Introduction: La scène se passe au XIXe siècle. Le narrateur assiste à une fête populaire qui rassemble les saltimbanques, faiseurs de tours, montreurs d´animaux, boutiquiers ambulants.
C´était un mélange de cris, de détonations de cuivre et d´explosions de fusées. Les queues-rouges et les Jocrisses convulsaient les traits de leurs visages basanés, racornis par le vent, la pluie, et le soleil; ils lançaient, avec l´aplomb des comédiens sûrs de leurs effets, des bons mots et des plaisanteries d´un comique solide et lourd comme celui de Molière. Les Hercules, fiers de l´énormité de leurs membres, sans front et sans crâne, comme les orangs-outans, se prélassaient majestueusement sous les maillots lavés la veille pour la circonstance. Les danseuses, belles comme des fées et des princesses, sautaient et cabriolaient sous le feu des lanternes qui remplissaient leurs jupes d´étincelles.
Tout n´était que lumière, poussière, cris, joie, tumulte; les uns dépensaient, les autres gagnaient, les uns et les autres également joyeux. Les enfants se suspendaient aux jupons de leurs mères pour obtenir quelque bâton de sucre, ou montaient sur les épaules de leurs pères pour mieux voir un escamoteur éblouissant comme un dieu. Et partout circulait, dominant tous les parfums, une odeur de friture qui était comme l´encens de cette fête.
Au bout, à l´extrême bout de la rangée des baraques, comme si, honteux, il s´était exilé lui-même de toutes ces splendeurs, je vis un pauvre saltimbanque, voûté, caduc, décrépit, une ruine d´homme, adossé contre un des poteaux de sa cahute; une cahute plus misérable que celle du sauvage le plus abruti, et dont deux bouts de chandelles, coulants et fumants, éclairaient trop bien encore la détresse.
Partout la joie, le gain, la débauche; partout la certitude du pain pour les lendemains; partout l´explosion frénétique de la vitalité. Ici la misère absolue, la misère affublée, pour comble d´horreur, de haillons comiques où la nécessité, bien plus que l´art, avait introduit le contraste. Il ne riait pas le misérable! Il ne pleurait pas, il ne dansait pas, il ne gesticulait pas, il ne criait pas; il ne chantait aucune chanson, ni gaie ni lamentable, il n´implorait pas. Il était muet et immobile. Il avait renoncé, il avait abdiqué. Sa destinée était faite.
Sujet: Vous devez imaginer un prétexte pour amener l´Hercule ( ou la danseuse) à rencontrer le saltimbanque; vous décrirez le lieu de la rencontre. Dans un dialogue, l´Hercule ( ou la danseuse) fera le récit d´un mésaventure qui l´a conduit(e) tout comme le saltimbanque à déséspérer de la vie. Les deux personnages se sépareront plus tard sur une note d´espoir.
Consignes: Vous soignerez particulièrement la description et le dialogue. Vous exprimerez les émotions et les sentiments des personnages. Il sera tenu compte dans l´évaluation, de la présentation, de la correction de la langue et de l´orthographe.
Je vous écrirai ma rédaction aussi vite que possible. Merci pour tous ceux qui ont pris le temps de lire ça. Si je n´écris pas ma rédaction toute suite c´est que je n´ai plus le temps.