zobi le relou
Juste un regard
Et l´oeil, clos en son antre obscurci,
Souleva lentement son long suaire,
Tandis que sa bouche, tel un sombre puits,
S´ouvrait pour boire en elle la lumière.
Ce fut alors un étrange mirage
Qui d´une main bénine la saisit,
Soufflant près d´elle la voile volage
Que l´espoir en ses reves avaient flétrie.
Des aubes bleues aux grands couchers vermeils,
Dans l´ombre apaisante des monts dormants,
Les frissons que lui offrait le soleil
Filèrent ensemble, rouges auprès des chalands.
Dans le fleuve, ou ses main blanches dans l´eau
Dansaient comme des robes dans les frissons,
Une vague verte souleva les flots
Dans une folle nuée de frondaisons.
Ce fut alors une triste farandole
De feuilles et de branchages racornis,
Qui s´emmélaient sans meme une parole,
Dans des tourments tournant vers l´infini.
L´oeil, qui maintenant se trouvait béant
Compulsait la nature dans sa transe,
Blafarde dans son souffle et dans ses vents,
Que la camarde percait de sa lance.
Ouvert sur ce funèbre paysage
Qui dans un rale creusait ses montagnes,
L´oeil voulut se révulser et , de rage
Se trouva seul, confiné dans son bagne.
Et de sa bouche, un terrible murmure
Apparut, qui me dit avec horreur
" Achèves moi que je vois la verdure,
L´ame qui sans moi retrouve ses couleurs."