pa lu féerie . .. seulement lu Mort a crédit et le Voyage
ouai... l´âme humaine vomie tout d´un bloc. Apres avoir lu Celine on sent sale, on voudrait se moucher ds les jupons a maman " pincer la corde ombilicale " ( Artaud) a jamais pr en sentir infiniment les vibrations.
On a limite plus envie de voyager , tellement le monde a l´air d´être partout le même " merdier" , qu´on s´essouffle entre les gratte ciel new yorkais ou bien qu´on trime dans l´atmosphère rauque et paludéenne de l´Afrique, tellement le coeur humain, ouvert a deux battant sous une poitrine enfoncée, se ressemble et se confond dans le même rythme maladif et saccadé.
Une apnée profonde dans la poisse et les anfractuosités de l´homme. Le personnage de Bardamu est peut-être un des plus " beaux " personnage de la littérature. Il nous donne l´impression d´être nous même pris sur le fait, rejoint ds l´intimité moite où tout un chacun se sent assez tranquille pr se répandre et se vider de tout le ciel auquel il prétend devant les autres.
Ah! le bon lit de fange ! les latrines à crâne ouvert .
c vrai qu´il est dur à lire... on a pas toujours envie de parler de ce qu´on a lu . On en est pas très fier, tellement on s´est collé comme des mouches sur les pages excrémentielles de cette littérature.
Ah l´envie qu´il nous prend de fuir ce carnage avec lui , de ne rendre aucun compte à personne ( cf début de Voyage ) , de laisser le bubon des guerres et des famines enfler sous l´aisselle du monde , et comme on voudrait se vendre et se prostituer !
Un personnage me fait affreusement penser à ce Bardamu ( meme si la comparaison pourrait être tres mal venue ) . Cet adolescent qui , sorti des limbes humaines de Tréblinka, répond , à la question qu´on lui pose sur ce qu´il attend de la vie qui le reprend : je voudrai être seul au monde , marcher dans la forêt , seul, et manger . ( ce personnage apparaît dans l´oeuvre, que je ne saurai jamais qualifier , de CLaude Lanzmann , Shoah ) .
Tout ce qui persiste , comme relent d´amour et de beauté, s´épand comme un parfum sur du lisier . Il faut approcher de très près Celine , il faut aller chercher très loin ds sa gorge , pour entendre un peu , comme un infime borborygme , tout ce que la littérature avait précemment composée, de romances , d´élégies, d´églogues et de romans courtois.
mmmhh.. Le bon lait maternel caillé sur ses levres. L´impression d´être seul au monde , d´être " une trace de doigt sur la vitre du monde " ( Buckowski )
Et l´impression, pourtant, que c´est déjà trop, qu´il faudrait rétracter l´existence au point de plus trop la sentir , qu´il faudrait en quelque sorte la vomir , oui. Et l´illusion de la broye sous l´étau de la peur . On a peur et la vie nous déchire le ventre.
Les existencialistes s´en souviendront.
Celine... on frappe a sa porte et il nous fout son poing dans sa gueule. Ce qu´on recrache avec les dents, c´est aussi le bon langage et l´envie d´être poète .