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Rédaction: BAUDELAIRE Le Spleen de Paris

Jonesy
Jonesy
Niveau 10
20 mai 2004 à 16:28:30

C´était la rédaction que j´ai du faire pour le Brevet Blanc en Français. J´aimerais que vous me donniez votre avis. Mais je vais d´abord vous donnez le texte original.

Jonesy
Jonesy
Niveau 10
20 mai 2004 à 16:49:51

Introduction: La scène se passe au XIXe siècle. Le narrateur assiste à une fête populaire qui rassemble les saltimbanques, faiseurs de tours, montreurs d´animaux, boutiquiers ambulants.

C´était un mélange de cris, de détonations de cuivre et d´explosions de fusées. Les queues-rouges et les Jocrisses convulsaient les traits de leurs visages basanés, racornis par le vent, la pluie, et le soleil; ils lançaient, avec l´aplomb des comédiens sûrs de leurs effets, des bons mots et des plaisanteries d´un comique solide et lourd comme celui de Molière. Les Hercules, fiers de l´énormité de leurs membres, sans front et sans crâne, comme les orangs-outans, se prélassaient majestueusement sous les maillots lavés la veille pour la circonstance. Les danseuses, belles comme des fées et des princesses, sautaient et cabriolaient sous le feu des lanternes qui remplissaient leurs jupes d´étincelles.
Tout n´était que lumière, poussière, cris, joie, tumulte; les uns dépensaient, les autres gagnaient, les uns et les autres également joyeux. Les enfants se suspendaient aux jupons de leurs mères pour obtenir quelque bâton de sucre, ou montaient sur les épaules de leurs pères pour mieux voir un escamoteur éblouissant comme un dieu. Et partout circulait, dominant tous les parfums, une odeur de friture qui était comme l´encens de cette fête.
Au bout, à l´extrême bout de la rangée des baraques, comme si, honteux, il s´était exilé lui-même de toutes ces splendeurs, je vis un pauvre saltimbanque, voûté, caduc, décrépit, une ruine d´homme, adossé contre un des poteaux de sa cahute; une cahute plus misérable que celle du sauvage le plus abruti, et dont deux bouts de chandelles, coulants et fumants, éclairaient trop bien encore la détresse.
Partout la joie, le gain, la débauche; partout la certitude du pain pour les lendemains; partout l´explosion frénétique de la vitalité. Ici la misère absolue, la misère affublée, pour comble d´horreur, de haillons comiques où la nécessité, bien plus que l´art, avait introduit le contraste. Il ne riait pas le misérable! Il ne pleurait pas, il ne dansait pas, il ne gesticulait pas, il ne criait pas; il ne chantait aucune chanson, ni gaie ni lamentable, il n´implorait pas. Il était muet et immobile. Il avait renoncé, il avait abdiqué. Sa destinée était faite.

Sujet: Vous devez imaginer un prétexte pour amener l´Hercule ( ou la danseuse) à rencontrer le saltimbanque; vous décrirez le lieu de la rencontre. Dans un dialogue, l´Hercule ( ou la danseuse) fera le récit d´un mésaventure qui l´a conduit(e) tout comme le saltimbanque à déséspérer de la vie. Les deux personnages se sépareront plus tard sur une note d´espoir.

Consignes: Vous soignerez particulièrement la description et le dialogue. Vous exprimerez les émotions et les sentiments des personnages. Il sera tenu compte dans l´évaluation, de la présentation, de la correction de la langue et de l´orthographe.

Je vous écrirai ma rédaction aussi vite que possible. Merci pour tous ceux qui ont pris le temps de lire ça. Si je n´écris pas ma rédaction toute suite c´est que je n´ai plus le temps.

Jonesy
Jonesy
Niveau 10
21 mai 2004 à 16:20:35

Enfin voilà l´instant que vous attendiez tous: ma rédaction!

Comme les cris, les rires et les lumières trop vives lui avaient donné mal à la tête, l´Hercule s´éloigna de la fête. Mais en réalité, son trouble ne relevait pas d´un simple mal de tête, il était plus grand encore. C´était en fait l´addition du déséspoir des jours précédents. En effet, il en était venu à haïr l´ambiance de ces fêtes qu´il avait adorées jadis. Tous ces cris, ces lumières, la façon dont les gens jouaient avec leur argent, toute cette débauche et les odeurs de sueur et de poussière le dégoutaient, l´écoeuraient presque. Et l´argent venait aussi à lui manquer. Il souhaitait que tout cela finisse le plus vite possible.
Il flanaît parmis les baraques, lorsqu´il aperçut un homme adossé à un poteau. C´était un saltimbanque voûté, usé par l´âge, vêtu de haillons qui transpiraient la misère. On l´aurait presque cru endormi, car il était figé. Son crâne était nu, tout comme le sien, et c´était d´ailleurs la seule chose dans son apparence qui paraissait soignée. Sont teint était gris, ses joues creuses, et il avait l´air de ne pas avoir mangé depuis longtemps. Mais ses muscles étaient encore grands, malgré sa condition. Son cou était musclé comme celui d´un taureau, ses épaules carrées et ses bras puissants. Ses mains, que la misère avait salies, étaient couvertes d´égratinures, et ses pieds ne semblaient pas être dans un meilleur état. Non seulement l´Hercule pouvait voir la misère, et presque la toucher, tellement elle était palpable, mais il pouvait aussi la sentir.
Le vieil homme s´aperçut de sa présence, et leva la tête. Mais il resta assis, car il ne savait pas si ses jambes fatiguées auraient pu encore le supporter. Devant lui se tenait un jeune homme, un saltimbanque comme lui, qui avait l´air encore dans la force de l´âge. Il était très musclé et prenait soin de lui. Son maillot était trempé par la transpiration. Son torse et ses membres étaient très puissants. A l´évidence, son corps comptait beaucoup pour lui. Son visage était très beau et lisse, et il était baigné de sueur. Mais dans ce si beau portrait, qui faisait un contraste flagrant avec ces cabanes dressées dans un environnement de misère, il y avait un point négatif. Ou plutôt deux points négatifs: ses yeux, pourtant très beaux, reflètaient une profonde tristesse.
Après un silence qui sembla durer une éternité, l´Hercule se décida à parler:
" Bonjour, le salua-t-il.
-Qu´est-ce qui vous amène ici, s´enquit le saltimbanque.
-Je me promenais...
-Pourquoi avez-vous l´air si triste? s´étonna-t-il.
-Pour la même raison que vous, je suppose.
-Vous non plus, vous ne pouvez plus supporter l´ambiance de ces fêtes? demanda-t-il.
-Ni subvenir à mes besoins, soupira-t-il.
-Je suis comme vous, dit le vieil homme. Je suis déséspéré. Je ne pouvais plus supporter cette vie, ni même la vie en général, alors je suis venu m´exiler ici. Je ne supporte vraiment plus ça!"
L´homme paraissait songeur. Puis il lui demanda s´ils ne pouvaient pas faire un bout de chemin ensemble. Le vieil homme réfléchit, puis parut surpris. Il dit que c´était une très bonne idée, et qu´à deux ils pourraient certainement subvenir à leurs besoins. Alors le jeune homme lui promit de revenir le chercher demain à la première heure:
" Demain est un nouveau jour! dit-il, soudainement joyeux."
Le jeune homme s´éloigna, et le vieux saltimbanque sourit. Jamais il n´avait ressenti autant d´espoir. Il ne pouvait pas le croire! Demain il aura quitté ce sol jonché de débris, sa maison, si l´on pouvait appeler ça comme ça, et ses murs jaunis effrités par l´âge. Demain il ne verra plus cette cabane délabrée, et ne se tordra plus la cheville dans le sol de son unique pièce. Il se releva. Jamais sa vie n´avait pris un tournant plus radical et joyeux en si peu de temps. Le peu de paroles que l´homme avait prononcées lui avaient mis du baume au coeur. Ils s´étaient tout de suite compris.

Jonesy
Jonesy
Niveau 10
21 mai 2004 à 16:23:51

Si je vous demande de me donner votre avis, c´est que je n´ai pas trouvé ça très bien, et pourtant j´ai eu un 18/20. Alors j´aimerais bien savoir ce que vous en pensez. Merci d´avance. :)

zobinator
zobinator
Niveau 10
21 mai 2004 à 18:14:07

super com sujet !

ben je pense ke tu mérites ta note .
Tu passes av pas mal d´aisance entre la peinture du décor et celle de l´âme . TU parviens meme a faire naître des correspondances entre les deux tableaux , a les superposer et ainsi les amener a s´affermir mutuellement .

Le vocabulaire est assez riche .

Ya kelkes lourdeurs ds certaines tournures de phrase cf " faisait " ect

; )

en tout cas jespere ke ca ta donné envie de lire baudelaire !

Jonesy
Jonesy
Niveau 10
22 mai 2004 à 07:27:02

Merci. :)

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