En ce froid novembre,
On fête les morts.
Le parfum d´ambre
Se mêle au remords.
Remords du vivant
Qui, piteusement,
Et, l´oeil rivant
L´austère monument,
Pose une fleur d´or
Sur le front marbré
De l´ombre qui dort,
Les lèvres cambrées.
Remord du défunt,
Qui, l´âme givrée,
Sent le pleur sans fin,
Soumis et livré
A la répugnance
En robe d´hiver,
Couler en silence
Sur l´été d´hier.
Voilà la Toussaint!
Jour choisi de deuil,
Noir sabbat des saints,
Salut au cercueil!
L´on voit, aux tombes
S´incliner la vie
Sur la mort en trombe,
Les fleurs qui dévient.
Ô peur du vers tors
Qui ronge la mort!