Voilà g écrit ça vite fait. ça m´a pris comme ça, alors donnez moi votre avis sur cette mini nouvelle ( aussi courte que le 100m) à propos de la dernière course d´un homme.
Sur ce bonne lecture!!
L´air claque sur mes muscles. Je sens le sang dans mes veines. La ligne de départ, la ligne d´arrivée : je scrute ces deux points précis. Le départ et l´arrivée. Ils résonnent en moi. Pas même un regard à mes concurrents, seulement le départ et l´arrivée. Le public s´est-il tût ou bien est-ce moi qui ne l´entends plus? On s´avance, j´y suis : je suis enfin au départ, résultat de tous mes efforts, de tous mes sacrifices. Il est là, mon pied gratte sa terre, mes yeux scrutent le paradis, le point final. Que retiendra-t-on à la fin de cette course? Le premier, celui qui passera la ligne avant les autres, pas celui qui a fait la plus belle course ou bien celui qui s´est dépensé le plus, non seulement le premier. Je dois réussir, c´est mon objectif.
Plus le temps de penser. Délicatement je m´affaisse et cela se faisant mes doigts frôle la blancheur de la ligne. Je callent lentement mes pieds avant le départ, je reprends mon calme, souffle. C´est ici que tout se joue, le seul moment où je peux prendre une avance sur eux. Pour le reste mon entraînement me suffit, savoir comment courir et tenir. Je regarde l´horizon déformé par la chaleur du soleil. Le public continue à gronder en un bruit qui me semble dès lors saturé. Je bloque mon esprit, me concentre sur mon corps. Le speaker crie : " Prêt! " . Mon souffle gonfle ma poitrine, si je le pouvais je vomirais. " Feu". Mon coeur bat de plus en plus vite comme lorsque l´on aime. On ne le veut pas mais ce bougre s´emballe. " Partez"... Les ténèbres. Les ténèbres m´envahissent. Ma tête ne suit plus mon corps, habitué qu´il l´est il s´est levé d´un bond et cours. Cours à en perdre haleine. Courir. Courir. Mes muscles battent, oui ils battent ce qui peut paraître improbable mais c´est ce que je ressens. Ma tête est au bord de l´implosion. Mes muscles qui battent et battent encore. Le souffle bruyant de mes poursuivants parvient à mes oreilles. Est-ce leur souffle ou mon imagination? Je ne sais pas mais tout me dit d´accélérer. Mon coeur ne va pas tenir, j´en suis sûr mais ça ne fait rien je donne tout. Cent mètres pour la gloire ou l´oubli. La vie ou la mort. Cent mètres qui ne dureront que quelques secondes, moins de dix mais où mon esprit s´est arrêté, où mon instinct animal s´est réveillé. Dans cet état je serais prêt à tuer pour gagner. La route dévale sous mes pieds. L´arrivée me scrute, cours vers moi. Elle est là enfin! Je donne un dernier coup, me jette à l´avant, réflexe apprît à l´entrainement. Tout est fini... Je me penche, respire, me retourne. Les cris du public me parviennent enfin. Ces cris ils sont pour moi. Je regarde mes concurrents pour être sûr de ma victoire. Certains ont la mine déconfite, d´autres viennent me féliciter. Le speaker hurle mon nom au micro. A bout de souffle je fait un bref salut au public et vomis. Bizarrement je ne me sens pas ivre de joie, je souris seulement. Je m´attendais tellement à une explosion qu´elle n´est pas venue. Tant de fois j´avais rêver ce moment : être champion olympique. La concrétisation de tous mes efforts est enfin là; mais plus que de la gaieté je ressens un vide. Je n´ai plus de but... Plus aucun. Mon corps s´écroule lourdement au sol. Mon esprit décide de s´arrêter. Ma vie est finie. Quelques cris d´effroi me parviennent encore. Je vois les gens qui m´aiment s´approcher de moi, m´entourer mais je ne reviendrai pas. Je comprend enfin mon véritable but sur Terre. Je peux mourir en paix.
On se souviendra de moi......en tant qu´ homme de bien.