De la confrontation verbale entre êtres humains.
Désolé pour les habitués, mais je n´ai pas encore trouvé de forum dédié aux réflexions existentielles.
Ici je veux parler du fonctionnement des ‘agressions’ orales ou écrites, notamment sur internet, entre les entres humains, simplement parlant provoquées par l’orgueil, la frustration de ne pas être reconnu pour ce que l’on est ou ce que l’on sait, et réciproquement par la défense de l’ego.
Exemple : sur l’un des forum de ce site, un internaute diffuse des informations sur un jeu, un livre, un film ou quoi que ce soit d’autre dont il est le seul sur le forum à savoir beaucoup de choses. Il est fier de lui, pour ce qu’il fait, sans doute dans un but honorable, et pour ce qu’on lui rend, des remerciements, de l’admiration, et soudain il prend goût de tout cela.
Et arrive un autre internaute, qui prend connaissance de ce qu’a dit le premier, note quelque chose d´inexact et lui en fait part.
Le premier internaute, blessé dans son orgueil de ‘célébrité’, sort alors tout une palette de rhétorique et de l’art du parler pour, selon lui, sauver la face et ne pas se mettre en condition d’infériorité ; pour une bête remarque.
Autre exemple : un internaute débarque et dit quelque chose de complètement déplacé ou que tout le monde connaît. Un autre internaute ne pourra s’empêcher de l’humilier et de tenter de le ‘casser’ pour paraître ‘cool’ aux yeux des autres ou montrer une supériorité qu’il ne possède pas forcément.
Seulement pour se sentir bien dans sa cyber-peau.
Même situation dans la vie réelle.
On veut s’affirmer par rapport aux autres. Inversement, l’offensé, croyant qu’il va sortir amoindri de l’agression verbale qu’il a subie, continuera la joute pour ne pas paraître à son sens ridicule.
Tout ça pour deux points : soit pour être content de soi, soit à cause du regard des autres.
Or ça c’est la réaction typique de l’humain moyen. La catégorie 3, dirons-nous.
Il en existe toutefois plusieurs autres :
-la pire, que l’on appellera la classe 4, celle qui profère pour seule défense ou attaque un flot d’insultes.
-la meilleure, la classe 1, celle qui ignore tout simplement l’agresseur ou bien fait une remarque polie devant la stupidité de celui dont la catégorie 3 se foutrait automatique de la gueule.
Cette catégorie 1 a conscience de leur appartenance à une même la race. Nous appartenons tous à la même espèce, nous avons des choses à partager, nous pouvons vivre en harmonie et en confiance, et nous nous battons pourtant, physiquement ou pas.
Entre les deux catégories, une autre qui fait partie de la classe moyenne, même si elle quand même au-dessus. On l’appellera donc la catégorie 2.
Elle consiste soit à agir comme la classe 1 face à celui qui prononce une bêtise, soit, cette fois-ci de façon différente, à répondre à l’agresseur verbal en sortant elle aussi l’art de la rhétorique et des remarques acerbes pour critiquer l’attitude stupide de celui qui l’a attaqué dans le but de défendre son ego ou paraître supérieur.
Cette catégorie 2, qui n’a pas atteint le niveau de la 1 dont font partie, à mon sens, les sages, les yogi, et tous ceux qui ont l’habitude de se détacher de l’avis des autres, a toutefois la même conscience d’appartenir à la même espèce que celui ou celle qui l’a offensée. Elle sait qu’elle devrait simplement l’ignorer pour éviter de faire naître un autre débat stérile et parasite dans la satisfaction de soi.
Elle en a conscience, et pourtant elle répond pour défendre son ego. Et pourquoi ? Parce qu’elle se dit qu’elle n’a aucune raison de laisser tranquille quelqu’un qui l’a agressée. Pourquoi devrait-elle laisser un être se satisfaire par rapport à elle ? Elle n’aurait jamais agi comme tel, mais si l’on veut qu’elle ne poursuive pas la confrontation d’un ou d’une imbécile, on n’avait tout simplement pas à commencer à l’attaquer. C’est la loi du talion. Elle rend ce qu’on lui a donné.
Mais alors, qu’est-ce qui rend donc la classe 1 si paisible ? Si l’on analyse attentivement la situation, on se rend compte que ce n’est rien d’autre que la confiance envers ses semblables, déjà citée. Tout comme Marivaux croyait en la perfectibilité du cœur humain, la classe 1 veut donner un exemple qui, s’il était suivi, ce dont beaucoup trop de personnes sur cette planète en sont incapables, faute de maîtrise de soi, créerait déjà une forme de paix entre les hommes.
Et c’est bien de cette confiance que la classe 2 a conscience mais à laquelle elle ne croit absolument pas. Les autres classes, elles, ne semblent pas ne serait-ce qu’en connaître la définition.
Moi, personnellement, je n’y crois pas.