merçi pour vos réponses, c´est juste un texte que j´ai écrit comme ça quand je m´ennuyais, mais y´en a d´autres un peu pareils
tenez, en voiçi un autre
Je me demande encore pourquoi est-ce que je ne suis pas allé faire un tour en ville ce jour-là. J´attendais chez moi ma petite amie. Il était six heures du soir. Elle m´avait dit qu´elle viendrait vers six heures trente ; nous dinerions ensemble, et ensuite elle devait me donner ce que seule une fille peut donner à un homme, ce sur quoi nous étions convenus après cinq mois d´amour parfait. Donc, j´avais rangé la maison du mieux que j´avais pu, essuyé les couverts qui serviraient au repas, enlevé la poussière des meubles du salon, aéré les pièces, passé le balai et la serpillière. Tout était impeccable. Mes parents étaient partis pour un court séjour à la mer, près de Toulon, pour visiter la région ; j´étais donc seul à la maison pour trois jours et je comptais bien en profiter.
Du haut de toute cette adolescence errante, mes dix-sept ans et demi, j´avais trouvé la petite amie de rêve. Claire -c´était son nom - avait les cheveux noirs courts jusqu´à la nuque et des yeux tout aussi sombres de mystère. Elle était un peu plus âgée que moi et habitait à deux kilomètres de chez moi. Elle viendrait à pied ce soir. Elle avait un esprit très ouvert et un charme certain qui envoutait peu à peu quiconque discutait avec elle. Elle m´avait eu ainsi. C´est elle qui m´avait choisi, elle avait discuté, et le soir, inexplicablement, je ne pouvais pas arrêter de retracer dans ma tête la moindre petite ligne de son visage, sa voix calme et sérieuse, ses vêtements, sa démarche. On s´était revus, probablement parce qu´elle en avait décidé ainsi, et le reste avait été tout simple. Ce soir serait un grand moment pour nous deux, et il me tardait réellement d´y être.
Mais j´ai entendu une forte détonation suivie d´un bruit long et sourd, grondant, un son que l´on n´oublie jamais tant il est inquiétant. Ce qui s´est passé ensuite, ça a été comme un film que l´on aurait passé en noir et blanc au ralenti, d´une lenteur infinie. Je m´étais assis sur le sofa pour me reposer un peu, au moment où j´ai entendu le bruit. Il a fait trembler toutes les vitres du salon et les couverts dans les armoires. Noir et blanc : un craquement gigantesque qui fait fissurer les murs de la maison et balancer le lustre en bois ; un courant d´air violent et le sol tremble comme lors d´un séisme important, et pourtant j´habite dans une zone éloignée de toute faille. Quelque chose derrière moi - toujours noir et blanc - je me retourne et regarde. Un objet de dimension démesurée, long, cabossé, le mur au fond du couloir volant en morceaux le laisse entrer chez moi. Le craquement continue, mes yeux sont ahuris, le plafond tombe sur moi, l´objet est cabossé et continue a faire exploser les murs en passant au travers. Le tableau sur le mur de gauche tombe en se fracassant. Tout tremble, tout s´écroule, tout tombe, tout voltige dans tous les sens et l´objet en métal peint en blanc se rapproche encore rapidement, et pourtant tout semble si lent et gris... Deux pneus côte à côte comme ceux d´un train d´atterrissage. Tout se brouille et m´anéhantit.
Il fait chaud. Je ne vois plus rien. Juste la sensation de dormir. Je suis mort et tout est calme. Mais... Le Paradis n´est pas blanc ? Un Airbus vient de s´écraser sur ma pauvre maison. Il a perdu de l´altitude et est tombé sur moi, a rebondit en démolissant toute l´habitation, et a finalement terminé sa course dans la maison d´en face. Douze blessés, et on recherche toujours des gens qui se seraient trouvés dans les maisons sous les décombres. On n´a pas encore découvert mon corps. L´avion assurait la ligne Paris - Madrid et comportait cent-vingt trois passagers. Il a eu une avarie dans le réacteur droit et a tenté de se " poser". Mais impossible de trouver un emplacement libre. Il s´est posé chez moi et sans exploser. On se réjouit du miracle, mais les gens savent-ils ce qu´il m´en a coûté ? Je dors.
Un pompier soulève un sofa calciné retourné à l´envers et découvre un jeune homme blessé qui n´a été épargné de la mort que par miracle ; il y a des gens dehors, des véhicules de tout genre, des flashes, on me met sur un brancard, et, malgré le masque respiratoire en plastique transparent sur mon visage noirci, avant que l´on me mette dans une belle ambulance, Claire, qui a l´air d´avoir beaucoup pleuré, me regarde, m´aime, explose de soulagement, crie mon nom, m´enlève le masque et m´embrasse comme pour me dire que l´accident n´a fait que remettre a un peu plus tard ce qu´elle me donnerait d´elle dès que je serais sorti de l´hôpital...