Le 11 février 2017 à 18:10:47 SlashBerry a écrit :
Dans les commentaires on lit : "L'émotion de l'auteur nuit à la controverse, il n'en reste pas moins que le fond reste le même, Céline était un violent antisémite, collaborateur, et selon l'auteur profondément raciste associé aux thèse de Hitler. Coût: sept million de morts. Si après cela il y en a qui vont faire l'impasse et trouver du plaisir à lire ses oeuvres, alors qu'il y en a tant d'autres de pures, je ne suis pas de ceux la."
J'avais vu une prof de français sur facebook qui disait peu ou prou la même chose.
Je ne comprends pas comment l'on peut faire l'impasse sur Céline pour ces raisons.
(Attention, je n'amoindris pas tout ce que Céline a pu écrire !)
J'imagine que tu n'as pas voulu te salir les yeux en lisant Bagatelles ?![[[sticker:p/1lmc]]](https://image.jeuxvideo.com/stickers/p/st/1lmc)
Plus sérieusement, c'est une question de fond : non pas celle, toute scolaire, de la distinction entre l'oeuvre et l'auteur mais celle qui fait la distinction entre les oeuvre pures et impures. Peut-on apprécier Hugo en sachant qu'il vomit l'Empire, pleure pour que la France ait des chemins de fer mais ne parvient jamais à intégrer que l'Empire (le second, j'entends) a été le régime qui a le plus créé de voies de chemin de fer ? Passé le constat, donc, de la bêtise d'un auteur (j'ai pris Hugo, c'aurait pu être Maurras, Gide, Froissart ou Voltaire), faut-il s'en distancier purement et simplement ?
Je n'ai jamais lu un auteur dont j'ai épousé les vues politiques, il faut dire que je ne lis pas la Littérature comme beaucoup de bourgeois ou de bourgeois wanna-be, en y cherchant un sens, une Weltanschauung qui en sont absents. Je ne suis pas un coraniste. Ma vision du monde, si imparfaite soit-elle, je ne la dois qu'à moi-même, au regard que j'aie porté sur les choses dont j'ai été témoin, sur les oeuvres que j'ai contemplées.
Les coranistes, qu'on appelle en Europe les intelectuels, se distancieront des oeuvres qui ne s'approchent pas assez de la vision du monde de leur maitre à penser. Les hommes ne chercheront que la litérature dans la littérature, n'éprouvant qu'indiférence, ou au mieux une vague curiosité, pour les opinions des auteurs qu'ils lisent.
La terreur qui ressort de ta dernière phrase devant la participation par association au crime des six millions, et malgré les précautions que tu prends dans celles qui précèdent, te range dans la première catégorie.
Odi faquinum vulgus et arceo.
Le 11 février 2017 à 18:26:43 SterMon a écrit :
Par quoi commencer Céline?
Voyage au bout de la nuit !
Dans la foulée, lire Entretiens avec le professeur Y.