vous est il arrivé de vous trouver , quelque part sur le vaste et mobile continent du sommeil ( qui dans ce cas précis se trouvera justement replié , rétréci et renfoncé comme si, sous l´effet d´un ébranlement tectonique intense et subit , il rentrait sous la peau dure et squameuse de la réalité , de la " vie éveillée", nettement moins erratique mais moins soluble ) , dans un rêve à ce point banal qu´il vous inspire l´envie, plus banale encore, de dormir, et de vous dire : mon dieu que fais -je en ce lieu, que fais-je à la surface de ce jour opaque sur lequel les heures ricochent infiniment ( le temps impénétrable au temps , la minute cherchant la bouche de l´heure et l´heure se ruant en vain aux lèvres du jour ! )
rêve étrange, long comme une ombre au terme d´un jour qui n´en finit pas et dont on attend que le le soleil éclate la gaine , en la gonflant de tout ce sang qu´il épanche en longues veines au tournant du ciel
Antipode du rêve où j´ai rêvé de moi
De qui d´autre répondre ô visage évident
Que la nuit met à jour Et j´y rêve et j´attend
Que la nuit vienne et c´est toujours le même émoi
Que le jour dans la nuit reconnaisse sa cendre
On se demande en vain lequel imite l´autre
Le même feu se meurt aux battants de la porte
Et tant cette vie double est longue à redescendre
Que j´oublie que je vis que j´oublie que je rêve
Les lignes du sommeil sont celles de ma main
Et la voix que j´écoute au creux de ce chemin
Est la même qui parle à l´heure où je me lève