Salut, je joins ma critique de Dracula, strictement personnelle 
Les points forts du roman: 
- Le registre littéraire du journal intime rend la lecture du livre plus intense pour le lecteur. Le journal intime, par définition intimiste, laisse le lecteur s'immiscer dans la vie personnelle des personnages. Les sentiments, les émotions ressenties par les personnages sont retransmises vers le lecteur. C'est une véritable empathie qui s'opère et insuffle une liaison étroite avec le lecteur. Ce dernier apparaît comme un intru lisant secrètement les confidences personnelles des personnages de la fiction. Le lecteur est l'enfant espiègle qui découvre le journal intime et ne peut s'empêcher de s'emparer du récit interdit pour assouvir sa curiosité.
Ce registre rend la fiction plus réelle que le style utilisé dans la narration du roman classique par la disposition des dates, de lieux, des sentiments. Le lecteur est le spectateur invisible caché derrière chaque personnages. Il ressent donc la peur, l'angoisse, les sensations des personnages.
- L'horreur est perçue par l'empathie entre le lecteur et les personnages. Elle est invisible. Elle est sensation et imaginée. On ne voit pas ou presque le comte Dracula. On ressent sa présence. La fiction articule l'horreur par les sens qui rendent visible ce qui est invisible. L'auteur laisse ses lecteurs s'effrayer par eux-mêmes. Il sait que l'imagination est le principal vecteur de la peur. L'homme craint ce qu'il ne voit ni ne connaît. Les personnages ne voient pas où très peu le comte, les rêves confondent réalité et fiction, hormis Van Hellsing, aucun personnages ne comprend qui est réellement Dracula, où tard. Le mot vampire n'est utilisé que très loin dans le roman et très peu de fois. Les rêves et cauchemars rendent l'illusion plus présente et entravent la compréhension de la réalité pour les protagonistes qui peinent à distinguer le vrai du faux.
- Le roman aborde les thèmes emotionnels tels que la peur, l'angoisse, la vie, la mort, l'amour... C'est véritablement ce dernier qui fait la force des personnages dans leur quête contre Dracula. Le désir est tout aussi représenté par les principales victimes du comte que sont les femmes. Lucy, Mina, ou à contrario, Jonathan séduit par les femmes vampires dans le château de Dracula. De même, l'amour des Harker, et l'attraction qu'exerce Lucy sur tous les personnages masculin de la fiction confirment que le désir et la séduction sont au coeur du roman. Le vampire est lié au sang, à la chaire, au corps, au physique. Il mord au cou, séduit ses victimes, les ensorcellent dans un jeu effrayant dont elles ne peuvent se libérer qu'avec amples difficultés. La transformation de la chaire lorsque Lucy et Mina deviennent progressivement vampire complète cet état de fait.
- Le docteur Seward, le metaphysicien Van Hellsing pénètrent l'esprit des gens. Renfield, l'hypnose de Mina, l'empathie des victimes avec le comte... La spiritualité est au centre du roman.
- Le roman perd de l'intérêt peu après la mort de Lucy. La tension se relâche très vite parce que les personnages sont très solidaires et apprennent la vérité sur la véritable apparence de Dracula. Des-lors, l'angoisse se dissipe peu à peu car les protagonistes sont souvent ensembles et leur connaissance du danger est renforcée. De fait, la peur de ces derniers, et indirectement celle du lecteur, s'en retrouve amoindrie. Au contraire, les premières cinquante pages du roman nous envahissent car Jonathan Harker est seul, prisonnier dans un lieu étrange, ne comprenant pas à qui il fait face. Jusqu'à la mort de Lucy, Seward et cette dernière ne connaîssent rien du mal qui rôde autour d'eux. Le lecteur s'inquiète pour l'etat de santé de Lucy, le suspens est encore présent.