Christophe est un étudiant d´une vingtaine d´années. Un grand malingre boutonneux que personne ne semble remarquer si ce n´est quelque regards tantôt fuyant ou moqueurs lorsqu´il pénètre dans les bâtiments de l´université. Les filles ; il n´y pense plus. Sa seule et unique aventure remonte à sa première année où en tant que bizut il a du faire des choses innavouables avec une fille repoussante, également de premier cycle, devant une assemblée rigolarde et défoncée.
Ses parents habitent à l´autre bout de la ville et son père exerce la profession de policier tandis que sa mère est institutrice. Un milieu a priori sain, si ce n´est que ces parents semblent également le sous-estimer, voyant en lui un perdant dont la société se passerait bien.
Ce matin, à 8H20, il s´apprète à pénétrer dans un l´amphithéâtre principal lorsque soudain, le Trio Infernal le hèle. Il s´agit d´étudiant populaires de seconde année qui l´ont pris en grippe. José, le portoricain balafré d´un mètre quatre-vingt quinze pour 130 kilos de muscles ; Greg, le comique de service, de taille moyenne mais accoc aux amphétamines et Matt le beau gosse blondinet, leader de la petite troupe.
Il l´empèchent de passer et le transpercent du regard. Chris baisse les yeux et descend du trottoir. José le bouscule et les quelque cahiers remplis de notes soigneusement retranscrites s´imprègnent du limon urbain, réduisant à néant des heures de studieux recopiage. Chris se penche pour ramasser ses feuillets boueux tandis Greg lui assène un coup de pied aux fesses, le faisant s´étaler de tout son long dans la fange. Des passants s´écartent, médusés et effrayés, tandis que des rires sous cape retentissent. Le coeur de Chris bat la chamade tandis qu´il cherche ses lunettes, égarée pendant sa chute. Il rechausse ses montures et remarque qu´un verre est fissuré.
Cela n´est pas si important. Greg lance une plaisanterie pleine de sous-entendus tandis que Matt écrase son mégot de cigarette sur le chandaille élimé de la victime qui étouffe un cri lorsque la tige incandescante traverse l´étoffe et le marque à vif au niveau de l´épaule. Chris s´assit passivement sur le rebord du trottoir et lève un visage fou vers ses agresseurs. Ces derniers échangent des regards stupéfaits par une telle confiance et arrogance de la part du bizut. Ce dernier se met sur son séant et avance d´un pas tandis que José, obéissant à un signe de tête discret de Matt, empoigne Chris et le plaque contre un lampadaire. Il ne tente pas de se dégager et fait durer le suspense lié à son assurance ; au contraire il éclate d´un rire tonitruant. Le balaise et le dandis échangent un regard impuissant et étonné. Chris saisit sa chance, glisse subtilement sa main dans sa poche arrière et frappe José entre les jambes. Ce dernier s´effondre et porte les mains à ses parties génitales ensanglantées. Le poinçon tenu par le boutonneux est rougis, tout comme le blanc de ses yeux injectés. José pleure tandis que Greg et Matt reculent abasourdis par la scène. L´arme blanche à la main, il brandit un pistolet, retenu par un holster sous son blazer. Il s´agit de l´arme de service de son père, un Beretta 9mm. Il crache au visage de Matt. Le glaviot vert coule jusqu´à son menton, tandis qu´il mouille son pantalon. Le jeune vengeur tire dans les deux genoux de Greg qui plie sous son poids et ce dernier se retrouve allongé, hurlant comme un porc qu´on égorge. Le fils de flic a appris à tirer dans son adolescence et ses réflexes sont toujours à l´affut. Matt prend la poudre d´escampette avant qu´une balle ne le fauche dans sa course. Cette dernière sectionne sa colonne vertébrale en son centre et l´ancien playboy est alors allongé face contre terre paralysé de la tête aux pieds. Une sirène retentie au loin tandis que la foule est réduite à quelque visages pétrifiés. José se tortille et lance des insultes en espagnol. Chris tire deux fois dans l´entre-jambe du balaise pour achever son travail, sectionnant quelque phalanges au passage. Il se tait. Il saisit le poinçon dans sa main gauche et s´approche de Greg. Il relève son T-shirt et l´ouvre du plexus jusqu´au pubis, répendant des intestin grisâtres sur la chaussée. Des hommes en uniformes se dirigent vers lui, l´arme au point, et Chris reconnait son père. Il lui fait signe de jeter son arme alors que quatre autres hommes tentent de l´encercler. Il fixe son père droit dans les yeux, et entre deux sanglots lui dit qu´il l´aime. Il met le pistolet dans sa bouche, goûtant au métal et à la poudre, tandis que son père bondit vers lui les yeux exhorbités. La détonation résonne et le projectile ressort à l´arrière de son crâne bientôt suivis par un geyser de sang. Il s´affaisse lourdement sur le sol détrempé tandis que les flics échangent des regards durs et étonnés.