Salut à tous les accrocs du livre, ce n´est pas vraiment la premiere fois que j´écris mais la premiere fois que je m´impose le format court d´une nouvelle. J´aimerais avoir vos avis et conseils pour progresser encore. Merki d´avance
Titre : Minuit, l´heure du crime.
La nuit est claire et sans nuage. Pourtant on parvient à peine à distinguer la pale lueur des étoiles. Seul une lune gibbeuse brille timidement au milieu de l’éclat de la ville.
Une enseigne lumineuse recouvre la rue d’une voile bleue fantomatique. Je m’avance vers la porte à double battant devant laquelle se presse une foule dense et compacte.
Je la traverse la masse agglutinée des gens pour rejoindre l’entré. Deux hommes aux épaules larges arborant un insigne sécurité sur leur veste noire dissimulant à peine la crosse de leur arme se tiennent devant.
L’un d’eux fait un signe discret par-dessus ses lunettes noires. Une jeune fille rousse portant une longue robe fine qui scintille à l’éclat des néons s’avance alors. La porte s’ouvre laissant échapper le brouhaha diffus de la foule et de la musique. La jeune fille fait un clin d’œil complice au cerbère puis se faufile dans l’entrée. Je m’engouffre à sa suite.
Les gens sont là pour se saouler d’alcool, de lumière et de musique. Partout des spots projettent d’innombrable flash lumineux agressif en rythme avec la musique hypnotique que crachent des centaines d’enceintes.
Je me laisse un instant fasciné par l’agitation frénétique des corps qui se tordent sous les vibrations puissantes de la musique électronique. Dépassant la masse des danseurs, je m’approche du bar. Une armée de serveurs survoltés veille ardemment à ce que les verres ne désemplissent pas.
C’est là que je repère trois de mes clients. Trois asiatiques portant tous le même costume d’un noir d’encre. Il semble étonnement austère comparé à l’excentricité ambiante ou chacun se part des couleurs les plus chatoyantes et lumineuses possible afin d’attirer l’attention.
Mais je me désintéresse d’eux pour l’instant. Ce n’est pas encore leur heure. Je parcours du regard la grande salle obscure et devine derrière le promontoire du DJ un miroir sans teint. C’est là que se trouvent mes autres clients.
Je me dirige calmement vers l’entrée de la petite pièce discrète de l’autre côté du miroir. Deux hommes battit dans le même moule que ceux de dehors en protège l’entré. Je me glisse à l’intérieur.
Seule une lampe halogène apporte une lueur morne au petit salon dont l’air est saturé des vapeurs d’alcool et de hachisch. Des bouteilles vides, pleines, renversées ou brisées jonchent le sol. Seul deux canapés décorés de fourrure synthétique meuble la pièce.
Sur l’un d’eux, une femme gît inconsciente dans une position qui ne dissimule rien de son intimité. Cela ne gène aucunement un homme chauve se trouvant à ses côtés qui lui malmène rudement les seins de ses mains épaisses.
Un peu plus en retrait, mon regard est attiré par un lourd colosse. Je vais vers lui. L’homme à la chevelure décoloré et de forte encablure expose fièrement un torse imberbe et une musculature massive. Je le devine sous l’effet d’un quelconque excitant car il ne cesse de rire entre ses dents serrées jusqu’au sang. Voici donc mon quatrième client.
Je m’éloigne de lui pour me préoccuper de mon cinquième et dernier client. Il se tient au centre de la pièce. Entre ces jambes, une jeune blonde à la taille fine et à la poitrine bien trop généreuse pour l’étroit corset qui ne la retient qu’à peine, tente en vain de ranimer l’ardeur de l’homme. Mais la seule chose qui l’intéresse lui en ce moment est la poudre blanche qui recouvre la table devant lui.
Il se penche et en aspire bruyamment une ligne puis se redresse les yeux perdus dans le vide. Il ruisselait de sueur tout en semblant être frigorifié car il frictionnait vigoureusement. J’observais avec détachement ses joues creuses, son teint pâle et ses yeux fous injecté de sang dans leurs orbites osseuses. Il aurait assurément pu être un fort bel homme si la drogue ne l’avait pas depuis longtemps rongé de l’intérieur.
Je me place en un coin et j’attends. Une minute peut être s’écoule avant que la porte du petit salon ne s’ouvre pour laisser pénétrer les deux portiers ainsi que mes trois asiatiques. On les fouille sans délicatesse. L’ambiance est tendue. Tout le monde est nerveux. L’homme chauve s’éloigne à regret de la fille inconsciente et va se placer derrière le maître des lieux.
S’ensuit un échange tendu entre mon client et l’un des asiatiques arborant une mallette en cuir. Rapidement le ton monte. Bien que leur langue ne sonne à mes oreilles que comme une succession incohérente de son, je comprends rapidement que l’enjeu de la dispute est le contenu de la fameuse mallette.
La discussion prend une nouvelle tournure. Mon client fulmine de rage et repousse brutalement la jeune fille qui n’avait cessé de s’activer à son ouvrage. Elle se glisse en rampant derrière le canapé alors que les deux hommes se tiennent maintenant face à face pareils à deux fauves. Ensuite tout se passe très vite.
Il est minuit l’heure du crime. La mallette noire s’ouvre brutalement et au milieu des billets vert s’envolant. Tous devinent l’éclat d’une lame. L’Asiatique s’en saisit et l’attaque est fulgurante. Un coup, puis deux, puis trois. Tous dans la poitrine maintenant sanglante. Je me saisis de mon cimeterre, l’arme des rois. Et au travers de celui qui s’effondre : Je tranche.
Le colosse se met en branle. Le couteau passe de main en main. Avant que les mains puissantes du géant blond aient pu se saisir de l’Asiatique agile, il s’effondre avec à la gorge un deuxième sourire morbide. Moi imperturbable : Je tranche.
Le déclic des armes à feu qui se dressent résonne alors. Les détonations éclatent et l’odeur de la poudre noire envahit la salle. Et je tranche. Et je tranche. Et je tranche.
Sur le sol, les sangs se mêlent et les âmes des morts se dressent. Je les laisse à leur hébétude et à leur surprise.
Autrefois je prenais le temps de leur expliquer ce que de toute façon ils finiraient par comprendre seuls en découvrant à leurs pieds, leurs corps inanimés.
Moi j’en aie finit de ma soirée. Le blé est fauché, la moisson terminée. Mais d’autres récoltes attendent le Faucheur. Silencieusement je repars.