les autres gradés du camp.
A table, Ghostër mais aussi un professeur en chimie et un médecin, affiliés au camp. Les sujets de discussions sont toujours les mêmes, les exploits de chacun sur les fronts, l´actualité et les décisions politiques...faut dire que ça n´a jamais été des repas bien chaleureux même pour les gradés. Ensuite chacun rejoint sa chambre personelle pour un bon sommeil avant demain, départ à 12h pour le train mais Junër se lèvera à 10h, il a l´habitude de voir la première fournée de ses ex-passager partir en fumée, ces hommes le surnommant « le sadique » même si aucun d´eux n´a pu voir ce qu´il voit, pseudo basé sur des rumeurs de ce qui arriveraient à ces personnes, leurs sort est entre les mains des gradés seulement, eux ils chargent et déchargent, à la limite ils n´en demandent pas plus.
La lune est pleine cette nuit, les projecteurs des miradors balaient le ciel nuageux et les routes avoisinantes, la voie de chemin de fer aussi, mais le train est lui en sécurité comme tous les hommes à l´intérieur.
10h, Junër est réveillé depuis 5 minutes, il a toujours été comme ça. Après avoir pris sa douche il descend au quartier des officiers pour petit déjeuner avec Ghöster, le chimiste et le médecin. Tous en voiture ensuite pour aller à l´autre bout du camp. Le batiment aux cheminées leurs fait face, Ghostër explique que 200 des passagers d´hier ont été poussé jusqu´à ce batiment. Chacun des quatre se colle l´oeil a une lucarne pour regarder le « spectacle » comme il l´appelle. Horrifié Junër s´écrie qu´il y a un soldat en uniforme parmi eux, Ghostër lui explique que c´est normal, il est comme eux et mérite donc le même chatiment. Junër se ressaisit, il voit le gaz emplir petit a petit la grande pièce, dedans ses ex-passager s´agitent, réagissant à celui-ci, le chimiste expliquant que ce gaz prend directement au cerveau, tous tombent peu à peu comme des mouches eux qui s´agitaient il y a peu encore dans tous les sens. Le médecin recule lorsque l´un d´eux s´affaisse la main glissant le long de sa lucarne. C´est fini, le gaz est évacué et plus rien ne bouge à l´intérieur. Il reste à sortir tout ce pêtit monde pour les bruler, de façon à gagner de la place pour amener le reste.
Junër se prépare à repartir, le train part à 12h.
Une fois tout le monde prêt le train quitte le camp, direction la gare d´approvisionnement, qui doit déjà être rempli avec tout ce qu´amène les soldats du front chaque jour. Des camps comme ça et des trains il y en a des centaines au pays depuis que la menace se propage, ces « gens » là il faut les trouver, il faut les capturer, les transporter, les gazer et les bruler, sinon jamais on ne survivra face à tout ces ZOMBIES.
->Voilà, j´espère que ça vous a plus, je voulais vraiment vous plonger dans un climat que vous penseriez connaître, explorer une histoire de zombie à travers une entrée en matière différente de ce qui a pu été fait à leur sujet, cette idée de transposer les camps de concentrations/éliminations dans le fantastique avec des zombies.
J´attend vos réactions sur le fond et/ou la forme 