"Alors sur les eaux mouvantes de l'Océan commença a se montrer le visage de l'homme ; la mer m'apparut pavée d'innombrables têtes tournées vers le ciel ; des visages furieux, suppliants, désespérés, se mirent à danser é la surface, par milliers, par myriades, par générations, par siècles ; mon agitation devint infinie, et mon esprit bondit et roula comme les lames de l'Océan."
"Si la vie pouvait magiquement s'ouvrir devant nous, si notre oeil, jeune encore, pouvait parcourir les corridors, scruter les salles et les chambres de cette hôtellerie, théâtres des futures tragédies et des châtiments qui nous attendent, nous et nos amis, tous, nous reculerions frémissants d'horreur !"
"Mais la Mort, que nous ne consultons pas sur nos projets et à qui nous ne pouvons pas demander son acquiescement, la Mort, qui nous laisse rêver de bonheur et de renommée et qui ne dit ni oui ni non, sort brusquement de son embuscade, et balaye d'un coup d'aile nos plans, nos rêves et les architectures idéales où nous abritions en pensée la gloire de nos derniers jours !"
Paradis artificiels, de Charles Beaudelaire.