Paul et Richard sont deux gendarmes. Paul est adjudant et a 38 ans tandis que Richard est un jeune gendarme de 23 ans qui vient de finir ses classes trois mois auparavant. Ils patrouillent ensemble depuis trois mois maintenant car au sein de la brigade, une certaine tension est ressentie depuis quelque temps. L´ancien commandant a été descendu sur une intervention et Paul assure l´interim jusqu´à la nomination d´un nouveau commandant. La Clio bleu nuit sillone calmement la campagne dont les onze hommes de la brigade assure la sécurité. Leur zone d´intervention se résume à un canton de quatre villages. Il est minuit trente et la radio crachote. La patrouille de quatre heure a débuté une demi-heure plus tôt. Les deux enfants de Paul doivent dormir du sommeil du juste tandis que Marie, la jeune femme de Richard doit se retourner dans ses draps en imaginant le pire pour sa moitié. Un braquage en cour est annoncé sur le Rubis ( radio de la gendarmerie). Des individus ont défoncé la devanture d´une bijouterie avec une berline et tentent de s´emparer des biens de grande valeur. L´appel est enregistré et le PSIG ( Peloton de Surveillance et d´Intervention de la Gendarmerie) est envoyé sur place. Cependant, la patrouille devra arriver en premier car le PSIG est en intervention. Richard enclenche le deux tons et le gyrophare et la petite voiture transperce la nuit à 120 sur cette petite départementale. Le panneau annonçant l´entrée du village apparait au milieu des phares tandis que le conducteur ralentit qq peu sa vitesse et coupe la sirène pour ne pas éveiller affoler la population et se faire repérer par les gangsters.
La bijouterie est à un kilomètre maintenant et les deux hommes ne savent pas le nombre de vendales qui les attendent ni leur armement. Ils garent discrètement le véhicule à deux cent mètre de la bijouterie et enfile rapidement leur gilet par balle. Le gradé s´empare alors du fusil à pompe et engage une cartouche dans la chambre tandis que la jeune recrue dégaine son arme et se faufile parmis les ombres. Ils se figent derrière un bosquet. Les braqueurs semblent être au nombre de quatre et se sont servis d´un tout-terrain pour défoncer la vitrine. Quelque fenêtres sont allumées témoignant de la prise de conscience du voisinage qui n´ose pointer le bout de son nez afin de ne pas écoper d´une balle perdue. Les deux hommes s´engagent à découvert et font les sommations d´usage pret à faire feu. Un des hommes cagoulé se retourne et le gradé fait feu ; la décharge de chevrotine le clou définitivement au sol tandis que le jeune gendarme tient en respect les deux autres voleurs. Le quatrième, à couvert, fait feu à trois reprises et blesse le gradé à la cuisse, ce dernier s´effondre et tire une fois au sol. Le crâne du tireur isolé vole en éclat. La recrue, paniquée, ne sait où donner de la tête au coeur de l´action. Richard tient en joug les deux survivants impassibles tandis que son aîné gémit de douleur. Il donne l´ordre au jeune de tirer mais ce dernier hésite car les deux hommes semblent pétrifiés plutôt que dangeraux bien qu´en possession de leurs armes. Richard fait les sommation d´usage et les deux sbires ne smeblent pas vouloir obtempérer. Il réitère ses injonctions et comme l´un deux tente un mouvement indéfinis envers sa personne, il fait feu à deux reprises au niveau du bassin cmme on le lui a appris à l´école. Le deuxième, panique et prend la fuite. Richard, jugeant les blessures de son supérieurs superficielles poursuit son agresseur qui n´hésite pas à riposter dans son dos. Les balles fusent et Richard pense à Marie. Elle attend leur premier enfant et il désire pouvoir le tenir dans ses bras plutôt que de l´imaginer se faire raconter que son père est tombé sous le feu de l´ennemi pendant son service. Le dernier braqueur se retrouve soudain acculé dans une impasse et tente d´escalader la palissade qui le sépare de la rue parallèle à celle qu´il vient de parcourir. Richard lui intime de s´arrêter mais il refus et tire une drenière fois par dessus son épaule. Un élancement fulgurant à l´avant bras fait chanceler le jeune militaire qui ressent une haine sans précédent vis à vis de celui qui tente d´atteindre à sa vie. Richard riposte et son adversaire se retrouve à genoux, l´arme au poing. La balle l´a atteint dans le dos et il ne semble pas en mesure de poursuivre sa fuite éperdue. Son arme git deux mètres plus loin ce qui n´empêche le jeune de respecter la procédure malgré la douleur lancinante qui parcourt son bras gauche. Il contourne l´homme allongé tout en le tenant en respect quand soudain ce dernier se retourne et fait feu avec un arme de poche. Le projectile arrache le lobe droit de Richard qui titube et tire à deux reprises. L´homme à terre succombe tandis que des sirènes retentissent à l´horizon. Son walkie-talkie vibre et il le décroche d´une main tremblante. Le PSIG vient d´arriver sur les lieux et on lui apprend que Paul vient de succomber suite à une artère sectionnée. Un véhicule banalisé conduit le jeune en état de choc à l´hopital. Demain, à la première heure, il devra faire un rapport complet et se verra mettre en incapacité pendant dix jours avec suivis psychologique. Il se réveille le lendemain à seize heures dans une salle aux murs blancs, sa femme à son chevet, les yeux rougis de larmes et le visage marqué par l´angoisse. Elle l´étreint légerement et il sent ses larmes couler à travers l´habit de l´hopital. Elle le supplie de démisionner, de trouver une place tranquille mais il refuse et demande à réintégrer son unité le plus tôt possible. Elle le fusille d´un regard suppliant qui lui rappelle celui de son mentor et il se laisse aller contre son cou gracile la couvrant de baisers et lui assurant un avenir meilleur, tout en caresant sa brune chevelure.
Huit mois plus tard, il se retrouve en patrouille avec un jeune excité comme une puce par sa première sortie. Il a l´impression de scruter un pâle reflet de lui-même, éclate d´un rire tonitruant et son nouveau coéquipier se tasse sur son siège, pâle comme un linge.
La radio crachote et annonce un braquage. Le bleu sourit, révélant des dents blanches, puis s´étonne quand il remarque que des larmes coulent silencieusement sur les joues de son aîné.
Il fait mine de ne rien avoir vu et entendu puis change de canal.