Le style? il est vraiment génial, sans rire.
Très, très riche, sans être pédant. D´une absolue légèreté, presque éthéré. Non sérieux un style superbe.
Mais c´est aussi de ça que vient une partie de la gêne procurée par ce bouquin. La langue de nabokov est tellement fluide que grand est le risque de se laisser glisser dessus....bref, on s´identifie naturellement au personnage, à ses fantasmes...jusqu´au moment ou on réalise ( quand le charme du langage se rompt, comme cela arrive inévitablement) ce à quoi l´on pense.
Et ce moment là est franchement malsain...enfin ce n´est que mon impression personnelle.
Le style en définitive est vraiment exceptionnel,je trouve.
Allez, à l´intention de ceux qui ne connaissent pas ( sûrement peu nombreux) , je résiste pas, je vous mets le tout début du livre:
Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta: le bout de la langue fait trois petits bonds le long du palais pour venir, à trois, cogner contre les dents. Lo. Li. Ta.
Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l´école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Mais dans mes bras, c´était toujours Lolita.