Juste une petite précision . Ds le titre ya un jeu de mot entre " hisse" et " Ys" , qui est une ville ( je signale pr les non bretons ) légendaire ki aurait été enfouie sous les eaux et dont on entendrait parfois les cloches résonner encore . .. voila c important pr la poésie puiske j´en ai fai la métaphore de l´enfance perdue. :/
Quand l’enfance se hisse des ruines
Depuis ma plus tendre enfance
Que le temps muet hale vers mes jours
Perdus, je me distrais d’un long séjour
Ebloui au bord de l’anse
Bleue, où le flot indomptable s’éveille
Au creux de ma douce errance.
La mer me voit, éternelle mouvance
Dont l’œil écumeux sur moi veille.
Et je la regarde, comme l’on cherche,
Riant d’une douce démence
Et pleurant d’un plaisir bien trop immense,
Le baiser que cache une mèche.
Car je sens, sous ces vagues chevelues,
Et chantant sous le sceau de l’onde,
Une déesse sous son aube blonde,
Troublée par mes mots révolus.
J’attends ainsi au pied d’une falaise,
Tel Orphée dans son bois d’ombre,
Que la flamme aimée parmi les décombres
Renaisse comme de la terre glaise.
Mais quand Vénus, de ses jambes déliées
Soulève l’océan docile
En battant le vent fou de ses grands cils,
Je suis à l’angoisse lié.
Je ne peux voir, de mon antre funèbre
Où la lyre devient un orgue,
Que l’étende livide, infâme morgue
Où Ys boit sans soif les ténèbres.
Et, vide à mes pieds nus et ravinés
D’or, l’horrible conque nacrée
Où résonne encore la voix sacrée
De ma douce enfance avinée.