voila la suite, c un peu fantastique... irréel, alors s´il vous plait ayez de l´imagination ! !
J´espere qu´elle vous plaira, dans tout les cas g vmt aime l´écrire !
Où suis-je ? Que fais-je ?
Un sol cotonneux, blanc, vallonné parfois et immense, tellement immense que les battements de mon cœur s’accélèrent de façon inhabituelle. Moi qui suis d’ordinaire si calme… que faire ?
Reprendre ses esprits, oui, retrouver la maîtrise de soi, de son corps. Assise, j’entame de légères rotations de poignets, puis de bras. Je me pince l’avant bras, aussitôt la douleur apparaît. Je vis, c’est réel, tout cela est encore plus inquiétant. Je tente de me relever, fais un pas et trébuche, me prenant les pieds dans ce qui semble être une boucle traître à la texture semblable à celle de la barbe à papa. Ma tête se précipite à toute vitesse à terre et mes paupières s’abaissent instinctivement. Je redoute l’impact entre mon corps et cette substance inconnue durant quelques fractions de secondes qui me paraissent tellement lourdes en tension que je doute que mon cœur puisse soutenir un tel effroi…. mouffff
Le contact est doux, soyeux, nullement désagréable. Un frisson de plaisir, qui m’étonne, parcourt ma colonne vertébrale. Je reste un instant paralysée, en attente, ayant le sentiment qu’une force incontrôlable et surnaturelle détermine mon sort. Silence. Une bourrasque de vent balaie d’un coup sec mes cheveux dénoués.
Tout à la fois inquiète et curieuse de découvrir où je me trouve, j’avance précautionneusement à travers cette gigantesque pelote de coton. Ne prenant pas le risque de me lever à nouveau, je rampe, me dirigeant dans une direction incessamment blanche. Mon pouls s’accélère, sans même avoir besoin de le prendre je l’entends qui résonne comme une musique angoissante dans ma tête. Plus je m’avance, plus l’étendue qui s’offre à moi me semble interminablement écarlate et vaste. Inspirer profondément , voilà ce que je dois faire. Je le fis. Stimuler la connexion des synapses me paraît la meilleure solution mais je ne peux fixer mon attention. La tête me tourne. NON NON NON. Je me battrai. Démente et hallucinée, je me lève, cours, trébuche, me relève, entêté et furieuse contre mon sort, moi même et la puissance de la matière démoniaque que j’écrase a chacun de mes pas. Quel plaisir délirant !
Je sens émerger en moi un désir intense de vengeance, contre qui, contre quoi ? je ne le sais pas encore. Victoire, j’atteins mon but, au loin un trou bleu, perdu dans cette blancheur endiablée. De nouvelles ressources m’accablent, un regain d’énergie me propulse vers l’avant.
Avec chance, je ne trébuche plus et bientôt, je peux contempler ce que j’imaginais être un trou. Il s’agit en fait de la fin de cette immensité ensorcelante. J’observe le plus précisément possible le décor et, pétrifiée, découvre de nouvelles étendues blanches. Il y en a cinq. Toutes sont longues et relativement étroites, à l’exception de celle la plus à gauche qui est plus large et plus courtes que les autres… le pouce ? Je m’en approche, court follement, aveuglée par la blancheur de la matière et assimile, effarée, l’élément qui me supporte à une main géante. Impossible ; de nouveau je sens que des cris de détresse vont s’échapper de ma bouche. Je lutte, stoppe. Une bourrasque de vent me propulse à terre et la terreur que je contiens depuis si longtemps semble atteindre son paroxysme car un son strident, effrayant, jailli de ma bouche, de mon être entier, incapable de supporter plus encore de surprise si innocente soit-elle.
Relevant la tête, j’ouvre petit à petit mes yeux, terrifiée à l’idée de me trouver encore immergée dans ce monde délirant. Je me releve et, alors que je fais un pas, une partie de moi se manifeste et m’arrête immédiatement ; puis de nouveau un pied s’avance malgré moi, puis un deuxième, suis je folle ?
Me voilà, telle une funambule maladroite découvrant un territoire hostile.
Aucun incident ; je poursuis ma quête comme obsédée par l’horizon blanc devant moi. Mon regard se voile, une larme brouille ma vision, j’avance quelques secondes à l’aveuglette tandis que ma main essuie farouchement la larme. Mécaniquement je continue, sans me poser de questions, concentrée uniquement à repousser la terreur qui s’accapare de chacun de mes nerfs, de mes muscles. Soudain du bleu : devant moi, à ma droite, à ma gauche. La matière sous mes pieds a changé, du moins en surface ; je m’accroupie, frotte puis palpe l’élément nouveau : l’ongle. Me redressant j’approche du bord, un précipice bleu ; au loin : la planète bleue. Comment ai-je pu parcourir une telle distance ?
Frayeur, désespoir et lassitude s’unissent et je chancelle, un faible souffle de vent s’ajoute à la pression de mes émotions déjà insoutenable et je bascule, tout mon corps bascule dans l’immensité bleue. Ma main s’accroche immédiatement à un mince filet de coton, vite secourue par ma main droite, mais le coton s’effiloche et je tombe dans le vide, empoignant inutilement le peu de coton restant. Mes paupière s’abaissent instinctivement encore. Noir.
Je ré ouvre les yeux, lève la tête ; c’est bien moi, allongée dans mon jardin les bras croisés sous ma poitrine. Ah quel rêve étrange m’avait hantée ! Me traitant d’idiote je m’assoie et, précautionneusement ouvre mon poing serré : une minuscule pelote de coton s’offre à mon regard. Frayeur, désespoir et lassitude me submergent à nouveau et, lentement, alors que les battements de mon cœur s’accélèrent, ma tête bascule vers l’arrière, dévoilant dans le ciel un nuage en forme de main, étrangement réel.
Mes lèvres s’ouvrent, adoptent une position traduisant une terreur infinie. Plus encore infinie que l’étendue blanche qui me paralyse. Je veux fuir, tente d’actionner mes muscles mais ils refusent de coopérer, comme si eux aussi ne pouvaient que rester pétrifier face à un tel sort. La main se rapproche, ma bouche se déforme encore, un cri s’en échappe, suivi d’un autre. Les doigts de l’immonde créature se replient et, lentement, comme pour savourer mon incompréhension, mon impuissance, ma terreur elle-même, s’approche, si lentement que l’air alentour reste immobile, en suspens, comme mon cœur. Soudain, les doigts se referment sur moi et je sombre, inconsciente.
Pourtant, je ré ouvre les yeux une dernière fois, et découvre, étonnée et admirative, un vaste espace d’une blancheur luisante, immaculée.
Où suis-je ? Que fais-je ?