Pendant que nous étions à table, ma femme et moi, j´ai amené la discussion sur le sujet qui nous occupe. Il faut te dire qu´elle était à la Sorbonne le jour de mai 68 où les CRS ont pénétré dans l´enceinte de la fac et qu´ils ont commencé à cogner... Alors elle est assez passionnée sur le sujet et peut même être parfois entière dans son discours.
Selon elle, et son point de vue m´a ouvert les yeux, Sartre et de Beauvoir ont exprimé des idées qu´ils n´ont pas forcément suivies... Gênant parfois!
"L´homme se construit en fonction de ses circonstances" dit Sartre. J´insiste sur le "ses".
Sache que Hippolyte Taine avait déjà-et beaucoup mieux-exprimé cette idée dés le 19e siècle.
Catherine pense, avec raison selon moi, que le couple qui nous occupe pratiquait l´hypocrisie avec un art consommé: très unis et ne parlant que d´une seule voix devant les médias et vivant séparés, avec le cortèges de petits faits plus ou moins douteux à la ville et en privé. Vie privée! Pas touche va-t-on me rétorquer. Oui mais alors, pas de vie publique mensongère.
Positions politiques souvent stupides et même pitoyables, en se faisant piéger par le stalinisme, entre autres. Cela l´a amené à montrer une animosité malveillante à l´égard de Camus qui, visionnaire s´il en est, avait dés le début entrevu, puis compris la vanité de cette doctrine.
Sartre en Allemagne pour aller soutenir l´avocat de la bande à Bader... Avoue, ça fait désordre.
Beauvoir, elle, est féministe avant tout.
"On ne naît pas femme, on le devient" est une phrase lourde de sens en ce qu´elle dévoile à la femme une ouverture de viedifférente de celle séculairement établie. Et là j´approuve Beauvoir, mais je ne rretire rien à ce que j´avais écrit tout à l´heure, je peine à les lire... Peut-être des restes de ma période "cancre" pré-pubère...