Ceci est une courte nouvelle - ou plutôt une " historiette" - écrite de ma main dont je vous laisse deviner la particularité...
La nuit du Loup.
J´habitais alors Montsou, où la composition d´un roman constituait mon occupation la plupart du jour. Sinon, si l´inspiration tardait, j´allais au bois mon fusil à la main, tuant un lapin pour mon plaisir.
Un jour donc, pourchassant un animal jusqu´au soir, j´ouïs un carillon au lointain qui tinta huit fois. Laissant mon lapin à son sort - car la population du cru affirmait qu´il y avait un loup tapis aux confins du bois qui rôdait jusqu´aux abords du champ communal - j´ai voulu courir jusqu´au bourg mais trop tard. La nuit arrivant toujours à grands pas au pays, tout fut indistinct pour moi alors qu´il n´y avait plus qu´un quart du parcours à accomplir, dans un profond vallon aux buissons touffus. A tatôns, j´avançais alors sans voir, marchant, tombant, cognant un tronc, jurant... puis stoppais, craintif. Un bruit soudain, un cri: tout paraissait affolant! Frissonnant dans l´inconnu, couard craignant à tout instant l´apparition du loup fatal, moi l´incroyant priais, ou plutôt marmonnais, ma main agrippant mon fusil, mon Graal ! Tout à coup l´animal fut là : un grand loup massif aux crocs luisants. Vision d´un fou ou d´un individu qui va mourir tantôt ? Soudain il bondit sur moi. Alors mon fusil claqua puis un lourd poids s´abattit sur mon corps, qui s´abandonna. Tout fut plus noir, plus obscur, mort...
Il faisait grand jour, j´avais du sang sur tout mon bras droit, quand j´arrivais l´air triomphal, portant l´animal occis dans mon dos sous moult vivats du tout Montsou, à la maison pour finir mon manuscrit.